Publié le 24 Feb 2016 - 19:12
REFERENDUM DU 20 MARS 2016

Les conséquences d’un vote négatif 

 

référendum du 20 mars prochain semble être mal engagé. En mettant en avant l’émotion et l’indignation, l’opposition a choisi d’ignorer tous les autres points en concentrant son discours sur le non-respect de la parole du président Macky Sall. En appelant à voter non, les adversaires du pouvoir votent pour le septennat avec tous les pièges qui peuvent en découler.

 

Depuis la Sortie du président de la République Macky Sall renonçant à la réduction de son mandat en cours, plusieurs partis politiques et organisations de la société civile ne cessent de dénoncer ce qu’ils qualifient de reniement voire de trahison. Ils se sont précipités dans la campagne pour un ‘’Non massif’’, le 20 mars prochain jour du référendum. Ces acteurs, organisés en groupes, ont-ils bien réfléchi aux conséquences d’un Non ? En 2001, l’ancien Président Abdoulaye Wade avait passé au référendum son projet de constitution dans l’euphorie de l’alternance avec le fameux article 27. A cause dudit article, le Sénégal a failli sombrer dans le chaos avec une violence très rare pendant des mois, en 2012.

Aujourd’hui, dans l’indignation,  les organisations appellent à voter ‘’Non’’, le 20 mars prochain. Et ce,  sans un débat de fond sur le contenu de la réforme. Ceux qui appellent à un vote négatif à cause de la non-réduction du mandat en cours de 7 à 5 ans, invitent de facto le peuple à maintenir le septennat. En effet, si les citoyens rejettent le projet de réforme constitutionnelle du Président Sall, le mandat restera à 7 ans. Ceci permettra à Macky Sall, s’il est réélu en 2019, de faire un second mandat de 7 ans. Au total il pourrait faire 14 ans à la tête du Sénégal. Un autre risque est qu’en votant le Non, même si Macky est battu en 2019, le futur président sera élu pour 7 ans et libre à lui de réduire ou de maintenir le mandat.

 Dans le projet initial qui a été soumis aux cinq sages par le président Macky Sall, il est dit, concernant le mandat à l’Article 27 : ‘’La durée du mandat du président de la République est de cinq ans. Cette disposition s’applique au mandat en cours. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Cet article ne peut faire l’objet de révision.’’ Dans la décision ou avis rendu par le Conseil constitutionnel, les juges ont enlevé la phrase qui demande l’application de la réduction au mandat en cours. Donc la disposition qui sera soumise au peuple est logiquement celle-ci : ‘’La durée du mandat du président de la République est de cinq ans. Nul ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. Cet article ne peut faire l’objet de révision.’’

A part la durée et le nombre de mandats, il y a d’autres points qui méritent d’être soumis à l’attention des populations. ‘’La reconnaissance de nouveaux droits aux citoyens ; la représentation des Sénégalais de l’Extérieur par des députés à eux dédiés ; l’élargissement des compétences du Conseil constitutionnel pour donner des avis et connaître des exceptions d’inconstitutionnalité soulevées devant la Cour d’appel ; la constitutionnalisation de la décentralisation et l’élargissement des pouvoirs de l’Assemblée nationale en matière de contrôle de l’action gouvernementale ; la transparence dans l’exploitation et la gestion des ressources naturelles et d’évaluation des politiques publiques’’ sont entre autres points qui seront soumis à l’approbation des citoyens le 20 mars prochain.

 Le référendum de 1958

La participation des candidats indépendants à tous les types d’élection est aussi une disposition qui peut être qualifiée de majeur dans ce projet de réforme constitutionnelle qui sera soumis au peuple le 20 mars prochain.

Pour rappel, le Sénégal a connu deux référendums dans son histoire politico-institutionnelle. Le 28 septembre 1958, la France avait organisé un référendum largement approuvé par les Sénégalais pour l’instauration de la communauté  franco-africaine. Après la première alternance, le pays connaîtra le 7 janvier 2001 son deuxième référendum constitutionnel ayant permis l’adoption de l’actuelle constitution. 94% des Sénégalais s’étaient prononcés en faveur de la nouvelle loi fondamentale. Macky Sall fera-t-il mieux ou pire  que ses prédécesseurs ? Réponse au soir du 20 mars 2016.

MAMADOU DIALLO ET ABDOURAHIM BARRY (STAGIAIRE)   

 

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