Publié le 22 Jan 2026 - 10:02
MAROC - SENEGAL

Quand la politique tue le football !

 

Ce dimanche 18 janvier 2026, lors de la finale de la Coupe d’Afrique des Nations à Rabat, le monde entier avait les yeux rivés sur nous. L’événement était mondial et ce fut un succès d’audience historique pour le football africain.

L’affiche était belle, le Sénégal et le Maroc s’affrontant, deux pays frères, unis par ces fils invisibles et si solides, qui peuvent certes plier mais ne rompent jamais !  Malgré un match sous haute tension et sous une pluie battante, le show a été exceptionnel entre deux adversaires redoutables et ce fut un beau duel avec de beaux athlètes bien préparés. De quoi se réconcilier avec un football moderne du plus haut niveau.

Enfin, jusqu’aux arrêts de jeu où la finale entre le Sénégal et le Maroc nous a renvoyé une bien triste image du football, avec des décisions arbitrales scandaleuses et autres faits de match désastreux. Malgré tout, le Sénégal a fini par l’emporter sur le pays organisateur et devant son public. Que de joie dans un monde où trop peu d’occasions font l’unité des nations. Mais pendant que le peuple sénégalais et ses dirigeants tentent de célébrer un trophée durement remporté et bien mérité, avec cette deuxième étoile africaine, la Fifa, la Caf et le Maroc semblent s’organiser pour sanctionner le Sénégal en utilisant absolument tous les moyens imaginables et inimaginables pour y parvenir.

Revenons un instant dans ces arrêts de jeu et mettons-nous si possible dans la peau du coach Pape Thiaw. Vous avez beau être un leader charismatique et un exemple pour toute la jeunesse sportive sénégalaise, vous n’en restez pas moins un homme. Juste après s’être vu refuser un but parfaitement valable, de l’avis de tous les observateurs, par l’arbitre congolais, Jean Jacques Ndala Ngambo, sans assistance vidéo, il se voit infliger un penalty, contre lui, cette fois-ci avec l’assistance de la Var. Il eut le sentiment d’avoir été volé, car il était évident, à ce moment-là, que l'arbitre, mis sous pression par l’insistance de Brahim Diaz, agité et hors de contrôle, a été poussé à recourir à la VAR pour accorder le penalty.

Sans vouloir accabler davantage ce pauvre arbitre, nous ne pouvons que noter son manque d’autorité, pour rester courtois. Quand un joueur marocain a été soigné longuement sur le terrain et qu’il n’a pas osé l’obliger à quitter la pelouse pour se faire soigner, là c'est juste inadmissible. Comment expliquer aussi l’absence de sanctions à l’encontre des ramasseurs de balles et même de certains joueurs marocains qui ont tout tenté pour dérober la serviette du gardien sénégalais, sans doute désireux d’empêcher Mendy de s’essuyer les gants et les yeux dans les conditions pluvieuses de Rabat dimanche soir.

Cet arbitrage désastreux et aléatoire, est seul responsable de cet enchaînement de faits déplorables que fustige le Président de la Fifa. Les déclarations simultanées du patron de la Fifa et de la fédération marocaine de foot, laissent augurer de sanctions contre le coach Pape Thiaw.

En quoi Pape Thiaw serait-il responsable, si la corruption gangrène les instances dirigeantes du football africain à tous les niveaux ? Pourquoi s’acharner contre le Sénégal ou contre Pape Thiaw, alors que le Sénégal ne demande que le respect, la vérité et l’équité ?

Non, Pape Thiaw ne sera pas l’agneau du sacrifice ! Non Messieurs ! Sinon c’est tout un pays qui se fera immoler avec lui !

Le Sénégal organisera la riposte en temps voulu ! Dans l’attente et pour la fierté de tout un peuple, le sélectionneur des Lions du football, Pape Bouna Thiaw, a été élevé ce mardi 20 janvier à Dakar, au grade de commandeur dans l’Ordre national du Lion par le chef de l’État, lors de la cérémonie officielle de réception organisée en l’honneur de l’équipe nationale au palais de la République.

C’est un acte très clair que vient de poser notre Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye et un signe pour ceux qui seraient tentés de ternir l’éclat de notre victoire. Non seulement le football de haut niveau a été cassé dimanche dernier par les instances dirigeantes, mais vouloir en faire porter la responsabilité au Sénégal, serait une erreur qui ne pourrait qu’aggraver la déflagration.

Prochainement, le Maroc, entre autres pays organisateurs, va accueillir la Coupe du Monde après les États-Unis. Un enjeu majeur pour le continent. Ces images chaotiques, qui ne sont pas à imputer à l’organisation proprement dite de la compétition ne doivent pas faire oublier que la Can reste une réussite pour le Maroc, tous les observateurs ont été unanimes sur la question. 

Beaucoup de choses restent à déplorer et à améliorer cependant, mais le sport reste le sport et Maradona avait raison : le football doit appartenir aux footballeurs et non à des régents qui ne connaissent pas l’esprit du jeu et font du business avec.

Que les passions retombent donc. L’Afrique n’a pas besoin de divisions supplémentaires. Marocains et Sénégalais ne sont pas des adversaires, ils sont des frères. J’en veux pour preuve le message de félicitations et de fraternité de notre Président de la République, Son Excellence Monsieur Bassirou Diomaye Faye au Royaume du Maroc lors de l’accueil des Lions de la Téranga à Dakar.

Le Sénégal a souffert, mais a su rester solide et a fini par faire la différence en prolongation au terme d’une rencontre restée sous haute pression jusqu’au coup de sifflet final. Comme on dit au Casino, les jeux sont faits ! Rien ne va plus ! Donc rendez-vous à la coupe du monde.

Oumou Wane
Présidente Citizen Media Group/africa7

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