Publié le 11 Feb 2026 - 11:06
SÉNÉGALAIS DÉTENUS AU MAROC

Me Patrick Kabou dénonce de graves entraves aux droits de la défense

 

La situation des dix-huit Sénégalais détenus au Maroc continue de susciter de vives inquiétudes. Dans une déclaration rendue publique, leur avocat, Me Patrick Kabou, dénonce une série d’irrégularités qu’il qualifie d’atteintes graves aux droits de la défense et aux garanties d’un procès équitable.

« Au moment où ces mots sont transmis, en tant qu’avocat constitué dans ce dossier, je ne dispose pas de la procédure », affirme-t-il d’emblée. Le conseil indique également qu’il lui est impossible de communiquer avec ses clients et qu’il est régulièrement empêché, au même titre que d’autres compatriotes, d’accéder au Tribunal de Première Instance de Rabat.

Selon lui, ces restrictions constituent une entrave manifeste à l’exercice normal de sa mission de défense. Me Kabou évoque par ailleurs des faits qu’il juge particulièrement préoccupants. Depuis ses dernières prises de parole publiques, les autorités auraient, selon lui, contraint les détenus à s’exprimer en français lors d’échanges téléphoniques avec leurs familles.

Une situation qu’il qualifie d’« incompréhensible », soulignant que la plupart des détenus ne maîtrisent pas le français et que rares sont les familles sénégalaises qui communiquent entre elles dans cette langue. Résultat : des conversations marquées par l’incompréhension, laissant les proches déconcertés face à des échanges difficiles à suivre.

Pour l’avocat, ces pratiques viseraient à empêcher les détenus de décrire avec exactitude leurs conditions de détention. Au-delà de ces éléments, Me Patrick Kabou dénonce une « absence totale de garantie de procès équitable » et un « non-respect des droits de la défense et des droits des détenus ».

Ces déclarations interviennent dans un contexte déjà marqué par de fortes tensions autour de cette affaire, qui mobilise aussi bien les familles que l’opinion publique. L’évolution du dossier et les conditions dans lesquelles se déroulera la procédure judiciaire restent désormais au centre des préoccupations.

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