Publié le 11 Jun 2021 - 21:21
PECHE ARTISANALE ET MODERNISATION DU PARC PIROGUIER

La SIRN teste la première pirogue en fibre de verre d’une nouvelle usine

 

Mbour a été choisi pour effectuer des séries de tests sur la première pirogue construite par l’usine Al Matrouchi basée à Bayakh. Cela entre dans le cadre de la modernisation du parc piroguier initiée par la SIRN (Société des infrastructures et de réparation navale) qui a noué un partenariat avec cette entreprise des Emirats arabes unis, pour la fabrication de navires de dernière génération.

 

La problématique de la sécurité en mer des pêcheurs et la productivité de la pêche artisanale sont des thèmes qui sont au cœur des préoccupations des autorités. C’est dans ce cadre qu’un programme de renouvellement du parc piroguier a été initié par la Société des infrastructures et de réparation navale dirigée par Saliou Samb. Il consiste à la modernisation des pirogues en bois qui seront progressivement remplacées par des pirogues en fibres de verre.

Lancé depuis quelques mois, ce projet a commencé par des signatures de contrats entre la SIRN et des partenaires étrangers qui vont installer des usines pour la fabrication de ces nouvelles embarcations. Dans ce sens, l’entreprise Al Matrouchi, déjà installée à Bayakh, a produit sa première pirogue. Celle-ci a été proposée aux services de l'Anam (Agence nationale des affaires maritimes) pour lui faire subir une série de tests, en vue de sa mise en circulation.

L’opération s’est déroulée cette semaine à Mbour, devant le directeur général Saliou Samb, le Djaraf des lébous de Mbour, le coordonnateur du comité local de pêche artisanale et d’autres responsables du secteur.

 ‘’Cet exercice, a expliqué Saliou Samb, consiste à éprouver la pirogue, regarder ses failles, sa sécurité, afin de pouvoir l'homologuer. C’est un préalable avant la mise en circulation de ces pirogues’’. 

Bientôt une grande usine qui va fabriquer 100 pirogues par mois

Dans ce cadre, il informe que l’usine est venue renforcer le dispositif déjà installé par la SIRN, dans le sens de la modernisation des pirogues, pour une meilleure production et une meilleure sécurité en mer pour les pêcheurs sénégalais. ‘’C'est une usine qui est actuellement à Bayakh qui emploie près de 75 jeunes Sénégalais et va construire 20 à 35 unités par mois. C'est le groupe Al Matrouchi des Emirats arabes unis qui a mis sur place cette petite usine. Il compte construire, dans les mois à venir, une usine d'une capacité de 100 unités par mois, à Mbaling. Elle embauchera au moins 200 personnes issues des jeunes de Mbour, mais aussi des charpentiers qui seront d'ailleurs prioritaires, parce qu'ils vont abandonner leurs pratiques du bois pour aller dans la fabrication de pirogues en fibre de verre’’, assure Saliou Samb.

A l’occasion, Tapha Senghor a lancé un appel aux pêcheurs ‘’pour que ces derniers s'intéressent aux pirogues en fibre de verre, conscients que l'avenir de la pêche est dans ces nouvelles embarcations. Ce sont des pirogues fiables, insubmersibles et très résistantes. Donc, des embarcations qui peuvent assurer la sécurité en mer’’, a expliqué le coordonnateur du CLPA (Conseil local pour la pêche artisanale) de Mbour.

Dans la foulée, Saliou Samb, par ailleurs Président du Conseil départemental de Mbour, a profité de l’occasion pour offrir la pirogue à l’association Kourel Gui. ‘’J'ai décidé de leur offrir cette pirogue et un moteur. C'est une valeur de 8 millions de francs, avec tous les éléments de sécurité, la panoplie sécuritaire, pour leur permettre de continuer leur mission de sécurisation des plages de Mbour’’, renseigne-t-il.

D’après lui, l'association Kourel Gui, ‘’qui regroupe la bonne partie des jeunes pêcheurs et charpentiers, assure la sécurité du quai de pêche et de toutes les plages de Mbour. Cette association s'adonne aussi au sauvetage et à la sécurité des diverses embarcations qui sont sur place. Donc, mes partenaires et moi-même avons décidé de leur offrir cette pirogue qui va les aider à maintenir la sécurité en mer et de la plage de Mbour’’, a-t-il annoncé.

IDRISSA AMINATA NIANG

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