Le Sénégal mise sur l’aquaculture pour soutenir sa souveraineté alimentaire

La première édition du Salon international de l’aquaculture de Dakar s’est ouverte ce lundi. Entre un potentiel local en pleine croissance, l’expérience de l’Espagne, invitée d’honneur, et des perspectives mondiales ambitieuses, les acteurs du secteur entendent structurer une filière durable et créatrice d'emplois.
Pendant trois jours, le SIAq-Dakar rassemble 60 exposants : chercheurs, producteurs, investisseurs et institutions financières. Organisé par l’Agence nationale de l’aquaculture (ANA) en partenariat avec Atlantique Maritime, l'événement vise à faire émerger un véritable réseau économique autour de la filière. Pour le directeur général sortant de l’ANA, le Dr Samba Ka, ce rendez-vous doit permettre de concrétiser des projets et des partenariats à fort impact : « Le Sénégal et l’Afrique de l’Ouest disposent d’un potentiel aquacole exceptionnel.
Le SIAq constitue une opportunité unique de structurer les échanges, de valoriser les savoir-faire, de renforcer la coopération internationale et de promouvoir des solutions innovantes au service d’une aquaculture durable et d’une meilleure sécurité alimentaire. »
Un constat partagé par les acteurs privés engagés dans l'organisation de l'événement, à l'image de Saïd Memene, président d’Atlantic Mariculture : « Le SIAq est né de la conviction que l’Afrique doit disposer d’une plateforme de référence dédiée à l’aquaculture. En réunissant chercheurs, investisseurs, producteurs et décideurs publics, nous voulons accélérer l’innovation, favoriser les partenariats et contribuer à l’émergence d’une filière aquacole compétitive, durable et créatrice de valeur pour notre continent. »
L’aquaculture sénégalaise franchit ainsi un nouveau cap. À l’occasion de l’ouverture de la première édition du Salon international de l’aquaculture de Dakar (SIAq-Dakar), les acteurs nationaux et internationaux se sont réunis pour poser les jalons d'un secteur en pleine mutation.
En 2024, la production aquacole nationale s’est établie à 2 074 tonnes pour 3 045 emplois directs générés, avec un encadrement porté à 342 fermes. Des résultats qui témoignent d'une dynamique encourageante, comme l'a rappelé Ousmane Diagne, ministre auprès du ministre de l’Agriculture, de l’Élevage et de la Souveraineté alimentaire, chargé de l’Élevage : « Ces chiffres traduisent le potentiel d’une filière que nous voulons développer davantage pour renforcer notre souveraineté alimentaire, créer des emplois et soutenir la transformation économique.
L’aquaculture occupe une place stratégique dans notre ambition de souveraineté alimentaire, de création d’emplois et de transformation économique. » Pour répondre à ces ambitions, le ministre a appelé à « intensifier la production à travers l’innovation, l'investissement et les partenariats ».
Cette volonté locale s'inscrit dans un contexte global où la culture des ressources aquatiques prend une place prépondérante. Selon les données de la FAO citées par le ministre, l’aquaculture mondiale a représenté 102,7 millions de tonnes en 2024, soit 53 % de la production globale d’animaux aquatiques. Les projections annoncent une production mondiale de 214 millions de tonnes en 2034, dont 119 millions issues de l’aquaculture. L’Espagne, partenaire historique et pays invité d’honneur de ce premier rassemblement, marque sa présence avec plus de dix entreprises. Saluant la qualité de la coopération entre les deux nations, son ambassadrice au Sénégal, Maria Dolores Rios Peset, s'est montrée confiante quant aux perspectives d'avenir : « L’avenir de l’aquaculture au Sénégal est très prometteur. »
Évoquant des retombées positives attendues pour l'alimentation, l'emploi et l'exportation, la diplomate a précisé que le royaume d’Espagne souhaite désormais favoriser l’investissement direct de son secteur privé.
MAMADOU DIOP






