Publié le 27 Feb 2026 - 21:08
AGRICULTURE, ÉLEVAGE, PÉTROLE ET GAZ EN 2024

Les chiffres d’une économie en délicatesse

 

Des données en rapport avec l’agriculture, l’élevage, le pétrole et le gaz en 2024 ont été rendues publiques par l'Agence nationale pour la statistique et la démographie dans le rapport sur la Situation économique et sociale nationale (SESN). Le rapport fait cas des retombées de la mauvaise campagne agricole de cette année-là.

 

En 2023, la production agricole s’est établie à 1 996 milliards de FCFA, contre 1 837,6 milliards de FCFA en 2022 (base 2014), entraînant une hausse de 7,6% de la valeur ajoutée agricole à prix constants. Cette progression, selon l'Agence nationale pour la statistique et la démographie qui a publié hier le rapport sur la Situation économique et sociale nationale (SESN), est principalement due à l’augmentation de la production des cultures industrielles, notamment l’arachide (+11,6 %), le niébé (+45,7 %) et le sésame (+48,6 %).

La production céréalière a également progressé (+9,6 %), malgré la baisse observée pour le coton (−17,1 %) et la pastèque (−7,2 %). Le recul enregistré en 2022 dans le sous-secteur de l’arachide et des autres oléagineux s’explique par une baisse des rendements de 11,3 %, en dépit d’une légère augmentation des superficies emblavées (+1 %), liée à une mauvaise campagne marquée par des pauses pluviométriques et des attaques parasitaires.

Sur la période 2018–2023, la valeur ajoutée agricole a augmenté de 975,6 milliards de FCFA, et le secteur a contribué à 68,7% du PIB du primaire en 2023. La valeur ajoutée du secteur agricole, à prix constants, a observé une baisse de 3,4 % en 2024. Cette contre-performance est imputable à la baisse des productions des cultures industrielles « Arachides » (−24,8 %) et des « pastèques » (−15,0 %). La production d’arachide a été négativement impactée par la chute de 19,8 % des rendements, en plus d’une baisse des superficies emblavées (−6,3 %).

En effet, la mauvaise campagne agricole de 2024 est la conséquence des longues pauses pluviométriques et des attaques sur la production d’arachide et de niébé. Toutefois, la production des autres cultures s’est bonifiée, atténuant la baisse de la valeur ajoutée. La production du coton a connu une hausse de 7,5 % et 34,8 % des rendements.

Le fleuve Sénégal et certains de ses affluents ont connu des crues records et des débordements importants, submergeant plusieurs zones agricoles dans le nord et le nord-est du pays. Ces inondations ont touché des milliers de personnes et provoqué la destruction de nombreuses parcelles cultivées. Cette situation a entraîné une réduction significative des superficies emblavées, perturbé le calendrier agricole et, par conséquent, contribué à une baisse notable des rendements agricoles dans les zones affectées.

Au Sénégal, selon la même source, la majorité des chefs de ménages agricoles sont des adultes. En effet, 66,8 % d'entre eux ont entre 31 et 64 ans. En outre, les personnes âgées (65 ans et plus) représentent plus du quart des chefs de ménages agricoles, soit 25,2 %. En revanche, les jeunes de moins de 30 ans ne constituent que 7,9 % des chefs de ménages. Comparé à 2022, le nombre de jeunes chefs de ménage agricole a connu une hausse en 2023. En effet, les moins de 35 ans ne représentaient que 5,1 % en 2022, tandis qu’en 2023, les moins de 30 ans à eux seuls constituaient 7,9 %.

Un cheptel fort de 20 402 milliers de têtes

L’élevage au Sénégal est essentiellement pratiqué par les ménages et constitue un secteur important dans l’atteinte de la sécurité alimentaire, de la nutrition et de la création d’emplois.

En 2024, le cheptel total est évalué à 20 402 milliers de têtes après 19 355 milliers de têtes en 2023, soit une augmentation de 5,4 %. Cela résulte de l’accroissement de toutes les espèces, notamment les caprins (+7,9 %), les ovins (+5,8 %) et les porcins (+3,1 %). L’effectif de la volaille s’élève à 82 500 milliers de têtes en 2024 contre 75 382 milliers de têtes en 2023, soit un relèvement de 9,4 %. Cette situation est expliquée par l’augmentation de la volaille industrielle (6 805 milliers de têtes de plus).

La production totale de l’élevage est passée de 1 092,7 milliards de FCFA en 2023 à 1 141,1 milliards de FCFA en 2024. Par ailleurs, la part du secteur dans le Produit intérieur brut (PIB) hors hydrocarbures est demeurée quasi stable, augmentant légèrement de 4,3 % à 4,4 % sur la période. En revanche, la contribution du sous-secteur à la valeur ajoutée du secteur primaire s’est renforcée, passant de 24,6 % en 2022 à 27,8 % en 2023. Toutefois, sa valeur ajoutée à prix constants, évaluée à 555,0 milliards FCFA en 2024, a augmenté de 4,8 % après 6,5 % en 2023.

Pêche – Aquaculture

Au Sénégal, la pêche et l’économie maritime constituent un levier essentiel pour les exportations et l’approvisionnement en devises du pays. Mais, le secteur est menacé par plusieurs facteurs, notamment le changement climatique, les pollutions, l’érosion côtière, les crues et inondations en milieu continental, l’exploitation du pétrole et du gaz (marée noire), et la conjoncture économique.

