Publié le 24 Jul 2026 - 12:04
LITIGE FONCIER À NGAPAROU

L’action contre Aziz Ndiaye déclarée prescrite

 

Le tribunal correctionnel de Dakar a mis fin, ce jeudi 23 juillet 2026, aux poursuites engagées par Awa Baldé contre l’homme d’affaires Aziz Ndiaye dans un différend portant sur une transaction foncière conclue en 2018. La juridiction a retenu la prescription de l’action publique, sans se prononcer sur le fond des accusations.

 

Le contentieux judiciaire opposant Awa Baldé à Aziz Ndiaye a connu, ce jeudi 23 juillet, son dénouement en première instance. Le tribunal correctionnel de Dakar a déclaré prescrite l’action publique engagée contre l’homme d’affaires dans le dossier relatif à la vente contestée d’un terrain situé à Ngaparou.

Cette décision entraîne l’extinction des poursuites pénales, les faits litigieux remontant à 2018 alors que la procédure n’a été engagée que plusieurs années plus tard.  L’affaire trouve son origine dans une transaction immobilière dont les deux parties donnent des versions divergentes. Awa Baldé soutenait avoir conclu avec Aziz Ndiaye un accord portant sur la cession du terrain et la livraison d’une villa clé en main, pour une valeur globale qu’elle estimait supérieure à 125 millions de francs CFA. Elle affirmait n’avoir perçu qu’une partie de la somme convenue et ne jamais avoir reçu la villa promise.

Aziz Ndiaye a contesté cette version. Le dirigeant d’Aziz Business Company affirme que la transaction portait sur un montant de 50 millions de francs CFA, correspondant au prix mentionné dans l’acte de vente. Il soutient avoir intégralement réglé cette somme, en plus des frais liés à la mutation du bien. Il nie également avoir pris un quelconque engagement concernant la construction ou la livraison d’une villa. Selon les éléments rapportés lors des précédentes audiences, le terrain appartenait à l’ancien époux d’Awa Baldé, qui aurait agi dans la transaction sur la base d’une procuration. La plaignante avait saisi le Pool judiciaire financier pour des faits présumés d’escroquerie et d’abus de confiance. Après une enquête confiée à la Division des investigations criminelles, le parquet financier avait classé la procédure sans suite pour insuffisance de charges en décembre 2025. Elle avait ensuite porté l’affaire devant le tribunal correctionnel par voie de citation directe.

Une bataille sur la qualification du litige

Au cours des débats, les conseils d’Aziz Ndiaye ont soutenu que le différend était de nature civile et contractuelle, et non pénale. Ils se sont appuyés sur l’acte de vente et des décharges attribuées à Awa Baldé pour défendre la thèse du paiement intégral du prix officiellement convenu. La défense a surtout soulevé l’exception de prescription. Les avocats ont fait valoir que la transaction contestée datait de 2018, tandis que les poursuites avaient été introduites en 2025. Le tribunal a accueilli cet argument et constaté l’extinction de l’action publique. Cette décision ne constitue toutefois pas un jugement sur la réalité des engagements allégués par l’une ou l’autre partie. En retenant la prescription, la juridiction n’a pas tranché le fond du litige ni départagé les versions contradictoires concernant le prix réel de la transaction et la villa que la plaignante affirme avoir obtenue dans l’accord.

Dans sa citation directe, Awa Baldé avait initialement réclamé 475 millions de francs CFA à titre de dommages et intérêts. Aziz Ndiaye avait, de son côté, engagé une procédure pour dénonciation calomnieuse, estimant que les accusations avaient porté atteinte à son honneur et à sa réputation. Il réclamait 300 millions de francs CFA en réparation. Les comptes rendus consultés sur la décision du 23 juillet ne précisent pas le sort réservé à cette procédure distincte. Ainsi, le jugement rendu ce jeudi met fin au volet pénal introduit par Awa Baldé contre Aziz Ndiaye, non en raison d’une décision sur le bien-fondé des accusations, mais du délai écoulé depuis la transaction à l’origine du différend.

M. DIOP

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