Tricherie au baccalauréat

Les cas de fraude enregistrés lors de la deuxième journée du baccalauréat ont conduit à plusieurs interpellations dans différents centres d'examen de Dakar. Entre les commissariats de Point E et de la Médina, une dizaine de candidats ont été appréhendés pour avoir tenté de tricher à l'aide de téléphones portables et d'AirPods.
L'affaire la plus importante a été signalée au lycée Blaise Diagne, où la proviseure a alerté, aux environs de 8 heures, le commissariat d'arrondissement de Point E après la découverte d'un système de fraude particulièrement élaboré. Conduite au poste de police, une candidate en classe de Terminale L2 dans un établissement privé a reconnu les faits. Selon les déclarations de la surveillante, celle-ci a entendu, peu après la distribution des sujets, une voix masculine dicter les réponses de l'épreuve de français.
En s'emparant du téléphone, elle est tombée sur l'interlocuteur qui, croyant toujours parler à la candidate, lui a demandé de tousser pour confirmer sa présence avant de l'inviter à se rendre aux toilettes. Informé qu'il serait dénoncé à la police, il a immédiatement interrompu la communication. Entendue par les enquêteurs, la candidate a expliqué avoir préparé cette opération avec trois camarades réparties dans différents centres d'examen de Dakar.
Les policiers se sont aussitôt rendus dans les établissements concernés où les trois jeunes filles ont été interpellées. Selon les premiers éléments de l'enquête, elles étaient toutes en possession de téléphones portables et d'AirPods utilisés pour écouter les corrections des épreuves transmises en temps réel par un interlocuteur resté inconnu.
...Les mises en cause ont reconnu avoir versé, chacune, entre 19 000 et 20 000 francs CFA, via le service de paiement électronique Wave, afin de bénéficier de ce dispositif de fraude. Elles affirment toutefois ne pas connaître l'identité de la personne qui leur fournissait les réponses. Les enquêteurs ont adressé des réquisitions aux opérateurs de téléphonie ainsi qu'à Wave afin d'identifier et de localiser les organisateurs présumés de ce réseau. Les quatre candidates ont été placées en garde à vue pour fraude à un examen et association de malfaiteurs. Au commissariat de la Médina, d'autres cas de fraude ont également été enregistrés au cours de la même journée.
Au lycée John F. Kennedy, une candidate a été surprise par un surveillant alors qu'elle consultait un téléphone portable introduit frauduleusement dans la salle d'examen. Selon les informations recueillies, quatre cas de fraude ont été constatés dans cette circonscription durant la journée de mercredi. Plusieurs candidats ont été interpellés et les enquêtes se poursuivent afin de déterminer si ces faits sont liés au réseau découvert au lycée Blaise Diagne. Les investigations devraient notamment permettre d'identifier les personnes qui, depuis l'extérieur des centres d'examen, transmettaient les corrigés aux candidats contre rémunération. Ce système, fondé sur l'utilisation de téléphones dissimulés et d'écouteurs sans fil, laisse penser à une organisation structurée dépassant le cadre de simples initiatives individuelles.






