Publié le 24 Sep 2026 - 11:26
AFFAIRE KHADIM BA - TRANSACTION AVEC LA DOUANE  

Me Massokhna Kane évoque un accord à un milliard

 

Invité de l’émission « Grand Témoin » d’Evenprod Médias, ce mardi, Me Massokhna Kane est revenu sur la libération de son client Khadim Ba et sur la transaction intervenue avec la Douane. L’avocat évoque une « transaction symbolique » d’un milliard de francs CFA et estime que des « erreurs d’interprétation des textes » ont contribué à maintenir l’homme d’affaires en détention.

 

La voix de Me Massokhna Kane se veut reconnaissante lorsqu’il évoque la libération de Khadim Ba. Invité de « Grand Témoin » sur Evenprod Médias, l’avocat de l’homme d’affaires est longuement revenu sur les conditions ayant permis à son client de retrouver les siens, après une longue période de détention. Il a notamment salué le rôle joué par le ministre des Finances, Cheikh Diba, qu’il présente comme un « arbitre » dans le processus ayant abouti à la transaction avec la Douane. « Il nous a dit que certaines appréciations étaient erronées », rapporte Me Massokhna Kane, qui remercie le ministre pour son intervention et pour avoir, selon lui, contribué à la libération de son client.

L’avocat insiste sur le caractère particulier de l’accord intervenu avec les services douaniers. Il parle d’une « transaction symbolique » et avance le montant d’un milliard de francs CFA que Khadim Ba doit payer. Me Massokhna Kane remercie également le directeur général sortant des Douanes ainsi que les services douaniers pour leur écoute à l’endroit de la défense, particulièrement la Direction des enquêtes et des poursuites. Il salue aussi l’attitude des agents impliqués dans le dossier.

« Il ne devait pas être en prison »

Pour l’avocat, les différentes parties ont finalement fait preuve de compréhension et d’indulgence. Mais au-delà du montant de la transaction, Me Massokhna Kane revient surtout sur ce qu’il considère comme une mauvaise interprétation de certains textes. C’est sur ce point que l’avocat livre l’un des éléments les plus forts de son intervention. Il évoque « 100 et quelques milliards pour 2 délits », avant de détailler : « 83 milliards plus 43 milliards ». Puis il fait le rapprochement avec la médiation qui a abouti à une transaction d’un milliard de francs CFA. Pour lui, cette évolution montre qu’il y a eu « des erreurs d’interprétation des textes ». Selon son analyse, ces erreurs auraient contribué à maintenir Khadim Ba en prison alors qu’il estime que celui-ci n’aurait pas dû y être.

Me Massokhna Kane regrette ainsi la durée de la détention de son client. Il assure que Khadim Ba va aujourd’hui « très bien », qu’il reprend progressivement ses activités, se soigne après une longue période de maladie et a retrouvé sa famille, notamment ses enfants et son épouse. L’avocat considère surtout que l’homme d’affaires peut encore être utile au Sénégal. Il cite notamment son expérience dans le secteur pétrolier, ses connaissances des montages financiers et les relations internationales dont il disposerait. À ses yeux, Khadim Ba pourrait mettre ces réseaux et cette expérience au service du pays. « Il ne devait pas être en prison », soutient en substance l’avocat, estimant qu’il aurait plutôt dû être aux côtés de l’État pour contribuer au développement du Sénégal.

Des grèves à la Bourse de sécurité familiale

Avant d’aborder le dossier Khadim Ba, l’entretien avait porté sur plusieurs questions liées à la situation sociale et à la gouvernance. Me Massokhna Kane s’est notamment prononcé sur les mouvements de grève dans les secteurs de la santé et de l’éducation. Pour lui, l’État doit dialoguer avec les travailleurs et examiner leurs revendications. Lorsque celles-ci sont légitimes, elles doivent être satisfaites ; lorsqu’elles ne le sont pas, il appartient au gouvernement de l’expliquer.

L’avocat rappelle toutefois que le droit de grève doit être concilié avec d’autres droits constitutionnels, notamment l’accès à la santé et à l’éducation. Il appelle ainsi les syndicats à continuer à revendiquer, mais sans abandonner le travail, particulièrement dans les secteurs essentiels. Il estime également que certaines catégories de travailleurs pourraient bénéficier de statuts particuliers et de meilleures conditions, au regard de leur niveau de rémunération et de la nature de leurs missions. La Bourse de sécurité familiale a également été abordée. Me Massokhna Kane estime qu’un audit du programme était nécessaire pour déterminer les bénéficiaires éligibles et fiabiliser les données. Mais il juge que l’aide n’aurait pas dû être interrompue pendant la durée de l’audit.

Sur la gestion de l’administration

L’avocat s’est ensuite exprimé sur les changements intervenus dans l’administration et sur le remplacement de plusieurs responsables. Il estime que certains départs ont pu affecter le fonctionnement de l’administration, rappelant que celle-ci constitue une forme de mémoire de l’État. Il évoque notamment une vague de changements et le remplacement de personnes dont le travail était, selon lui, apprécié. Interrogé sur ce qui est présenté dans l’émission comme une forme de « dépastification », Me Massokhna Kane insiste sur la nécessité de privilégier les compétences et les résultats dans le fonctionnement de l’administration, indépendamment de la couleur politique. Il précise toutefois qu’il ne souhaite pas faire de cet entretien un débat politique, rappelant qu’il était invité en tant que président d’une association de défense des consommateurs. Sur son propre positionnement politique, il assume néanmoins être présenté comme proche de Pastef, tout en réaffirmant qu’il ne souhaite pas développer cet aspect dans le cadre de l’émission.

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