Le Frapp appelle à l’application de la doctrine de la dette odieuse
Le Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine (Frapp) plaide pour l’application de la doctrine de la dette publique du Sénégal. Dans un communiqué publié sur la page Facebook de l’organisation, les signataires estiment que la dette dite « cachée » du pays, évaluée par le Premier ministre à 7 666 milliards de FCFA, a été contractée en violation des dispositions légales et réglementaires en vigueur.
Le Frapp salue, par conséquent, la prise de position du chef du gouvernement à l’Assemblée nationale sur la question de la dette publique. Selon le mouvement, cette déclaration marque « une avancée importante dans la reconnaissance politique de la gravité de la situation ». Le Premier ministre a souligné que ce montant aurait pu servir à financer des besoins essentiels du pays, tout en s’interrogeant sur la destination réelle des ressources mobilisées.
Le Frapp rappelle être la première organisation au Sénégal à avoir officiellement mis sur la table la doctrine de la dette, à travers un communiqué daté du 27 mars 2025. À l’époque déjà, le mouvement invitait les autorités à s’appuyer sur cette doctrine juridique et politique pour faire face aux créanciers concernés, notamment les banques locales.
Dans son nouveau texte, l’organisation réitère cette invitation, estimant qu’« il est inacceptable que les populations sénégalaises paient les pots cassés d’une dette contractée à leur insu ».
Le communiqué revient également sur l’évolution de l’encours de la dette, passé, selon les chiffres évoqués, de 39 % du PIB en 2012 à 119 % en 2024. Pour le Frapp, cette trajectoire impose une analyse « rigoureuse et exhaustive ». L’organisation estime que l’examen ne doit pas se limiter à la période 2019–2024, mais couvrir l’ensemble de la séquence 2012–2024, afin d’évaluer l’évolution de la dette après les initiatives internationales d’allègement telles que le programme PPTE (Pays pauvres très endettés) et l’Initiative d’Allègement de la dette multilatérale (IADM).
Le mouvement rappelle par ailleurs qu’une gestion active de la dette, « aussi ingénieuse soit-elle », ne saurait effacer l’ardoise, mais en reporter le poids sur les générations futures.
Dans cette perspective, le Frapp réaffirme sa proposition d’un audit approfondi de la dette. L’objectif serait de déterminer la chaîne des responsabilités, d’identifier la part « illégale, illégitime et odieuse » de la dette, de vérifier la destination effective des fonds et de formuler des recommandations en vue d’une répudiation ou d’une renégociation des dettes incriminées.
L’organisation appelle enfin à une mobilisation des forces sociales, étudiants, syndicats, paysans et travailleurs, afin que les ressources issues d’une éventuelle annulation de la dette odieuse bénéficient directement aux populations.
Se disant disponible pour collaborer « dans un esprit de responsabilité citoyenne », le Secrétariat exécutif national du Frapp affirme qu’il s’agit d’un « devoir historique » d’agir, au nom des générations présentes et futures.







