Cheikh Diop et Cie échappent à la prison, grâce à un vice de procédure
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Ouf de soulagement pour Codou Mbow, Cheikh Diop et Moussa Sy. Devant être jugé pour offre ou cession d’ecstasy, le trio échappe à une condamnation. A cause d’un vice de procédure soulevé par la défense, le tribunal ordonne leur libération.
A cause d’un vice de procédure concernant leur garde à vue, Codou Mbow, Cheikh Diop et Moussa Sy ont recouvré la liberté. Le trio, qui devait ainsi être jugé pour trafic d’ecstasy, l’a échappé belle, grâce à la perspicacité de leurs conseils. Ces derniers, tour à tour, ont fustigé l’attitude des enquêteurs qui se sont permis de rallonger la garde-à-vue de Cheikh Diop et Cie, trois jours après leur arrestation. Même s’ils ont mentionné l’autorisation du parquet de proroger la garde à vue, ils ont dépassé le délai de 48 heures.
Le maître des poursuites a, quant à lui, requis le rejet de leur demande. Mais finalement, le tribunal a donné raison, en ordonnant l’annulation de la procédure et la mise en liberté des comparants.
Les prévenus étaient tombés dans les mailles des filets des enquêteurs de la Section de recherches, le 15 août 2021, vers 4 h du matin. Ce, suite à une information faisant état d’un trafic intense de stupéfiants entre Ngor et Almadies. La source, plus explicite, dit aux enquêteurs qu’il y a un lien entre le fournisseur Cheikh Diop et le nommé Moussa Sy qui, lui, est le revendeur. Constamment en patrouille dans cette zone depuis plus d'un mois, les gendarmes ont pu constater qu'effectivement, Moussa Sy mène des activités douteuses dans la zone des Almadies et ses environs.
C’est ainsi que le dimanche 15 août 2021 vers 4 h, un rendez-vous téléphonique a été fixé par un supposé client. En attente aux environs du Casino de Ngor, en parfaite coordination avec le supposé acquéreur du jour qui faisait l'objet d'une surveillance permanente par les enquêteurs, Moussa Sy est tout bonnement sorti du véhicule de Cheikh Diop pour aller livrer la substance en forme de comprimés. C'est sur ces entrefaites qu'il a été surpris et appréhendé avec un sachet contenant 50 comprimés d'ecstasy supposé être de la drogue qu'il devait céder moyennant la somme de 325 mille F CFA.
Pour avoir plus d’informations sur le produit saisi, les enquêteurs ont allié enquête classique (audition, constatations, confrontations, etc.) et investigations scientifiques et techniques (analyse du produit par la police scientifique).
Ainsi, après l'analyse du prélèvement de la poudre blanche supposée être de la drogue, la conclusion suivante a été donnée : ‘’Stupéfiant comprimé d'ecstasy contenant du méthylène-dioxyde-amphétamine-chlorhydrate 100 %. Stimulant du système nerveux central.’’ Le laborantin a précisé que le chlorhydrate est un stupéfiant, de la drogue stimulante du système nerveux central.
Entendu sur les faits après son interpellation, Cheikh Diop reconnaît avoir acheté ces comprimés en Gambie, sur demande de sa copine, Codou Mbow, qui lui a vanté les éloges de la rentabilité de ce produit qu'il pouvait écouler à raison de 7 500 à 10 mille F CFA par comprimé. Toutefois, il déclare ignorer ses effets et ne savait pas que la vente était proscrite.
Quant à Codou Mbow, elle conteste avec véhémence les allégations de son ami Cheikh Diop. Née en 1983, cette mère célibataire jure qu’elle est innocente dans cette affaire de vente d'ecstasy. Elle réfute toute cession à titre onéreux du produit.
Retrouvé en possession des comprimés, Moussa Sy a tenté de les avaler, dès l’arrivée des gendarmes. Il a, par ailleurs, déclaré avoir reçu le produit des mains du sieur Cheikh Diop dont il venait de faire la connaissance par l'intermédiaire de Codou Mbow, principale organisatrice de ce trafic.
Leur audition terminée, ils ont tous été placés sous mandat de dépôt. Mais à cause d’un vice de procédure, cette affaire ne sera pas élucidée.
MAGUETTE NDAO