Abdourahmane Diouf dénonce le double discours de Sonko

Ass Abdourahmane Diouf, Superviseur Général Adjoint de KIIRAAY les Patriotes Républicains, a violemment critiqué le président de l'Assemblée nationale, Ousmane Sonko, pour son approche de la réforme des fonds politiques. Le responsable politique dénonce un double discours manifeste : d'un côté, un discours rassurant auprès des guides religieux, de l'autre, une proposition de loi restrictive et anti-sociale. Il accuse également l'ancien Premier ministre d'hypocrisie, rappelant comment il a lui-même utilisé sans restriction ses crédits spéciaux pendant deux ans.
Le président de l'Assemblée nationale s'est rendu dans différents foyers religieux pour justifier sa réforme des crédits spéciaux (fonds politiques). Cependant, selon Abdourahmane Diouf, ce qu'il propose à l'Assemblée nationale n'a rien à voir avec son discours auprès des guides religieux, et encore moins avec sa propre gestion des fonds politiques lorsqu'il était Premier ministre. « C'est un mélange manifeste de double discours et de double standard qui ne l'honore pas », affirme le Superviseur Général Adjoint de KIIRAAY.
Diouf souligne que le président de l'Assemblée a essayé de faire croire aux vénérés guides religieux que la réforme des crédits spéciaux ne les impacterait pas négativement. Or, une lecture attentive de la proposition de loi et des amendements de l'Exécutif, à ses yeux, révèle le contraire. Selon son analyse, l'Assemblée énumère trois destinations exclusives pour les crédits : la défense nationale, la sécurité intérieure et extérieure, et les activités de renseignement. Pour lui, cette approche est technique, restreinte et fermée, sans aucune ouverture aux considérations sociales, religieuses, humanitaires ou de solidarité.
« Le terme EXCLUSIVEMENT est utilisé à dessein dans l'article. Aucune mention d'aucune forme de détresse sociale », relève Diouf. L'Exécutif, en revanche, rectifie cette approche en introduisant de nouvelles destinations liées à la préservation de l'ordre social, aux valeurs africaines de solidarité, d'entraide et de cohésion sociale. « Tout est dans l'humain », souligne le responsable politique, mettant en avant la différence fondamentale entre les deux approches.
Une proposition anti-sociale et anti-religieuse
Abdourahmane Diouf approfondit son analyse en comparant les articles 4 des deux propositions. L'Assemblée confine le périmètre de la dérogation aux seules questions de défense et de sécurité, tandis que l'amendement de l'Exécutif, dit-il, élargit ce périmètre en introduisant explicitement la protection de l'ordre public, la préservation de l'ordre social, les intérêts fondamentaux de la Nation, et les valeurs humanitaires, d'entraide et de solidarité.
« Là où la proposition de l'Assemblée nationale réduit les crédits spéciaux à une pure opération technique et froide de gestion, les amendements de l'Exécutif humanisent et socialisent l'utilisation des fonds en parfaite conformité avec nos traditions culturelles, sociales et religieuses », affirme Diouf. Il dénonce une proposition de loi qui est « anti-sociale, anti-religieuse, anti-politique, anti-culturelle et totalement déconnectée de nos réalités sénégalaises ».
« Un instrument de règlement de comptes avec le président de la République »
Pour le Superviseur Général Adjoint de KIIRAAY, cette proposition ne vise qu'à neutraliser les capacités d'action du Président de la République. « Elle ne vise aucun intérêt général. Elle ne défend aucun principe. Elle est de pure subjectivité politique et reste un instrument de règlement de comptes avec le président de la République », dénonce-t-il.
Le ministre de l’Énergie rappelle également que l'ancien Premier ministre a utilisé à fond et sans réserve ses crédits spéciaux pendant deux ans, sans se fixer les limites qu'il veut désormais imposer au Président. « Il n'a pas jugé utile de se fixer les limites qu'il veut imposer à plus gradé que lui », relève-t-il, soulignant l'incohérence et l'hypocrisie de cette position.
Les fonds utilisés, dit-il, n'ont été soumis à aucune procédure connue et communément acceptée des finances publiques, et l'ancien Premier ministre s'arroge une immunité en programmant la mise en œuvre de ses propositions supposées pro-transparence au 1er janvier 2027, en s'extirpant de tout contrôle.
Abdourahmane Diouf conclut son réquisitoire en interpellant directement le président de l'Assemblée nationale : « Assumez votre discrimination de nos foyers religieux dans le fléchage des fonds politiques, pour votre gestion passée comme pour l'avenir ! Votre double discours est mis à nu dès lors que vous ne pouvez pas assumer le contenu de vos positions dans l'hémicycle sur la place publique. »






