Publié le 21 Nov 2022 - 19:50
LE MINISTRE MOUSSA THIAM CHARGE ENCORE PAN

"Il n'a même pas de carte de presse"

 

Lors du vote du budget du ministère de la Communication, des Télécommunications et de l'Économie numérique, l’arrestation du journaliste Pape Alé Niang a été au cœur des débats. Si pour les députés de la coalition au pouvoir, le directeur de publication de Dakarmatin mérite cette arrestation pour avoir diffusé des secrets d’État, tel n’est pas le cas pour ceux de l’opposition qui parlent de recul démocratique ou de liberté de la presse en danger. 

Dans ce sens, pour un apaisement de la situation, le député Malick Kébé a demandé que le ministre Moussa Bocar Thiam puisse peser de tout son poids pour que le journaliste Pape Allé Niang puisse être relâché. "PAN est une valeur sûre de cette presse. Il est un homme conscient. Par conséquent, il doit être libéré. Nous vous invitons à jouer de votre poids pour qu’il puisse être relâché et qu'il retourne dans sa famille. La prison n’est pas sa place. On ne peut pas être dans un monde sans communication. C'est impossible. Donc, je fais ce plaidoyer pour la liberté imminente du journaliste Pape Allé Niang", a souhaité l’honorable député Malick Kébé.

Mais il faut dire que le ministre a été sourd à cet appel. "Il ne faut pas qu'il y ait de l'amalgame. Il faut respecter les normes. Ce n'est pas parce que vous êtes journaliste que vous pensez tout vous permettre. L’investigation, ce n’est pas des injures, des calomnies, de dépeindre le Sénégal dans l'international. Ce n'est pas de toujours tiré sur un seul camp. Tous les Sénégalais sont témoins des faits et gestes de Pape Allé Niang. Tous les Sénégalais peuvent le juger. Son combat n'est pas celui d'un journaliste. Il n'est pas journaliste, car, au moment où je vous parle, il n'a même pas de carte de presse. Il a laissé le journalisme depuis, pour se lancer dans la politique. Le combat des jeunes reporters aussi n'est pas de suivre PAN, mais de se battre contre la précarité", a balayé le ministre de la Communication, des Télécommunications et de l'Économie numérique.

Par ailleurs, le député Ibrahima Diop a plaidé pour qu'on criminalise le 3e mandat. "Il est temps qu'on criminalise l'apologie du 3e mandat, sinon cette histoire va encore faire des morts d'hommes. Il (Macky Sall) a déjà fait ses preuves durant ses deux mandats. C'est fini pour lui, vu qu'il a déjà fait ses deux mandats. Il faut que cela soit clair pour lui et ses députés : plus de mandat", a indiqué Ibrahima Diop en colère.

 

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