Publié le 9 Oct 2013 - 12:57
ITINERAIRE, TIMING…

Les manœuvres qui ont cassé la marche

 

 

L'Etat et l'Alliance pour la République (APR) surveillent depuis quelque temps le front, sûrement à cause de la situation économique et sociale, qui manifeste des signes de crispation. Une stratégie a ainsi été mise en scène pour étouffer le poussin dans l’œuf hier.

 

Le contexte semblait bien favorable, tant les Sénégalais semblent mécontents des pénuries d'eau, des délestages qui ont repris, de la situation économique jugée difficile, etc. Mais  au finish, cela n'a pas donné grand-chose.

Pour les tenants du pouvoir, la première bataille qu'il fallait mener, c'était la gestion du temps de la marche et de l'itinéraire. Ceux qui sont habitués à organiser des manifestations savent parfaitement prendre deux éléments en compte : le parcours retenu (ou imposé) et l'horaire fixé. Le pouvoir a ainsi réussi à imposer 17 heures comme heure à laquelle prend fin la manifestation, alors que c'est à ce moment-là que les foules viennent enfler les rangs, à la faveur d'une température qui devient plus clémente. La Coalition qui a marché hier, a dû renoncer à l'horaire 14 h – 19 h, plus souple. Mais ce n'est pas la seule astuce utilisée.

Il est vrai que le fait que Karim Wade fasse partie des motifs de la manifestation a donné une coloration plus politicienne que citoyenne à la manifestation, mais il s'y ajoute bien que les manœuvres sur les flancs ont dissuadé certaines forces de la société civile et des partis politiques comme Rewmi à grossir les rangs des manifestants. Ainsi, si le parti d'Idrissa Seck a multiplié les clins d’œil en direction du Pds, envoyant Thierno Bocoum à la prison de Cap Manuel rendre visite à Bara Gaye, proche de  Karim Wade, Rewmi n'a pas franchi le Rubicon et n'est pas venue porter main forte à Taxawu Askan Wi. D'autres forces politiques ont dû renoncer à toute participation pour ne pas donner l'impression qu'elles se rangeaient derrière Karim Wade. Et même à l'intérieur du Parti démocratique sénégalais (Pds), les batailles de positionnement ont déjà démarré et qu'une réussite d'Omar Sarr, orfèvre de la marche, n'est pas souhaitée par le conglomérat aujourd'hui très complexe des camps qui se battent discrètement au sein du parti. Il ne faudrait pas non plus négliger le fait que plusieurs responsables politiques négocient discrètement avec le pouvoir. Ceci explique-t-il l'absence de gros calibres comme Me Ousmane Ngom, absent depuis quelque temps de plusieurs manifestations ? 

Il s'y ajoute aussi, d'après en tout cas des sources bien informées, que les moyens financiers et logistiques n'ont pas été mobilisés à la hauteur des défis du moment. Et sans doute, comme du temps des manifestations clairsemées de Benno Siggil Senegaal, cette marche mi-figue, mi-raisin ne traduit pas forcément l'état d'esprit des citoyens, surtout de Dakar.

 

 

 

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