Publié le 23 Mar 2023 - 14:24
TROISIÈME CANDIDATURE DU PRÉSIDENT MACKY SALL

Le Cecar en bouclier

 

C’est avec stupéfaction que le Cercle des cadres de la République des valeurs-Réewum Ngor (Cecar) a pris connaissance des déclarations du président de la République Macky Sall dans les colonnes de la presse étrangère. À travers un communiqué, cette composante de l'opposition s'est particulièrement intéressée à la partie où le président évoque sa troisième candidature à la Présidentielle de 2024.

 

"Le Cecar dénonce et fustige l’attitude de Macky Sall avec toute la rigueur qui sied. Quoi qu'il en coûte, le Cecar et l’ensemble du parti sont prêts à mener le combat contre la 3e candidature", lit-on d'emblée sur l'adresse de cette composante du parti de Thierno Alassane Sall, plus que jamais opposé à toute tentative de troisième mandat de Macky Sall. Selon le Cecar, le président de la République a fait du rétropédalage. Il exprime sa déception en ces termes : "Cette déclaration du président de la République est une trahison au peuple sénégalais, d’une part, et une trahison de sa propre parole, d’autre part. C'est aussi une trahison à nos ancêtres, qui considéraient la parole, ‘kaddu’, comme sacrée. C'est une trahison à l'œuvre de Thierno Souleymane Baal."

Pour le Cecar, cette sortie est une "provocation de plus à l’adresse des 17 millions de Sénégalais". S’il aurait oublié, le Cecar rappelle à Macky Sall que le 23 juin 2011, beaucoup de Sénégalais ont perdu la vie en "manifestant leur désaccord au 3e mandat que le président Abdoulaye Wade a voulu briguer’’.

Pour contrecarrer le locataire du palais, la République des valeurs veut miser sur un grand rassemblement, comme on peut le lire sur l'adresse. "La seule exigence du Cecar est de former une plateforme la plus large possible, unique, regroupant l’ensemble des forces vives de la nation (partis politiques, syndicats, société civile, associations, activistes, mouvements citoyens et républicains…)".

Sur le plan juridique, les partisans de Thierno Alassane Sall ne manquent pas aussi d'arguments. Selon eux, la question du nombre de mandats "n’a jamais fait l’objet d’une décision du Conseil constitutionnel en 2016. La question ne se posait plus, dès lors qu’elle a été déjà réglée par le référendum de 2001 et consolidée par celui de 2016". Poursuivant avec une certaine ironie, le Cecar déclare : "Macky Sall veut s’en sortir par une pirouette, mais la ficelle est tellement grosse qu’elle ne passera pas."

Politique socioéconomique 

Le Cecar de poursuivre : "Depuis plusieurs mois, la situation de notre pays est extrêmement inflammable, exacerbée par les positions belliqueuses des uns et des autres. Le seul et unique responsable de cette situation reste Macky Sall avec sa cour arrogante. Au lieu de s’atteler à régler les problèmes quotidiens structurels et conjoncturels de nos compatriotes, conformément à sa prestation de serment, il joue au petit tacticien politique."

Enfin, selon les cadres de la République des valeurs, "Macky Sall a creusé le déficit public de notre pays, il a endetté le Sénégal entre 2012 et 2022 de plus 11 000 milliards. Il a davantage transformé en nébuleuses les fonds politiques du palais, de l’Assemblée nationale, du Conseil économique, social et environnemental et du Haut conseil des Collectivités territoriales, alors qu’il avait vendu aux Sénégalais une gestion sobre et vertueuse. Aucune ligne budgétaire dans la loi de finances du Sénégal ne permet de voir la traçabilité de ces fonds".  

Selon eux, l’éducation nationale est en état de déshérence avancée, le chômage est endémique, la situation sanitaire est moyenâgeuse, l’iniquité territoriale est une réalité visible dans les profondeurs du pays ; l’urbanisation sauvage est démentielle, l’urgence climatique et environnementale est absente des politiques publiques, la corruption a fini de diffuser ses métastases dans notre société, avec des hautes autorités qui détournent nos maigres deniers publics comme pour les fonds Force-Covid. La concussion, la prise illégale d'intérêts et la corruption constituent le clou du spectacle et la justice tarde à édifier le peuple. ‘’Les scandales fonciers ne sont suivis d’aucune judiciarisation’’, constatent-ils.

DIANA DIA (STAGIAIRE)

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