Publié le 3 Apr 2026 - 13:45
IDÉES CONTRE INVECTIVES

Les orientations de Diomaye président

 

Après le choix de Aminata Touré pour restructurer la coalition qui porte son nom, à la suite de la mise en place des mouvements de jeunes et de femmes, Diomaye tient son mouvement des cadres et les engage à imposer le débat des idées, pour barrer la route aux invectives.

 

“Un seul cœur, une seule voix, un seul cap : soutenir le président Bassirou Diomaye Faye pour l’avancement du Sénégal.” Voilà le slogan lancé hier par la superviseure générale de la coalition Diomaye président, à l’occasion du lancement de la cellule des cadres de la coalition. Les responsables sont revenus sur le bilan des deux ans du Président, installé le 2 avril 2024.

Pour Mme Aminata Touré, beaucoup de choses ont été faites durant ces deux dernières années. Si certains ne voient que le bilan matériel, la haute représentante du chef de l’Etat à mis le curseur sur l’aspect immatériel. “Le bilan matériel est extrêmement important. La stabilité d’un pays, la stabilisation d’un pays, c’est beaucoup de travail, de beaucoup d’acteurs, et il faut en prendre en compte dans le bilan. Il suffit d’une crise sur les questions immatérielles comme on l’a vécu d’ailleurs entre 2021 et 2024, et on en oublie le bilan matériel”, a-t-elle expliqué.

Pour Me Abdoulaye Tine, coordonnateur du think tank des cadres,  ces deux ans ont été très intenses, avec de belles réalisations aussi bien sur le plan matériel qu’immatériel. C’est deux ans de rupture assumée, deux ans de réforme structurelle, deux ans de souveraineté retrouvée, a magnifié le président du Conseil d’administration de la Société de gestion du patrimoine bâti de l’Etat.

Une armée de débatteurs 

A en croire Me Tine, durant ces deux ans, le Sénégal a montré à la face du monde qu’un autre chemin est possible. “C’est dans cette dynamique que nous créons cette structure des cadres. Non pas pour faire de la figuration, non pas pour occuper l’espace médiatique, mais pour outiller la réflexion stratégique, anticiper les défis et accompagner l’action présidentielle avec rigueur méthode et loyauté“, souligne l’avocat.  

Recentrer le débat autour du savoir et des idées pour faire taire définitivement ceux qui n’ont aucun savoir. C’est le vœu de Dr Abdourahmane Diouf, ministre de l’Environnement. Pour lui, le think tank mis en place doit être une force de proposition. Il doit aussi travailler à rendre visible le travail remarquable que le président de la République est en train de mettre en œuvre. “Aujourd’hui, le débat politique est très pollué, il a perdu beaucoup de sa superbe. Il faut remettre le savoir au cœur du débat. Cela va permettre de faire taire ceux qui ne savent rien et qui n’ont que l’insulte et les invectives à la bouche”, souligne le ministre de l’Environnement.

 Appel au courage et à l’engagement

Pour ce faire, il faudra des intellectuels courageux, prêts à faire face aux insultes et intimidations de plus en plus fréquentes dans l’espace public. Pour Aminata Touré, le think tank doit être un mouvement de rupture, ayant pour vocation de changer définitivement le ton du discours politique dans ce pays. Elle ajoute : “Les intellectuels ont eu la tradition de façonner le discours politique. Malheureusement, ils ont choisi à un moment, lorsque les choses deviennent dures, de se retirer pour ne pas se faire insultés, lynchés, mais il est temps que les intellectuels retrouvent leur courage, parce que c’est une question de courage….”

Selon l’ancienne première ministre, il y a, dans l’espace public, des gens qui, de façon très organisée, réfléchissent à pousser les intellectuels hors du champ public. Pour elle, ils sont minoritaires mais très organisés. “… Parce qu’évidemment, les intellectuels arrivent à identifier la manipulation. Ils mettent sur la table et dans la conscience des citoyens les faits justes et réels. Ils ne se laissent pas facilement bernés. Et ils sont capables d’éveiller les consciences populaires”, a insisté la collaboratrice du Président. Il est du devoir de tous les patriotes, selon elle, de faire face, pour la sauvegarde des acquis démocratiques.

“Nous devons nourrir le débat public, renforcer les décisions présidentielles par des idées solides en donnant des faits, en démontant des inventions. Cela est extrêmement important. Parce que nous sommes à l’ère des fake news qui peuvent devenir dominantes et desservir les politiques qui n’ont pour mission que de faire avancer leurs pays”, plaide la superviseure de la coalition Diomaye président.

La différence entre une aventure et un véritable projet…

Le souhait de Aminata Touré avec cette nouvelle instance de soutien à l’action du président, c’est de travailler dans la durée en s’appuyant sur les idées. “C’est cela la différence entre une aventure et un véritable projet de transformation sociétal”, raille-t-elle, avant d’ajouter : “Il nous faut tendre la main aux jeunes, préparer la relève, identifier les talents, faire émerger les compétences d’aujourd’hui et de demain. Pour éviter justement que ceux qui n’ont ni compétence ni aptitudes monopolisent le débat public et influencent, de manière négative, l’opinion publique. C’est cela la politique, la politique sérieuse.”

S’adressant aux membres du think tank, elle dit : “Nous n’attendons pas juste une adhésion factice ou de façade, se déclarant cadres. Ce que nous souhaiterions, c’est de la compétence. Venez avec ce que vous savez tous faire. Il nous faut de la loyauté, de la loyauté de fond, celle qui tient dans les moments difficiles….”. Les moments difficiles, selon Mme Touré, c’est aujourd’hui au quotidien, avec des attaques de gens parfois courageusement installés derrière des formes de protection institutionnelle, parfois derrière l’anonymat de leurs claviers. “C’est au quotidien qu’il faut affronter ces difficultés”, met elle en garde.

Diomaye, un président qui réussit sans brutalité  

Pour sa part, Abdourahmane Diouf a souligné que son camp est ouvert à tout le monde. “Ce n’est pas aux autres de déterminer avec qui on doit être ou pas ; ce n’est pas aux autres de nous déterminer le classement de notre équipe. Tous ceux qui se sentent investis d’une mission de venir accompagner le président de la République, tous ces gens sont les bienvenus”, insiste Diouf, convaincu que les prochaines joutes électorales se gagneront sur le plan des idées, pas des invectives.

Le conclave a aussi permis de revenir sur les vertus du chef de l’État peint comme un président humble, juste, qui a envie de remettre le pays sur les rails, de transformer ce pays sur tous les plans, un homme qui n’est pas brutal. “Il a redressé l’État sans brutalité et je souligne sans brutalité”, souligne la superviseure générale. Il est engagé dans une opération de réconciliation des sénégalais avec leurs institutions. Il a reconquis notre souveraineté diplomatique avec de beaux succès à la clé comme la présidence de la commission de la Cedeao pour les six prochaines années…”

MOR AMAR

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