En 2024, la production du secteur de la pêche et de l’aquaculture a enregistré une hausse de 2,4 % de sa valeur ajoutée en volume, après avoir connu une contre-performance de 3,3 % en 2023. La reprise constatée en 2024 trouve son origine dans la résilience de la pêche artisanale, dont les débarquements ont connu une légère hausse de 0,2 %.

Cette évolution positive a été partiellement atténuée par la contre-performance des deux autres segments du secteur, à savoir la pêche industrielle et la pêche continentale, qui ont accusé des baisses respectives de 17,9 % et 13,9 % sur la même période.

Le recul de la pêche continentale s’explique principalement par des facteurs climatiques défavorables. En effet, les fortes précipitations enregistrées dans la région de Kédougou ont provoqué d’importantes inondations, compromettant les activités de pêche dans les zones affectées. À cela s’ajoute l’arrêt partiel des activités de nombreux pêcheurs dans la région de Kaffrine. S’agissant de la pêche industrielle, la baisse observée résulte en partie de la réduction du nombre de licences de pêche octroyées, lesquelles ont reculé de 10,1 %.

À l’inverse, l’aquaculture a confirmé sa dynamique positive. La production aquacole a ainsi progressé de 15,0 %, passant de 1 804 tonnes en 2023 à 2 074 tonnes en 2024. Ce bond résulte notamment de l’extension des fermes aquacoles, dont le nombre est passé de 283 en 2023 à 342 en 2024. Toutefois, il convient de souligner que ce résultat encourageant a été partiellement compromis par la non-finalisation de certains projets et programmes d’aménagement de nouvelles infrastructures aquacoles.

Sur le plan des échanges avec l’extérieur, les exportations de produits halieutiques ont connu une contraction en 2024. Les volumes exportés se sont établis à 246 392 tonnes, contre 273 478 tonnes l’année précédente, soit une baisse de 11,0 %. En valeur monétaire, les recettes issues de ces exportations sont passées de 304,9 milliards de FCFA en 2023 à 267,0 milliards de FCFA en 2024, représentant un recul de 13,4 %.

En revanche, les importations poursuivent leur tendance ascendante. Les volumes importés se sont ainsi établis à 34 313 tonnes en 2024, contre 25 539 tonnes en 2023, soit une progression notable de 25,6 %.

Électricité

En 2024, la puissance installée s’établit à 1 903,81 MW en 2024 contre 1 960,14 MW en 2023, soit un repli de 2,87 %. Le parc de production reste dominé par la thermique, qui représente 71,01 % de la puissance installée totale, suivie de l’hydraulique (6,7 %), du solaire (13,9 %) et de l’éolien (8,4 %).

La production nationale d’électricité a atteint 7 465,87 GWh contre 6 654,02 GWh en 2023, soit une progression de 12,2 % (+811,9 GWh). La Senelec a assuré 1 745,15 GWh, représentant 23,4 % de la production totale (26,1 % en 2023), tandis que les achats d’énergie se sont élevés à 5 720,72 GWh, soit 76,6 % de l’approvisionnement. Par ailleurs, ces achats ont augmenté de 16,4 % par rapport à 2023, alors que la production propre de la Senelec n’a progressé que de 0,41 %.

Sur le plan commercial, l’énergie facturée à la clientèle a atteint 6 063,46 GWh en 2024, en hausse de 12,19 % (+658,92 GWh) par rapport à 2023. Le prix moyen du kWh s’est établi à 127,23 FCFA, contre 128,72 FCFA en 2023, soit une légère baisse de 1,49 FCFA (-1,15 %). Ainsi, la pointe maximale réalisée a été de 1 159 MW et a été atteinte le 13 août 2024 contre 1 075 MW en 2023.

En 2024, la Senelec a également enregistré une hausse de son nombre de clients, estimé à 2 370 925 clients, soit un accroissement de 4,59 % (+211 807 clients). L’écart sur le Revenu Maximum Autorisé (RMA) s’établit à 214,72 milliards en 2024, contre 249,28 milliards en 2023, soit une baisse de 13,86 %.

Pétrole-gaz naturel

Les études exploratoires faites sur le bassin sédimentaire sénégalais, en offshore, offshore profond et en onshore, révèlent un important potentiel en hydrocarbures. En effet, trois grands pétroliers et gaziers ont été développés dans le pays. Il s’agit du projet Grand Tortue/Ahmeyim (GTA) situé à la frontière sénégalo-mauritanienne, du projet Yakaar et Teranga au niveau du bloc Cayar offshore profond, et du projet de Sangomar au niveau des blocs Rufisque Offshore, Sangomar Offshore et Sangomar Offshore Profond. Ces trois projets s’ajoutent au bloc onshore de Diender qui est déjà en exploitation.

S’agissant de la production de gaz naturel, elle a baissé de 25,8 % en 2024. En effet, ladite production est ressortie à 2,8 millions de Nm³ en 2023 après s’être établie à 3,7 millions de Nm³ en 2022. L’intégralité de cette production est issue du seul champ Gadiaga/Sadiaratou situé sur le bloc onshore de Diender.

Le Sénégal a entamé la production de pétrole en 2024 avec la mise en exploitation du champ de Sangomar, marquant une étape majeure dans le développement de son secteur extractif. Pour cette première année de production, le volume est estimé à 16,9 millions de barils, dont 16,4 millions de barils destinés à l’exportation.

CHEIKH THIAM

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