Publié le 28 Apr 2014 - 10:21
L’ANCIEN MINISTRE El HADJ IBRAHIMA SALL SUR LE PSE

''Le PSE n'est pas un plan, mais une stratégie de croissance accélérée''

 

C’est le ministère du Plan qui doit assurer le suivi-évaluation du plan Sénégal Émergent. Ainsi tranche l’ancien ministre du Plan, El Hadj Ibrahima Sall, qui déclare par la même occasion que le PSE n’est pas un Plan, mais plutôt une stratégie de croissance accélérée (SCA). 

 

Quelle est la nature du  Plan Sénégal Émergent (PSE) ? El Hadj Ibrahima Sall, ancien ministre du plan et modérateur du séminaire de deux jours organisé par le ministère du Plan à Saly, a répondu à la question, en étant très critique avec les autorités politiques. Il affirme que le PSE est loin d’être un plan, mais il s’agit plutôt d’un document de croissance accélérée. D’après l’ancien ministre socialiste, il ne suffit pas qu’une chose soit appelée plan pour qu’elle le soit.

‘’Ce qu'il est question dans le PSE, c’est une stratégie de croissance, c'est-à-dire, une stratégie pour renforcer la croissance du Sénégal''. D'après son expertise, ''un plan se prononce sur des questions plus larges, sur les ressources humaines, sur la démographie, sur les valeurs, sur les institutions. C’est différent de dire que 28 projets vont changer la face du Sénégal’’, rectifie-t-il. El Hadj Ibrahima Sall ne s’en limite pas là et juge qu'au Sénégal, on fait toujours semblant de faire de la planification. 

''Le suivi-évaluation du PSE revient au ministère du Plan''

Autre interrogation : qui doit assurer le suivi-évaluation du Plan Sénégal Emergent ? Cette question a failli créer une dualité entre le ministère de l’Économie et des Finances, dirigé par Amadou Ba et celui du Plan piloté par Abdoulaye Baldé. La gestion du PSE a fait aussi saliver beaucoup d’autres structures étatiques. Finalement, le chef de l’État Macky Sall a tranché, en confiant le suivi-évaluation au Bureau opérationnel de suivi du Plan Sénégal Émergent (BOSSE) dont le coordonnateur est le ministre conseiller Mahammed Boun Abdallan Dionne.

Ce choix n'agrée guère l’ancien ministre El Hadj Ibrahima Sall qui indique que le suivi-évaluation du PSE appartient au ministère du Plan, ainsi que l’évaluation de toutes les politiques publiques. ‘’Je trouve, dit-il, que le suivi-évaluation du PSE appartient et revient au Plan, d’autant que la Constitution le dit clairement : le président de la République décline la politique économique et le gouvernement la met en œuvre. Donc, les évaluations relèvent du Plan et ça me paraît naturel pour corriger la trajectoire.’’

‘’Une nation ne s’engage pas sur 5 ans’’

Par ailleurs, M. Sall n’a pas manqué d’attirer l’attention des fonctionnaires du ministère du Plan sur la multiplicité des documents : PODES (Plan d’orientation pour le développement économique et social), le DSRP (document stratégique de réduction de la pauvreté), SNDES (stratégie nationale de développement économique et social), et puis PSE (plan Sénégal Émergent).

''Il est temps de stabiliser tout cela, de stabiliser nos politiques publiques, de stabiliser les plans'', appelle-t-il de ses vœux. ‘’Il faut savoir qu’une nation ne s’engage pas sur 5 ans ou sur le sort d’un président de la République et d’un gouvernement. Une nation, c’est un horizon. Il faut une administration publique indépendante. Il faut un État respectable’’, souligne-t-il. 

Plus de 2 points de croissance en deux ans, c’est impossible

En outre, El Hadj Ibrahima Sall affirme que le Sénégal ne peut pas gagner, en deux ans, plus que 2 points de croissance. Car, dit-il, deux ans, c’est le court terme, alors que les chocs de production s’organise sur 5 ans. Là, il s'attaque aux techniciens du ministère : ‘’Les experts n’ont pas à se substituer aux hommes politiques. Si notre pays peut, en 2 ans voire 3 ans, faire un taux de croissance de 7%, on doit le savoir.

J’ai toujours dit que vous ne pouvez pas le faire. Il faut être sérieux. Sinon, vous dites n’importe quoi aux hommes politiques, ils le déclarent et après, ils sont décrédibilisés. Ce n’est pas votre rôle et ce n’est pas votre fonction’’, conscientise-t-il.

ALIOU NGAMBY NDIAYE

 

 

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