Publié le 15 Jan 2025 - 00:43
LYON - LABRUNE, AL-KHELAÏFI, DROITS TV, CHERKI...

Les vérités de Textor !

 

Sous la menace d'une rétrogradation en fin de saison par la DNCG, l'Olympique Lyonnais navigue à vue. Dans ce contexte, perturbé par les relations décadentes entre le président John Textor et les instances du football français, l'homme d'affaires américain a fait le point sur l'actualité du club et du football français.

 

John Textor n'a esquivé aucun sujet. Sur les ondes de RMC ce lundi, le président de l'Olympique Lyonnais s'est livré sans détour sur l'actualité de son club mais aussi au sujet des problèmes qui gangrènent le football français selon lui. Pour l'OL et pour la Ligue 1, l'Américain a dévoilé les stratégies qui seraient les plus bénéfiques.

Textor et Labrune «le petit toutou»

Avec le franc-parler qui le caractérise, le dirigeant de 59 ans, qui s'est déjà mis le président du Paris Saint-Germain Nasser Al-Khelaïfi à dos, s'est totalement étonné de voir que le patron de la Ligue de football professionnel Vincent Labrune lui était en quelque sorte soumis. L'Américain s'est souvenu d'une réunion au sujet des droits TV, en juillet, pour éclairer son point de vue. «J'étais complètement choqué car on a parlé des droits TV et le président de la Ligue, qui devait mener les débats, n'a quasiment rien dit. C'est Nasser qui a mené les débats, alors qu'il n'aurait même pas dû être présent, en tant que patron d'une chaîne de télévision directement impliquée (beIN Sports, ndlr) dans les débats. S'il y avait une voix discordante, Nasser Al-Khelaïfi aboyait sur cette personne, il y avait beaucoup d'intimidation aussi.

Le président de la Ligue était assis, sans rien dire comme un petit toutou. La Ligue est d'une manière assez folle dominée par cet homme. (...) L'influence du PSG sur la Ligue et même sur la DNCG est quelque chose qui mérite d'être regardé de plus près», a taclé Textor.. L'idée de Textor pour mieux vendre la L1 Autre problème de fond soulevé par le dirigeant de l'OL : la panne d'attractivité et de visibilité de la Ligue 1, dont les droits de diffusion domestiques se sont vendus 500 millions d'euros par an pour la période 2024-2029.

Pour sortir de cette impasse, Textor propose d'augmenter la qualité d'un produit qu'il juge «terrible et sans plus-value». «Il faut qu'on raconte des histoires. Pourquoi regarder ce match ? Le Havre par exemple, où ça se trouve ? En Normandie ? Quelle météo il fait ? Est-ce que les filles sont jolies ? Pareil pour le Paris FC avec un milliardaire qui le rachète… Qui est-il ? Avec qui il s'entend ou non ? La femme du propriétaire de Rennes, c'est Salma Hayek, ça aussi on devrait pouvoir en parler. Parlez-moi des villes, des gens, des joueurs», a-t-il détaillé, en prenant ensuite l'exemple de la NBA.

«On devrait faire quelque chose qui ressemble à ça dans le football. Le produit qu'on montre au monde doit être sexy, tout le monde aime la France en plus. Vous adorez vous moquer de nous les Américains : on est obèse, on s'habille mal, on achète tout et n'importe quoi quand on est en France… Mais on adore la France ! Alors pourquoi on n'arrive pas à représenter la France à la télévision, à la radio ? Parce que le produit montré par la Ligue à la télévision, de manière générale, est nul. Personne ne s'en soucie, on n'en tire aucun revenu. Donc que le produit soit meilleur et peut-être que les gens le regarderont», a poursuivi le patron de l'OL.

Mercato, formation, Cherki... Textor clarifie la politique sportive

Lors de ce grand entretien, Textor a également abordé les facettes sportives de l'actualité. Il a d'abord nié le fait que, face aux difficultés financières, tout le monde serait à vendre. «Je lis partout que tout le monde est à vendre. J'ai des clubs en Turquie qui me contactent avec des offres insultantes pour mes meilleurs joueurs parce qu'ils pensent qu'on est désespérés. On leur a dit de dégager», a-t-il commenté, alors que des offres de Galatasaray concernant Georges Mikautadze ont été ébruitées. Surtout, Textor souhaite que son club devienne une référence, et non un tremplin ou seulement une passerelle pour les jeunes du centre de formation. «Quand je suis arrivé, il y avait trois jeunes joueurs issus de notre centre de formation qui voulaient partir (Malo Gusto, Castello Lukeba, Bradley Barcola, ndlr). Ils étaient gentils, j'ai parlé avec eux mais ils parlaient de l'OL comme d'un club de formation. C'était un non-sens. Je veux des joueurs qui veulent jouer pour l'équipe et être compétitifs avec nous dans le championnat.

Si des jeunes de notre académie veulent jouer pour le PSG, qu'ils partent ! Je veux qu'ils rêvent de devenir le prochain Juninho, Benzema ou Fekir. Je n'ai eu aucun souci à prendre les 45 millions d'euros de l'homme charmant de Paris (Nasser Al-Khelaïfi, ndlr) pour un jeune joueur qui ne voulait plus être là. Je veux construire une équipe pour qu'elle soit championne.

 Donc je maintiens que vendre les meilleurs au PSG n'est pas notre modèle», a détaillé l'Américain. Et pourtant, ce dernier a confirmé la volonté du meneur de jeu Rayan Cherki de rallier la capitale l'été dernier. «Cherki, ça fait deux ou trois ans qu'il a envie de partir. Cela n'a rien à voir avec la DNCG ! Il voulait aller au PSG l'année dernière, il m'a envoyé un message pour me le dire : 'Je veux vraiment aller au PSG'», a assuré le dirigeant.

Textor règle ses comptes avec Aulas

Enfin, Textor a fini par régler ses comptes avec son prédécesseur. D'abord en froid avec Jean-Michel Aulas après lui avoir racheté l'Olympique Lyonnais, l'actuel président du club rhodanien s'est ensuite rabiboché avec l'emblématique patron des Gones. Mais dernièrement, JMA a critiqué la gestion du club par son successeur, une intervention médiatique qui a déplu au natif du Missouri.

«Pour moi, ce n'est pas une interview honnête. J'ai été très déçu, d'autant plus qu'on s'était mis d'accord pour faire table rase du passé…Manifestement, lui n'a pas tourné la page», a-t-il déploré. «Il a dit que je ne m'y connaissais pas trop en football, mais j'ai embrassé quelques jolis trophées en Amérique du Sud, donc je dois effectivement ne pas y connaître grand-chose… Il a dit que je n'étais pas un manager mais j'ai bâti plusieurs entreprises qui valent plusieurs milliards.

Il a dit que je n'étais pas le premier choix mais le gars qui l'était ne pouvait pas apporter l'argent. (...) Dire que je ne suis pas un bon manager, pas quelqu'un de bien, c'est sûr que ça n'aide pas beaucoup. Mais je fais de mon mieux avec l'OL, on est bien classé en championnat et en Europa League», a conclu un Textor sans détour.

Maxifoot

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