14 600 personnels mobilisés pour sécuriser Dakar, Diamniadio et Saly

À vingt-quatre jours de l’ouverture des JOJ, les forces de sécurité ont testé leur réponse à une attaque terroriste avec prise d’otages dans deux hôtels de Dakar. Mouhamadou Makhtar Cissé juge le dispositif opérationnel, mais annonce des corrections dans les transmissions et la coordination. Des restrictions de circulation accompagneront également la compétition.
Environ 14 600 personnels seront mobilisés pour sécuriser les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) Dakar 2026. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité publique, Mouhamadou Makhtar Cissé, l’a annoncé mercredi 7 octobre, à l’issue d’un exercice simulant une attaque terroriste avec prise d’otages. Répartis sur les pôles de Dakar, Diamniadio et Saly, ces effectifs comprennent les Forces de défense et de sécurité (FDS), les services de secours, les administrations et les collectivités territoriales.
L’annonce intervient après une mise à l’épreuve du dispositif dans les hôtels Terrou-Bi et Azalaï. Au Terrou-Bi, le scénario mettait en scène une cinquantaine de personnes retenues pendant une réception, dans un établissement accueillant fictivement des officiels et des représentants du Comité international olympique. Les assaillants imposaient un ultimatum aux autorités. L’hypothèse retenue était celle d’un réseau djihadiste fictif cherchant à exploiter la visibilité internationale des Jeux.
La Brigade d’intervention polyvalente (BIP) de la Police conduisait l’action, avec l’appui du Groupement d’intervention de la gendarmerie nationale (GIGN), des forces spéciales des armées, des sapeurs-pompiers et des autres unités engagées. L’exercice devait notamment vérifier la rapidité du passage de la vigilance à la gestion d’une crise majeure, l’arrivée des renforts, l’exploitation de la vidéoprotection et la coordination entre postes de commandement.
Pour Mouhamadou Makhtar Cissé, les observations des évaluateurs permettent de tirer un premier constat : « Le dispositif national de sécurité des Jeux est opérationnel. Cela ne veut pas dire qu’il est parfait. » Des améliorations restent nécessaires, notamment dans les transmissions entre postes de commandement et la coordination des flux et des sites. Le ministre assure que les insuffisances relevées seront prises en charge avant le lancement de la compétition. « Ces points ont été identifiés, ils seront corrigés », a-t-il indiqué.
Cette phase conclut une campagne de préparation menée sur quinze mois et comprenant trois exercices majeurs. Les exercices sur table ont d’abord éprouvé les mécanismes de décision et la circulation de l’information. Les exercices sectoriels ont ensuite confronté les plans au terrain, avant cette mise en situation réunissant les différentes composantes du dispositif. L’enjeu, selon le ministre, dépasse le nombre d’unités déployées.
« Ce n’est pas une addition de forces, mais c’est une intégration intelligente avec une stratégie bien élaborée », a-t-il souligné. Police, gendarmerie, armées, secours, unités médicales et administrations civiles doivent pouvoir travailler ensemble, avec une répartition précise des responsabilités. Mouhamadou Makhtar Cissé insiste également sur la fonction dissuasive de cette préparation : montrer que les forces sont capables de répondre à une menace doit contribuer à empêcher sa réalisation. Il rappelle la nécessité d’anticiper les risques, de tester les procédures et de veiller à ce que « chaque acteur connaît précisément son rôle et ses responsabilités ».
Du risque terroriste aux incidents sanitaires
La préparation ne se limite pas aux attaques armées. Les exercices de consolidation sectorielle organisés les 28 et 29 septembre ont confronté les services à plusieurs autres situations susceptibles de perturber les Jeux. Au stade Iba Mar Diop, les scénarios portaient notamment sur des fausses accréditations, une alerte à la bombe et l’évacuation du site. Au complexe de la Tour de l’Œuf, les équipes ont travaillé sur un mouvement de panique, un incident sanitaire à la piscine et une cyberattaque.
Le Village olympique a, lui, servi de cadre à une intoxication alimentaire collective fictive. Le scénario associait la prise en charge des victimes, leur évacuation, la sécurisation de la chaîne alimentaire et une enquête judiciaire. Un autre exercice concernait une agression suivie d’une alerte à la bombe dans le TER, avec immobilisation du train à Sébikotane, évacuation des passagers et intervention des spécialistes des explosifs. Un départ de feu simulé nécessitait ensuite l’engagement des sapeurs-pompiers. Ces mises en situation visaient à éprouver la capacité des services à gérer plusieurs crises, tout en assurant la protection des délégations et la continuité des opérations.
Des restrictions sur l’autoroute le jour de l’ouverture
La gestion des déplacements constituera un autre défi. Pour la cérémonie d’ouverture du 31 octobre au stade Abdoulaye-Wade de Diamniadio, 50 000 spectateurs sont attendus. Selon les prévisions présentées le 6 octobre par le colonel Samba Diallo, de la Gendarmerie nationale, environ 15 000 devraient être acheminés par voie ferroviaire et 35 000 par la route. Une voie de l’autoroute sera réservée aux véhicules des délégations, des officiels et des secours, tandis que les autres resteront accessibles au public.
Des restrictions temporaires sont prévues pour les poids lourds, notamment entre 7 heures et 19 heures le jour de la cérémonie. Une surveillance du trafic en temps réel et des moyens d’intervention positionnés sur les principaux axes doivent accompagner ces mesures.
À l’échelle de Dakar, 166 mesures d’apaisement et de régulation ont été retenues. Elles concernent notamment la priorité accordée à certaines voies pour les bus des JOJ et les piétons, le maintien de la circulation des transports collectifs et la sécurisation des accès aux sites. Mouhamadou Makhtar Cissé prévient que les mesures de circulation et de contrôle entraîneront des contraintes.
Il appelle les populations à la patience et à la compréhension, tout en les invitant à signaler les comportements suspects aux forces de l’ordre. Le ministre assure toutefois que l’accueil des athlètes et des délégations ne détournera pas les services de leur mission première : protéger les populations sénégalaises. Du 31 octobre au 13 novembre, le dispositif devra donc sécuriser les Jeux sur les trois pôles d’accueil tout en maintenant les missions quotidiennes de sécurité.
CHEIKH THIAM






