Publié le 25 Mar 2014 - 01:23
PROCÈS EN APPEL DES DEUX RESSORTISSANTS TURCS

L’affaire des 5 000 milliards revient ce 14 avril en cour d’appel  

 

En 2009, deux ressortissants turcs avaient presque réussi à plumer l’Etat du Sénégal, à travers une escroquerie estimée à environ 5000 milliards. Grâce à Interpol, l’affaire a foiré et les Turcs se sont retrouvés en prison. L’affaire revient en cour d’appel ce 14 avril. 

 

Une affaire attendue celle-là. Le 14 avril prochain, revient en cour d’Appel la rocambolesque escroquerie portant sur environ 5 000 milliards. Une affaire qui avait fait couler beaucoup d’encre, de salive…et d’étonnement en 2009. Naturellement, au vu de l’engouement aveugle du chef de l’Etat d’alors et de son fils Karim Wade qui avait failli leur coûter beaucoup d’argent et énormément de railleries.

En effet, face à la pluie de milliards qu’on leur avait fait miroiter, Wade père et fils ainsi que l’APIX, le ministère de l’Economie s’étaient résolument engagés à mettre la main sur l’argent. Il s’agissait de l’investir dans des projets comme la construction d’un gazoduc de l’Algérie au Sénégal, la réalisation d’une ligne ferroviaire entre le Sénégal et la sous-région, la construction d’une unité de production de pétrole, la mise sur pied d’une compagnie aérienne et de services aéroportuaires entre autres.

Selon quelques indiscrétions turques, Karim Wade avait manifesté la volonté de construire 20 000 logements sociaux. Du nom de Mehmet Yilmaz et Yahya S. Ozavci, les deux Turcs qui purgent actuellement une peine de cinq ans ferme avaient pourtant failli réussir leur coup.

Munis de cinq titres au porteur, d’un milliard cinq cent millions d’euros l’unité, les deux Turcs s’étaient présentés aux autorités de l’ancien régime comme des hommes d’affaires, représentant les intérêts de la Bedford international financial group, filiale de la Bedford international financial corporation, des sociétés basées au Canada et en Colombie.

Ces titres au porteur attestaient de l’existence de fonds et portaient la signature du docteur Berdik-Albert Zvonko, Président du groupe financier. Si les deux dealers ont pu réussir à entrer en contact avec les autorités du Sénégal, c’est parce qu’ils ont bénéficié de l’aide d’un ex-sénateur de l’Etat sénégalais du nom de Meïssa Ndiaye pour entrer au Sénégal, puis de l’appui de l’expert immobilier et un des responsables à l’époque de la ‘’Génération du concret’’, Cheikh Saadibou Diack. 

Interpol s’y mêle, le deal éclate !

C’est Interpol-Paris qui a fait éclater le deal des deux Turcs, à travers un appel émis le 15 février 2009 à Dakar pour se renseigner sur le Sénégalais Cheikh Saadibou Diack. Auparavant, la Douane française avait interpellé un dénommé Yahya Sukru Ozavci, dans la ville de Metz, en possession d’un titre au porteur d’une valeur d’un milliard cinq cent millions d’euros.

Yahya Sukru Ozavci avait expliqué aux gabelous français qu’il était avec Cheikh Saadhibou Diack pour authentifier le titre au porteur, auprès d’un courtier du nom de Daniel Thiel. Grâce à cette action d’Interpol, les autorités sénégalaises ont pu réaliser qu’elles étaient prises dans les mailles d’une escroquerie savamment orchestrée.

Par la suite, les deux Turcs furent  inculpés par le doyen des juges, et condamnés à cinq ans ferme par le tribunal correctionnel. Leur complice guinéen Charles Thomas avait fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Au moment où Cheikh Saadibou Ndiack, lui, était condamné à payer la somme de 29 millions de francs Cfa à la résidence hôtelière ‘’Ndiambour’’ pour s’être engagé à payer la note lorsqu’arrivaient les Turcs au Sénégal. 

Amadou NDIAYE

 
 

 

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