Une motion de confiance sur fond de violents affrontements

L'Assemblée générale du PS a viré au chaos, ce samedi 13 juin 2026. Alors qu'une aile du parti a réussi à acter une "motion de confiance" en faveur d'Aminata Mbengue Ndiaye, les partisans d'Alioune Ndoye ont bloqué les accès, dénonçant un filtrage illégitime. Jets de pierres, gaz lacrymogènes et vitres brisées ont finalement forcé l'annulation des travaux, illustrant la fracture profonde qui paralyse la formation de Senghor.
Une réunion de relance qui vire au chaos
Le Parti Socialiste (PS) traverse une zone de fortes turbulences. L'Assemblée générale qui devait se tenir ce week-end à Dakar, initialement consacrée à la relance et à la redynamisation de la formation politique, a brutalement avorté. À peine les portes ouvertes, la Maison du Parti s'est transformée en un véritable théâtre d'affrontements entre militants de tendances rivales.
Devant l'escalade de la violence — marquée par des jets de pierres, l'utilisation de gaz lacrymogènes et de nombreuses vitres brisées —, les responsables ont été contraints de suspendre puis d'annuler les travaux.
À l'origine de cette étincelle : l'arrivée sur les lieux du responsable socialiste Alioune Ndoye, accompagné de l'ancien ministre Serigne Mbaye Thiam et de leurs partisans. S'étant vu refuser l'accès à la salle de réunion dans un premier temps, ces derniers ont vivement contesté le dispositif de filtrage, mettant le feu aux poudres.
Le coup de gueule d'Alioune Ndoye contre les "gros bras"
Saluant la détermination de ses troupes face à ce blocage, Alioune Ndoye ne cache pas sa colère face à ce qu'il qualifie de dérive managériale au sein de sa propre famille politique : « On ne peut pas vous remercier assez. Il y a des gens qu'on a payés, ils ont passé ici la nuit, mais lorsque vous êtes arrivés, on a pu avoir ce qu'on veut. Si on est là, c'est parce qu'on ne veut pas faire comme les autres. Aller chez soi, attendre qu'on te dise que tout est OK, pour pouvoir venir ».
Le responsable d’ajouter : « Quand on prend la maison du parti et qu'on la confie à des gros bras qui ferment les portes pour filtrer l'entrée des militants, ça, nous l'avons trouvé inacceptable. C'est tout ce qu'on a demandé. On a dit que le militant a la liberté d'entrer dans sa maison du parti, on n'en est même pas encore à la réunion elle-même. Celle-là, on allait savoir comment la gérer. Mais mettre des individus qui filtrent l'entrée des militants accompagnés de gros bras, on a dit ça, on ne peut pas l'accepter. »
Pour le leader contestataire, aucun militant socialiste ne devrait être trié sur le volet pour accéder à la maison commune.
La réplique des légitimistes : Confiance à Aminata Mbengue Ndiaye et sanctions à venir
Malgré le chaos ambiant, les Secrétaires généraux de coordination du PS ont tout de même réussi à formaliser une "motion de confiance, de soutien et de mobilisation". Dans ce document officiel daté du 13 juin 2026 et rapporté par Louis Thomas Ciss, ils réaffirment leur "attachement indéfectible aux valeurs fondatrices du socialisme".
Face à la fronde, les signataires de la motion font bloc derrière la direction actuelle : les Secrétaires généraux de coordination "renouvellent leur confiance pleine et entière à la Secrétaire générale, Madame Aminata Mbengue Ndiaye, et lui expriment leur soutien dans la conduite des affaires du Parti".
Toutefois, la direction ne compte pas en rester là face aux perturbations de la journée. Le texte condamne "avec la dernière énergie, les actes de violence, de vandalisme et de provocation gratuite perpétrés par certains camarades pour bloquer le déroulement normal de cette réunion".
En guise de réponse, l'Assemblée Générale élargie demande désormais "l'application urgente de toutes les sanctions appropriées, pour promouvoir la discipline et la stabilité du Parti".
Le spectre d'une implosion historique
Alors que la motion conclut sur un "appel solennel à tous les socialistes afin qu'ils se rassemblent autour de l'essentiel", la réalité du terrain montre un fossé qui semble désormais difficile à combler.
Cette nouvelle poussée de fièvre met en lumière les profondes divergences structurelles et de leadership qui paralysent le Parti Socialiste, à l'approche de ses prochaines échéances statutaires. Entre menaces de sanctions disciplinaires et accusations de déni démocratique, l'unité des Verts de Colobane n'a jamais semblé aussi fragile.
MAMADOU DIOP






