Publié le 25 Jul 2024 - 13:24
LUTTE CONTRE LES MALADIES NON TRANSMISSIBLES

Le Sénégal lance son "STEPS 24"

 

Le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les affections respiratoires chroniques et les troubles mentaux et neurologiques sont responsables de 45 % des décès au Sénégal. Pour disposer de données fiables sur ces maladies non transmissibles et mieux les combattre, le Sénégal va mener une étude intitulée "STEPS 24".

 

Hier, lors de la cérémonie de lancement de la formation du personnel chargé de l’enquête nationale sur les facteurs de risque des maladies non transmissibles "STEPS 24", le secrétaire général du ministère de la Santé et de l'Action sociale (MSAS) a rappelé que les maladies non transmissibles (MNT), responsables, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), de 74 % des décès dans le monde et de 45 % des décès au Sénégal, engendrent des pertes économiques significatives en raison de leurs coûts élevés de soins et de la baisse de productivité qu’elles provoquent.

La lutte contre les MNT, d'après Serigne Mbaye, est une priorité pour le MSAS et la disponibilité de données est plus qu’urgente pour évaluer et orienter les politiques publiques du Sénégal. L’OMS, selon lui, a identifié cinq groupes de maladies non transmissibles majeures : le diabète, les maladies cardio-vasculaires, les cancers, les affections respiratoires chroniques et les troubles mentaux et neurologiques.

Ces maladies, a-t-il expliqué, ont en commun des facteurs de risque (alimentation trop sucrée, trop salée et trop grasse, tabac, alcool, inactivité physique et pollution atmosphérique).

Consciente du besoin mondial de données sur les facteurs de risque des MNT, l'OMS a lancé l'approche STEPS en 2002, dont les principaux objectifs sont d'orienter la mise en place de systèmes de surveillance des facteurs de risque dans les pays, de fournir un cadre et une approche afin de renforcer la disponibilité des données pour aider les pays à surveiller et à évaluer leurs politiques et programmes, de déterminer le profil des populations les plus exposées à ces facteurs de risque, de permettre la comparabilité entre les populations et de suivre les tendances dans le temps de ces facteurs.

La première enquête nationale sur les facteurs de risque des principaux MNT utilisant cette approche STEPS, a été réalisée au Sénégal en 2015 chez les personnes âgées de 18 à 69 ans.

Cette première enquête, importante pour le pays, d'après le SG, avait révélé une prévalence de l’hypertension artérielle de 29,5 %, du diabète de 3,4 % et d’autres informations essentielles sur la santé orale, sur l’activité physique et sur le dépistage des lésions précancéreuses du col de l’utérus. "Cela a permis au pays de développer des stratégies pour contrôler ces maladies, notamment avec la mise en œuvre de plans stratégiques intégrés de lutte contre les MNT et de santé bucco-dentaire. Le STEPS 2024 du Sénégal embrasse plusieurs pathologies en raison d’un besoin crucial pour le pays d’avoir des données de base. Ainsi, les plus hautes autorités fondent un espoir sur la qualité des données qui seront collectées sur le terrain. Aussi, je voudrais demander à tous les enquêteurs de se concentrer et de donner le meilleur d’eux-mêmes pour un travail de qualité. Je vous engage à ne ménager aucun effort pour la réussite de cette activité et à être fier de participer activement à faire reculer ces maladies qualifiées de ‘tueurs silencieux’", a soutenu Serigne Mbaye.

Pour le chef de la Division de lutte contre les maladies non transmissibles, l'enquête aura lieu entre août et septembre prochains et 150 enquêteurs vont aller dans les ménages. Il s'agit de médecins, d’infirmiers, de sages-femmes et d’agents enquêteurs, tous du MSAS.

D'après le docteur Malick Anne, cette enquête permettra de connaître la prévalence de l'hypertension artérielle et combien de Sénégalais aujourd'hui sont atteints de cette maladie. "Nous voulons avoir des données concernant le diabète, la consommation d'alcool, la consommation de tabac. Nous voulons avoir des données concernant l'activité physique. Nous voulons avoir des données concernant l'obésité, la consommation de fruits et de légumes. Mais en dehors de cela, nous allons aussi évaluer la santé mentale. Aujourd'hui, beaucoup de Sénégalais sont stressés. Il faut avoir ces données pour pouvoir évaluer leur état d'esprit. Au-delà, nous allons également recueillir des données concernant l'acuité visuelle, les fonctions sensorielles, l'acuité auditive. Nous voulons aussi avoir des données concernant les traumatismes et la violence. Aujourd'hui, vous savez que les accidents de la voie publique constituent un fléau majeur pour notre pays. Donc, toutes ces données sont importantes pour permettre une meilleure planification et, dans les cinq prochaines années, pour déterminer comment le Sénégal va agir pour contrôler ces maladies", a confié le Dr Anne. Selon lui, des régions du Sénégal seront touchées avec 480 districts de recensement pour enquêter auprès de 7 203 personnes.

CHEIKH THIAM

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