Publié le 30 Apr 2013 - 14:42
LIBYE

Des Hommes armés assiègent deux ministères à Tripoli

Le Premier ministre libyien Ali Zeidan au sommet de la Ligue arabe à Doha, le 26 mars 2013.

 

Des hommes armés cernent le ministère des Affaires étrangères et celui la Justice à Tripoli, réclamant l'exclusion politique des collaborateurs de l'ancien régime. Ces sièges de bâtiments officiels illustrent une nouvelle fois l'incapacité de l'État libyen à rétablir l'ordre dans le pays, plus de 18 mois après la chute de Mouammar Kaddafi.

 

Le climat sécuritaire est toujours très tendu en Libye. Mardi matin, une partie des miliciens armés qui assiègent depuis dimanche le siège du ministère des Affaires étrangères, près du centre-ville de Tripoli, ont étendu leur action en encerclant également le ministère de la Justice.

 

« Plusieurs hommes armés à bord de véhicules équipés de canons anti-aériens ont cerné ce matin le siège du ministère de la Justice », a affirmé Walid Ben Rabha, chef du bureau de l'information au ministère. « Ils ont demandé au ministre et au personnel présent de quitter leurs bureaux et ont fermé le ministère » a-t-il précisé. Les assaillants réclament l'exclusion de la vie politique des collaborateurs de l'ancien régime de Mouammar Kaddafi.

 

Par ailleurs, une trentaine de pick-up et des dizaines d'hommes armés cernaient toujours le siège du ministère des Affaires étrangères mardi matin. Des pancartes portant des inscriptions exigeant l'adoption de la loi prévoyant l'exclusion des collaborateurs de l'ex-régime étaient accrochées au portail de l'édifice.

 

Ce ministère « est toujours cerné et fermé », a indiqué Aymen Mohamed Aboudeina, membre du collectif des protestataires, ajoutant que « des pourparlers vont être engagés dans les heures à venir avec des responsables du ministère ». Selon lui, « le siège ne sera levé que lorsque les revendications des protestataires seront satisfaites avec notamment le vote par le Congrès général national (CGN) du projet de loi sur l'exclusion politique des anciens collaborateurs de Mouammar Kaddafi ».

 

Actuellement examiné par le CGN, la plus haute autorité politique de Libye, ce projet de loi provoque des remous au sein de la classe politique car elle risque de mettre sur la touche plusieurs hauts responsables du pays.

 

"Actes de sabotage"

 

Dimanche, le Premier ministre Ali Zeidan avait déploré devant la presse ce siège du ministère et également dénoncé des « actes de sabotage » ayant visé le ministère de l'Intérieur et la télévision nationale à Tripoli. Un peu plus tôt dans la journée, des officiers de police en colère avaient envahi le siège du ministère pour réclamer des augmentations salariales et des promotions. Lundi, quelques dizaines d'officiers ont à nouveau pénétré dans l'édifice situé sur la route de l'aéroport, à une dizaine de kilomètres du centre de Tripoli, en tirant en l'air.

 

Le même jour, des affrontements ont éclaté dans l'ouest du pays entre deux tribus rivales, après une dispute entre deux hommes. « Les combats à l'arme lourde ont lieu entre les villes de Tiji et Nalout, à 200 km au sud-ouest de Tripoli », selon un témoin, Ali Bédoui. « Il y a eu au moins trois blessés. Des roquettes sont tombées sur des maisons », a-t-il ajouté.

 

Ces incidents illustrent une escalade de la violence depuis quelques jours à Tripoli. Le 23 avril, un attentat à la voiture piégée a visé l'ambassade de France à Tripoli, faisant deux blessés parmi les gendarmes français et d'importants dégâts matériels. Des attaques contre les services de sécurité ont par ailleurs repris dans l'est du pays, où un commissariat de police a été la cible d'un attentat samedi.

 

Islamistes radicaux ou partisans de l'ancien régime ?

 

En 2012, la ville de Benghazi a vécu au rythme d'assassinats contre des officiers de police ou de l'armée et d'attaques contre les intérêts occidentaux. Le consulat américain avait notamment été pris d'assaut en septembre, ce qui avait provoqué la mort de l'ambassadeur Chris Stevens et trois autres Américains.

 

Ces attaques sont souvent attribuées à des islamistes extrémistes bien implantés en Cyrénaïque, dans l'est du pays. Les autorités libyennes n'écartent toutefois pas que des partisans de l'ancien régime soient derrière ces attentats. Ces évènements meurtriers traduisent l'incapacité des autorités à rétablir l'ordre dans le pays, où sévissent des milices lourdement armées aux motivations et idéologies diverses.

 

Dimanche, le Premier ministre libyen a appelé la population à appuyer le gouvernement face aux groupes armés « qui veulent déstabiliser le pays ». Certains observateurs libyens estiment que l'escalade de la violence coïncide avec une campagne lancée par le gouvernement pour combattre des « milices hors la loi », qui voient leurs influence et intérêts menacés par le nouveau gouvernement d'Ali Zeidan en fonction depuis novembre 2012.

 

 

 

 

J.A

 

Section: 
AFRICA FORWARD : L’Afrique se rassemble au Kenya pour partager avec la France
CRISE AU MALI : On a retrouvé Goïta, mais le régime vacille toujours
ESCALADE TERRORISTE AU MALI Dakar fait Bloc derrière Bamako
SECRETARIAT GENERAL DES NATIONS UNIES : Macky Sall décline sa vision
MACKY SALL EN ROUTE POUR L’ONU : Après le grand oral, les choses sérieuses
SEMAINE DE L’AMICALE MAURITANIE-SÉNÉGAL : L’intégration par les peuples
MASSE COMMUNE UEMOA 23e EDITION COTONOU (Bénin)
DIASPORA SÉNÉGALAISE AU CANADA EN ALERTE Des retards de passeports qui inquiètent fortement la communauté
GUERRES ET DÉSTABILISATION DU MONDE Sonko accuse Donald Trump
COMPÉTITION SPATIALE INTERNATIONALE DAUST offre la victoire au Sénégal
CANDIDATURE POUR LE SECRETARIAT GENERAL DE L’ONU : Macky Sall avance ses pions
SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DES NATIONS UNIES : L'Union africaine met Dakar dos au mur
LOI DE DURCISSEMENT CONTRE L'HOMOSEXUALITE : Le Sénégal au cœur d’un bras de fer diplomatique sans précédent
FRANCE / MUNICIPALES 2026 Ce que le vote français dit à l’Afrique
UTILISATION RÉSEAUX CLANIQUES AU SEIN DE LA DIASPORA PAR LE HEZBOLLAH : Les révélations sur le clan Fawaz et ses ramifications au Sénégal
CANDIDATURE DE MACKY SALL À L’ONU : Plusieurs formations politiques sénégalaises affichent leur soutien
SUCCESSION D’ANTÓNIO GUTERRES À L’ONU : Macky Sall en pré campagne diplomatique à Paris
SUCCESSION SG ONU : Macky Sall, entre rancœur et espoir
SUCCESSION DE GUTERRES AU POSTE DE SECRÉTARIAT GÉNÉRAL DE L’ONU : Macky Sall officiellement dans la course
CANDIDATURE DE MACKY AU POSTE DE SG DE L’ONU : Ce n’est pas gagné !