Publié le 20 Aug 2025 - 16:37
LUTTE CONTRE LA TRAITE DES PERSONNES

Les acteurs de la justice renforcent leurs capacités 

 

Des fonctionnaires de la justice, de la police et de la gendarmerie des régions de Dakar et de Thiès (procureurs, juges d'instruction et fonctionnaires de la police et de la gendarmerie impliqués dans les unités d'enquête) se rencontrent pendant cinq jours à Saly, dans le cadre d'un atelier de renforcement des capacités des acteurs de la justice sur la traite des personnes. L'exercice vise à renforcer les capacités des praticiens à mener des enquêtes et des poursuites centrées sur la victime dans les affaires de traite des personnes.

 

Au Sénégal, la loi n°2005-06 a été votée le 10 mai 2005 pour lutter contre la traite des personnes. Un mécanisme de coordination est mis en place, mais le diagnostic a révélé que le dispositif juridique relatif à la traite est largement ignoré et peu appliqué, tandis que les techniques d'investigation et de signalement des cas sont faiblement utilisées, en raison notamment du déficit de formation initiale et continue des intervenants.

Malgré des avancées notables, des difficultés demeurent dans la formulation d'une réponse holistique aux enjeux de la lutte contre la traite des personnes. L'atelier de formation sur la traite des personnes, ouvert ce lundi à Saly, est organisé par la Cellule nationale de lutte contre la traite des personnes (CNLTP) et la Direction des Affaires criminelles et des Grâces (Dacg), avec l'appui technique et financier de l'ONUDC et d'Interpol.

Le présent atelier examinera les outils pratiques pour le renforcement des capacités opérationnelles et stratégiques des intervenants de la police, de la gendarmerie et des magistrats. Un accent sera particulièrement mis durant les cinq jours de travaux sur l'appropriation des outils de la coopération judiciaire et les capacités policières d'Interpol. L'objectif principal de cette rencontre est de contribuer au renforcement de la prévention et de la réponse pénale pour lutter contre la traite des personnes.

D'après Patrice Kouassi, officier de renseignement criminel à Interpol, ‘’la traite a muté et exploite désormais les technologies numériques’’. ‘’Nous mettons à disposition des acteurs sénégalais des outils modernes : bases de données, systèmes de communication sécurisés et mécanismes de coopération régionale. Cela nous permet de démanteler des réseaux qui opèrent à la fois au Sénégal et au-delà de ses frontières’’, affirme M. Kouassi.

Mener des enquêtes et des poursuites centrées sur la victime

Il s'agit d'une formation sous forme d'exercice de simulation qui lie le volet théorique de la traite de personnes aux volets opérationnels pour les magistrats et les enquêteurs intervenant dans le champ judiciaire, permettant ainsi d'apporter une réponse plus efficace et durable au phénomène de la traite.

Cette approche combinant théorie et pratique va, selon Mody Ndiaye, secrétaire permanent de la Cellule, permettre aux participants d'être mieux outillés pour identifier, enquêter et réprimer efficacement les cas de traite. Elle constitue également un cadre d'échanges d'expériences afin d'apporter une réponse plus cohérente et durable à ce phénomène criminel.

Magistrats, officiers de police et de gendarmerie vont, durant cinq jours, renforcer leurs capacités dans la lutte contre la traite des êtres humains, un fléau aux multiples visages qui continue de sévir au Sénégal et dans la sous-région.

‘’Cet atelier se déroule sous forme d'un exercice de simulation, comme une véritable enquête et un procès, afin d'identifier les failles et d'améliorer nos méthodes. La traite est une criminalité très complexe, qui évolue avec les nouvelles technologies. Les acteurs de la justice doivent être régulièrement formés pour faire face à ces réseaux criminels’’, explique le secrétaire permanent de la cellule.

Pape Mbar Faye

Section: 
SAINT-LOUIS : DON DE MOTOPOMPES : Les quartiers inondables soulagés
SECURITE SANITAIRE DES ALIMENTS AU SENEGAL, BURKINA ET MALI : La restauration de rue au cœur des préoccupations
CRISE DE L’ÉLECTRICITÉ Thierno Alassane Sall met en cause la gestion du secteur et écarte la thèse du sabotage
PÉNURIE DE SANG : La Présidence répond à l’appel du CNTS et vise la pérennité
JOURNEE INTERNATIONALE DES LANGUES DES SIGNES : Les chantiers de l'inclusion
RENSEIGNEMENT EXTÉRIEUR : Le Général Souleymane Kandé prend la tête de LA DGRE
COOPÉRATION EURO-AFRICAINE : L’Europe face à l’urgence de repenser son modèle de coopération
AFFAIRE KHADIM BA - TRANSACTION AVEC LA DOUANE : Me Massokhna Kane évoque un accord à un milliard
Marché de Thiaroye
Trafic de drogue
DÉSENCOMBREMENT DES VOIES PUBLIQUES : Makhtar Cissé veut briser le cycle du recommencement
RETOUR DES DELESTAGES : De l'électricité dans l'air
Détournement de mineure
GRÂCE PRÉSIDENTIELLE : 984 détenus bénéficient d’une grâce exceptionnelle
ME MOUSSA SARR A LA CONFERENCE DE LA COUR DE JUSTICE DE LA CEDEAO : « L’autorité de la justice réside aussi dans son effectivité »
LITIGE FONCIER À KEUR MOUSSA : 22,5 hectares au cœur d’un bras de fer
DÉLESTAGES - SORTIE DU DG DE SENELEC À LA RTS Senelec promet un retour à la normale jeudi
Trafic de produits psychotropes
SEPTEMBRE MANDINGUE : Dix membres de « lëls » non autorisés interpellés…
SAINT-LOUIS : LUTTE CONTRE LA TUBERCULOSE : Les acteurs accélèrent la traque des cas