Publié le 4 May 2026 - 11:25

Incendie criminel

 

"Les jaloux détruisent ce qu'ils sont incapables de créer". Cette célèbre citation de Paul Guth colle bien avec ce qui s'est passé à Grand-Yoff, il y a de cela quelques jours. En effet, les limiers de cette partie du département de Dakar ont interpellé une dame pour des faits d’incendie criminel, destruction de biens appartenant à autrui, mise en danger de la vie d’autrui et violation de domicile avec usage de clé.

Dans la journée du 29 avril 2026, en début d'après-midi, s’est présenté spontanément au commissariat d'arrondissement de Grand-Yoff, le nommé D. Diedhiou qui a déclaré que son studio à usage d’habitation, sis au quartier Arafat Grand-Yoff, avait été la proie de flammes. Transportés sans délai sur les lieux aux fins de constatations d’usage, l’équipe du service a observé un immeuble de type R+2 abritant plusieurs familles.

Le sinistre s’est déclaré au premier étage, dans le studio de la victime, où les riverains s’employaient activement à circonscrire l’incendie. Une fois les émanations de fumée dissipées, l’inspection des lieux a permis de déterminer que le local est composé d’une chambre, d’une salle de bain et d’une cuisine. La quasi-totalité du mobilier et des équipements a été consumée (téléviseur 75 pouces, literie, four à micro-ondes, réfrigérateur, etc.). Le réseau électrique est entièrement calciné. Les parois murales de la salle de bain et de la cuisine présentent d’importantes traces de carbonisation par dépôts noirâtres.

Les premiers témoignages recueillis sur place, selon nos informations, font état du départ suspect d'une femme de teint noir et de taille moyenne, peu après le déclenchement de l'incendie. L’exploitation des dispositifs de vidéoprotection d’une structure privée, située aux abords immédiats, a permis d’isoler une séquence montrant la suspecte. Visionnée par la victime, celle-ci a formellement identifié son ex-compagne, avec laquelle elle a récemment rompu. Les investigations techniques (réquisitions aux fins de géolocalisation) ont confirmé la présence de la suspecte sur les lieux au moment des faits, avant de borner aux Parcelles Assainies, au niveau d’un établissement de restauration. Elle a été interpellée le lendemain 30 avril, sur son lieu de travail aux Parcelles assainies.

Elle répond au nom de A. Sène. Née en 1990, elle est serveuse. Interrogée sur les faits, elle a initialement opté pour une dénégation systématique. Toutefois, confrontée aux éléments techniques et aux preuves matérielles, elle est passée aux aveux circonstanciés. Elle a admis avoir entretenu une relation amoureuse intense avec le plaignant durant trois mois. Elle déclare avoir surpris ce dernier, pendant le mois de Ramadan, en compagnie d'une autre femme, ce qui a entraîné leur rupture.

Elle soutient que dans la nuit du 28 avril 2026, le plaignant s'est rendu dans son restaurant accompagné de sa nouvelle partenaire, par ailleurs sa collègue. Se sentant humiliée par les railleries du couple, elle a déclaré avoir passé une nuit de colère après son service.

Le lendemain, mûrissant un projet de vengeance, elle s'est introduite dans le domicile de la victime en utilisant un double des clés conservé indûment après leur séparation.
Elle a reconnu avoir volontairement bouté le feu à l'intérieur du local avant de quitter précipitamment les lieux, pensant échapper à toute identification.
Elle a été placée en garde à vue.

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