Publié le 14 Sep 2018 - 02:23
JEUX OLYMPIQUES DE LA JEUNESSE

Vincent vingt-deux ?

 

« Sacrebleu ! » Voilà un juron, mais, très vieux, si vieux qu’on ne l’entend plus guère quoique, comme je le fais là, on l’écrive parfois. Vincent vingt-deux pourtant, qu’est-ce ? ou que serait-ce selon vous ? Sûrement pas l’ordinal d’un quelconque cardinal qui, étant élu pape, aurait choisi ce prénom de « Vincent » pour en faire son patronyme et régner sous celui-ci.

Non, « Vincent vingt-deux » ce n’est qu’une date, à retenir cependant, un millésime en quelque sorte que je me suis permis de « solliciter » afin d’exprimer, quelque part, une joie bien sénégalaise et légitime comme un rugissement de lion-heureux, en fait ! C’est que cela, très franchement, en valait la peine ! Les premiers, les tout-premiers Jeux Olympiques à devoir se tenir en terre africaine se dérouleront ici, chez nous, au Sénégal !

Si habitués que nous soyions à décliner, tout au long de notre histoire, des « premières » sur ce continent nôtre, cette dernière-ci est si énorme qu’elle en paraîtrait irréelle et comme de l’ordre du canular. C’est bien vrai pourtant : les Jeux Olympiques de la Jeunesse (J.O.J) se tiendront bien durant l’été en 2022 au Sénégal ! Et ce sont les mânes de Senghor, celles du poète veux-je dire, de l’helléniste distingué, qui ont dû se réjouir, se rengorger même sinon sauter de joie à l’annonce de cette nouvelle. Senghor qui rêvait de faire de son pays une sorte de Grêce noire. C’est-à-dire, un pays, petit par sa taille mais, à l’âme aussi vaste que haute et grande à remplir l’univers tout entier.

C’est donc arrivé ! Mais serait-ce en somme, par hasard ? Pour les croyants et les musulmans que nous sommes cette chose et cette notion n’existent pas : il n’arrive jamais rien qui n’ait, d’abord, été voulu par la divine providence. Pour les scientifiques il y a cette dernière décimale, ce dernier millième, million, billion, trillion etc ième de Pi que l’on n’arrivera jamais à « arrondir » et qui, pourtant, est l’explication de tout le reste !

Or, ce hasard, qui n’existe donc pas, a fait que ce succès que nous célébrons, cet accomplissement, cet « achievement » ainsi que disent les anglais soit arrivé durant le mandat d’un autre Sénégalais, Mamadou Diagna Ndiaye. Grand et petit tout comme la Grêce antique et Senghor le furent. La Grêce une poussière par rapport à l’immensité de l’empire perse et l’infinitude de l’Asie. Et pourtant après les Thermopyles, Marathon et Salamine et tant d’autres batailles gagnées sur son sol, elle a fini, la Grêce, sous la conduite d’Alexandre Legrand par dominer et vaincre et cette immensité et cette « infinitude » !    Ce que l’on peut dire de Léopold Senghor par rapport à ses contemporains ou de la Grêce antique par rapport à l’histoire du monde c’est-à-dire grands, par rapport à ce qu’ils firent et à l’époque où ils l’ont fait mais petits par leur aspect physique on peut le dire ici aussi et à juste raison de Diagna.

Le Nigeria est grand et vaste et riche et fourmillant aussi, si l’on regarde Lagos, cependant que la Tunisie pouvait exciper de sa plus grande proximité géographique comme culturelle avec l’Europe, terre-mère de l’Olympisme. Or ces deux pays, surtout, étaient en compétition avec nous et c’est nous qui l’avons emporté ! On a loué, jusqu’à l’hyperbole, la solidité de notre dossier, et c’était déjà une chose, mais, il y a aussi que nous avions un « plus », un atout et cet atout et ce plus c’était Diagna Ndiaye lui-même ! Sans ses nombreux talents, ses relations et son entregent rien n’aurait été possible et d’abord le dossier qu’il a eu à monter et d’un bout à l’autre. Son art de la diplomatie a fait le reste : finir le travail. Il aura été dans cette affaire, l’Alpha et l’Oméga ainsi que les Grecs justement le disaient. Merci et chapeau l’artiste.

Par Abdou Salam Kane

(ASAK)

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