Publié le 17 Dec 2020 - 22:28
PROCES ENTRE DAKARNAVE ET SES EMPLOYES

La contre-attaque du DG

 

Le procès qui a opposé hier Dakarnave et ses employés, a été renvoyé au 22 décembre. Face à la presse, l’avocat des travailleurs a expliqué les raisons et les tenants de cette affaire.

 
L’affaire opposant les travailleurs de Dakarnave à leur directeur général, a fait l’objet, avant-hier, d’un référé face au juge du tribunal, dans le cadre de cette procédure initiée par l’entreprise pour obtenir la restitution ou le remboursement des sommes qui ont été payées au titre des primes de salissure aux travailleurs de cette entreprise. ‘’Lorsque l’affaire a été appelée aujourd’hui (hier), j’avais pris le soin de prendre des écritures que j’ai communiquées à la partie adverse. Sur ce, elle a demandé le renvoi pour éventuelle observation en réplique et plaidoiries. Je suppose que la date du 22 (décembre), l’affaire sera retenue et plaidée devant le juge des référés. Mes clients n’attendent que le respect de leurs droits. Ils sont logés dans une convention appelée Convention collective de la mécanique générale. Dans ce secteur d’activité, en sus du salaire, il y a des primes qui sont dues aux travailleurs, parmi lesquelles celles de salissure’’, explique Me Bassirou Sakho.
 
Selon l’avocat, l’employeur n’a pas pris non seulement le soin d’introduire cette rubrique dans le bulletin de salaire, mais s’est permis de ne pas la payer. Les travailleurs ne font que revendiquer cela. Il considère ainsi que la décision de motivation rendue par le juge des référés est plus que pertinente sur le respect de ces droits, mais aussi sur sa mention sur leurs bulletins de salaire.
 
‘’Pour le moment, c’est la régularité qui s’impose, mais la partie adverse ne se borne que sur la régularité du mandataire syndical qui était constitué par les travailleurs et la cour d’appel a infirmé l’ordonnance sur la régularité et sur la constitution du mandataire syndical. La question de fond, qui se trouve être la question du droit qui est dû aux travailleurs, la cour d’appel n’y a pas tranché. Nous estimons que la question de fond n’a pas été évoquée, mais uniquement la périphérie du droit qui est agitée. Nous sommes confiants. Nous espérons que c’est le même juge des référés qui avait rendu l’ordonnance et qui avait créé le droit, que sa position va être maintenue, dans le cadre de cette procédure par ce même juge’’, poursuit l’avocat.
 
Pascal Gomis, le secrétaire général du Syndicat autonome des travailleurs de Dakarnave (Satnav) avait introduit une requête concernant la prime de salissure décernée aux travailleurs de la mécanique générale. En première instance, ils avaient gagné le procès et l’entreprise avait payé une partie des primes. Alors que les agents de la société attendaient avec espoir le paiement du reliquat, une plainte est tombée sur leurs têtes. Une plainte de la direction générale qui réclame la restitution des montants perçus par les travailleurs comme primes de salissure. Cette démarche pousse les travailleurs à s’interroger. Ils disent ne pas comprendre par quelle gymnastique la direction générale a pu renverser la situation pour se permettre de réclamer le remboursement de ces primes, au niveau de la justice.
 
‘’Cela a conduit à un procès qui a été favorable aux travailleurs. La direction a fait appel et cela a favorisé leur présence au tribunal pour répondre. C’est un dossier qui date de 2012. Les primes payées en 2016, il restait le reliquat. Les travailleurs avaient alors exigé que ces primes soient payées dans le bulletin de salaire. Chose qui n’a pas été faite. En conséquence, ils en veulent à la direction générale qui, selon eux, ne respecte aucun travailleur de ladite entreprise’’, confie M. Gomis.
 
CHEIKH THIAM

 

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