Comment garantir le respect des droits des villageois

Une mission de suivi conduite par la Direction des Droits humains du ministère de la Justice s’est rendue dans les villages de Ndary et de Thissé 1, récemment affectés par les opérations de délocalisation menées par les Industries Chimiques du Sénégal (ICS).
En collaboration avec le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH), le Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) et la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), une délégation de la Direction des Droits humains du ministère de la Justice s’est rendue dans la commune de Méouane (département de Tivaouane), pour évaluer les conditions de réinstallation des populations affectées par les opérations de délocalisation menées par les Industries Chimiques du Sénégal (ICS) et à identifier les bonnes pratiques en matière de délocalisation, dans le respect des normes relatives aux droits humains.
Fatima Amar, représentante de la Direction des Droits humains, a souligné qu’il est essentiel « d’aller à la rencontre des populations afin de vérifier que le processus de délocalisation s’est déroulé dans le strict respect de leurs droits fondamentaux, notamment le droit à la santé, à l’éducation et à des conditions de vie dignes ». Dans la foulée, elle a insisté sur la nécessité de prendre en compte les dimensions socioculturelles et anthropologiques dans ce type d’opération, souvent sensibles pour les communautés locales.
Au-delà de l’évaluation, cette mission s’inscrit dans une perspective plus large : capitaliser les bonnes pratiques issues de cette expérience. Selon Mme Amar, si les résultats s’avèrent conformes aux standards attendus, ce processus pourrait être intégré comme référence dans le Plan d’Action National (PAN) sur les entreprises et les droits de l’homme. « L’ambition est d’en faire un modèle, non seulement au niveau national, mais aussi pour les pays de la sous-région », indique-t-elle.
Aziz Diop, représentant de la société civile et membre du comité technique restreint ayant contribué à l’élaboration du PAN, a lui salué les avancées enregistrées. « Cette visite vient renforcer le travail entamé il y a un an, lorsque nous avions consulté les communautés sur le terrain. Aujourd’hui, il s’agit d’une étape de restitution, le document ayant déjà franchi la validation technique », a-t-il indiqué.
Toutefois, le processus reste inachevé. Le PAN est actuellement en attente de validation politique. Un point sur lequel la société civile appelle à une accélération. « Nous invitons les autorités à faire preuve de célérité afin que le Sénégal devienne le premier pays francophone à valider officiellement son plan d’action national », a plaidé M. Diop.
Dans un contexte marqué par l’intensification des activités extractives, la question de la gestion des impacts sociaux et humains demeure centrale. L’expérience de Ndary et Thissé 1 pourrait ainsi constituer un cas d’école, à condition que les engagements pris se traduisent durablement en résultats concrets pour les populations concernées.
NDEYE DIALLO (THIES)






