Le gouvernement durcit le contrôle et impose de nouvelles règles de gestion

L’Etat du Sénégal engage un tournant dans la gestion du secteur parapublic, avec une série de mesures destinées à renforcer le contrôle, rationaliser les dépenses et améliorer la performance des entités publiques. À travers une nouvelle circulaire, l’exécutif affiche sa volonté d’imposer plus de rigueur et de transparence dans un domaine jugé stratégique pour l’économie nationale.
Le Premier ministre Ousmane Sonko a engagé un renforcement du dispositif de gouvernance du secteur parapublic, considéré comme un levier majeur de développement économique. À travers une lettre circulaire adressée aux ministres et secrétaires d’État, il fixe de nouvelles orientations visant à améliorer la gestion, la transparence et la performance des entités publiques.
Cette démarche s’inscrit dans le cadre de la loi d’orientation n°2022-08 du 19 avril 2022 relative au secteur parapublic. Elle met l’accent sur le suivi rigoureux du portefeuille de l’État, le contrôle des structures bénéficiant de financements publics et l’amélioration des performances des organes de gouvernance.
Le texte insiste sur plusieurs priorités : le renforcement de la supervision des entités, la maîtrise des effectifs, des recrutements et des rémunérations, ainsi que la prévention des risques stratégiques. Il introduit également des innovations telles que l’implication accrue d’administrateurs indépendants, la généralisation des comités d’audit et de rémunération, et une clarification des responsabilités des dirigeants, assortie de sanctions en cas de manquement.
Parmi les mesures opérationnelles, les autorités exigent la réalisation systématique d’études d’opportunité avant toute création de structure ; la mise en conformité des statuts et règles de fonctionnement avec la législation en vigueur ; la généralisation des plans stratégiques, contrats de performance et manuels de procédures ; l’instauration de dispositifs de contrôle interne et de politiques d’audit dans chaque entité et la mise en place de systèmes efficaces de gestion des archives.
Une attention particulière est portée à la rationalisation des ressources humaines. Le gouvernement prévoit des audits d’effectifs pour supprimer les postes jugés superflus, une harmonisation des grilles salariales et une révision des mécanismes de primes, désormais conditionnées à la performance. Les plans de recrutement devront être validés par les organes délibérants.
La circulaire encadre également les dépenses sociales des structures publiques afin d’en limiter l’impact budgétaire et impose l’adaptation des plans de formation aux besoins réels des missions. Elle acte enfin la suspension des dispositifs de type « Car Plan » pour l’acquisition de véhicules.
En parallèle, une réflexion est engagée, sous l’égide du ministère des Finances et du Budget et du Secrétariat général du gouvernement, sur les modèles d’organisation des entités parapubliques, à travers la Commission d’évaluation des agences d’exécution et le Comité de suivi du secteur.
À travers ce dispositif, l’exécutif entend renforcer la discipline budgétaire, améliorer la gouvernance publique et prévenir les dysfonctionnements dans un secteur clé pour la stabilité économique et sociale du pays.
MAMADOU DIOP







