Après le déluge, l’état d’urgence

Face aux fortes pluies et aux nouvelles précipitations annoncées, le Premier ministre a décidé de déclencher le plan d’urgence régional à Dakar. Un comité de veille est mis en place, des moyens financiers seront mobilisés pour les secours et la rentrée scolaire pourrait être décalée dans la capitale.
Le gouvernement passe à la vitesse supérieure. Réuni en urgence hier, lundi 5 octobre, autour du Premier ministre Ahmadou Al Aminou Lô, l’Exécutif a arrêté une série de mesures pour faire face aux conséquences des fortes pluies enregistrées durant le week-end. Au sortir de la rencontre, le chef du gouvernement a annoncé le déclenchement du plan d’urgence régional à Dakar et la mise en place d’un comité de veille chargé de suivre en permanence l’évolution de la situation. Cette décision intervient alors que les services météorologiques maintiennent un niveau de vigilance élevé.
Selon l’Anacim, une probabilité élevée de pluies demeure dans plusieurs zones du pays jusqu’au 14 octobre. Lors de la réunion, le Premier ministre a notamment évoqué de « fortes probabilités » de nouvelles précipitations entre mardi et mercredi.
La première réponse consiste donc à renforcer la surveillance. Le comité de veille institué par le Premier ministre devra travailler aux côtés de l’état-major déjà mobilisé pour la gestion des intempéries. L’objectif est de suivre l’évolution de la situation, d’anticiper les difficultés et de permettre une intervention rapide dans les zones exposées. Plusieurs points sensibles ont été identifiés dans la région de Dakar.
Le gouvernement cite notamment les axes autoroutiers, fortement perturbés par les eaux, la zone de captage et l’hôpital Philippe Maguilène Senghor à Yoff. Dans cet établissement, les eaux ont conduit à l’évacuation de certains malades vers d’autres structures sanitaires. La question de la continuité des services essentiels figure également parmi les priorités. Des dispositions doivent être prises en amont pour limiter les conséquences éventuelles des intempéries sur l’approvisionnement en eau et en électricité dans les zones à risque.
Des secours immédiats pour les sinistrés
Au-delà de la surveillance, le gouvernement veut accélérer l’assistance aux populations touchées. La ministre de la Famille, des Solidarités et de l’Action sociale a reçu instruction d’apporter « sans tarder » secours et appui aux sinistrés et aux personnes en situation de besoin. La distribution d’eau et de denrées alimentaires fait notamment partie des mesures annoncées. Le Premier ministre a également assuré que les moyens financiers nécessaires aux interventions d’urgence seront dégagés.
Il s’agit notamment de permettre aux services mobilisés de disposer des ressources nécessaires pour intervenir dans les zones sinistrées. La communication avec les populations doit, elle aussi, être renforcée. Un dispositif d’alerte a été annoncé afin d’informer les habitants des zones exposées et de maintenir la vigilance face à l’évolution de la situation.
La rentrée scolaire sous surveillance
Autre dossier directement affecté par les intempéries : la rentrée scolaire. Alors que les élèves doivent reprendre le chemin des classes le 8 octobre, le Premier ministre a demandé au ministre de l’Éducation nationale d’évaluer la situation dans les établissements et les zones touchées. La consigne est claire : si les conditions ne permettent pas une reprise normale, le gouvernement n’exclut pas de décaler la rentrée à Dakar. La décision dépendra de l’évolution de la situation sur le terrain. Cette possibilité donne une mesure supplémentaire de l’impact des intempéries. Après avoir perturbé la circulation, affecté des établissements sanitaires et sinistré plusieurs quartiers, les eaux menacent désormais de perturber le calendrier scolaire dans la capitale.
L’épisode remet également sur la table la question plus structurelle de l’assainissement. Après la réunion gouvernementale, Ahmadou Al Aminou Lô s’est rendu aux Parcelles Assainies, où une mère et son fils de quatre ans ont perdu la vie. Il y a rencontré la famille endeuillée et échangé avec les populations sur les mesures immédiates à prendre. Sur place, le Premier ministre a annoncé des interventions immédiates pour le pompage des eaux, tout en reconnaissant la nécessité d’une réponse de fond.
Il a évoqué un nouveau programme national d’assainissement d’un montant annoncé de 921 milliards de francs CFA, avec une intervention prioritaire dans les zones les plus difficiles, notamment à Dakar et à Touba. Cette annonce inscrit donc la réponse gouvernementale sur deux temporalités : l’urgence pour évacuer les eaux et secourir les populations, et le long terme pour traiter les faiblesses structurelles de l’assainissement. En attendant, le gouvernement appelle à la vigilance. Les prochaines 48 heures restent particulièrement surveillées, alors que de nouvelles précipitations sont annoncées sur plusieurs zones du pays.
Mamadou Diop






