Publié le 8 Mar 2012 - 16:16
POST-POINT

Histoires de poubelles

Faut-il déjà regretter Abdoulaye Wade alors même qu'il a au moins 65% de chances sur 100 de quitter le pouvoir ? Sûrement pas ! Et c'est là la dernière des volontés qu'exprimerait le peuple souverain du 26 février 2012. Cet homme a fait son temps, la retraite l'attend. Mais encore, faut-il que ceux qui seraient appelés à prendre les destinées du Sénégal au soir du 25 mars sachent raison garder sur une question d'éthique politique fondamentale : la transhumance. L'arrivée annoncée (et pas démentie) d'un politicien professionnel de basse densité morale dans les rangs de la coalition Macky2012 doit être considérée pour ce qu'elle est : un transfert de poubelles d'une rive politique asséchée dont certains éléments sont déjà dans la psychologie de la défaite électorale, vers des pâturage jugées plus prometteuses pour l'avenir. Cette façon de faire de la politique, les Sénégalais ne l'acceptent pas et ne le tolèrent plus (voir reportage ci-contre). Et dans le répertoire des causes agrégées qui ont pu expliquer le rejet d'Abdoulaye Wade, figure la transhumance politicienne.

 

Face aux exigences nouvelles des citoyens sénégalais, ce système de reproduction-protection du personnel politique est devenu incompréhensible, inacceptable. Au moment où la défense des principes de la Constitution met en ébullition la République et laisse sur le terrain des luttes contre le «monstre» une dizaine de citoyens fauchés par une certaine violence d'Etat, la transhumance semble retrouver une nouvelle jeunesse alors que se préparer le second tour de la présidentielle. Sans doute, les hommes politiques préfèrent les additions aux soustractions et aux divisions. Mais il y a des additions qui aboutissent finalement à un théorème particulier : 1+1 = 0. A force d'encourager, d'une manière ou d'une autre, une certaine pratique de la politique qui assure le recyclage des déchets de la place, on tombe inévitablement dans le gouffre des...soustractions. Le même qui a vicié et empoisonné la vie du PDS pendant douze ans de pouvoir.

 

La réalité aujourd'hui est que le ralliement d'une figure comme celle de Adama Sall à la coalition Macky2012 va faire perdre des voix au candidat Macky Sall. Peut-être pas assez pour que le président Abdoulaye Wade en profite de manière efficiente au soir du 25 mars. Mais suffisamment pour que scintille au fronton du leader de ladite coalition le pire ennemi de l'homme politique : le discrédit. On ne peut refonder la République sur des bases nouvelles comme celles préconisées par les Assises nationales en fermant les yeux sur des méthodes d'absorption politique qui heurtent la morale, si bien sûr on considère que cette valeur là doit rester inviolable... Car dans le cas contraire, il n'y aurait rien à faire !

 

MOMAR DIENG

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