80 établissements touchés par l’hivernage

La rentrée scolaire 2026-2027 dans la région de Thiès est confrontée à la dégradation de certains établissements et à des besoins en personnel et en équipements. Lors d’un Comité régional de développement consacré aux préparatifs, les autorités ont demandé le recensement des bâtiments dangereux, envisagé des solutions de relogement et annoncé une mobilisation pour assainir les écoles. L’accès à l’eau, les sanitaires et la sécurité des élèves figurent également parmi les urgences.
Quatre-vingts établissements scolaires ont été touchés par l’hivernage dans la région de Thiès, selon les données présentées lors du Comité régional de développement (CRD) consacré à la rentrée 2026-2027. Ce bilan s’ajoute aux besoins en salles de classe, en enseignants, en inspecteurs et en tables-bancs exposés par l’inspecteur d’académie de Thiès, Gana Sène.
Alors que le calendrier fixait la reprise du personnel au 5 octobre et celle des élèves au 7 octobre, la préparation des établissements devait répondre à plusieurs difficultés : nettoyage des cours, remise en état des locaux, disponibilité des équipements et sécurisation des bâtiments. Présidant la rencontre, le gouverneur Saër Ndao a rappelé la responsabilité de l’État dans les conditions d’accueil des élèves et des enseignants.
« Si l’élève qui vient ne trouve pas ce qu’il faut, si l’enseignant ne trouve pas ce qu’il faut, c’est une responsabilité qui incombe à l’État », a-t-il déclaré. Pour les bâtiments présentant un danger, le gouverneur a demandé un recensement exhaustif afin de proposer, si nécessaire, des solutions temporaires de relogement. Il a défendu la possibilité de répartir les classes sur plusieurs sites lorsque la sécurité ne peut être garantie dans leur enceinte habituelle. « Mieux vaut avoir des classes dispersées mais avec une bonne sécurité », a-t-il souligné. Les lycées Jules Sagna et Malick Sy ont notamment été évoqués parmi les établissements nécessitant une attention particulière. Les autorités académiques ont également signalé des travaux engagés dans certains établissements.
Nettoyage : collectivités et associations sollicitées
Pour les opérations d’assainissement, Saër Ndao a annoncé la mobilisation de la Sonaged et du service d’hygiène. Le nettoiement, le désherbage, la désinfection et la désinsectisation doivent permettre de préparer les établissements à l’accueil des élèves. Il a demandé à la Sonaged de renforcer son dispositif et aux collectivités territoriales de fournir les produits et les moyens nécessaires. Le gouverneur a aussi sollicité les associations sportives et culturelles, l’Orcav l’Odcav, les mouvements de jeunesse et les organisations communautaires. Leur participation doit être organisée sous la supervision des autorités administratives, en collaboration avec les collectivités.
Gana Sène a, de son côté, insisté sur l’urgence des interventions. Lors de cette réunion préparatoire, il a appelé à accélérer aussi bien l’assainissement des écoles que la mise en place du personnel et des équipements, notamment les tables-bancs. L’inspecteur d’académie a salué les initiatives déjà engagées par certaines collectivités de Mbour, de Tivaouane et de Ndiaganiao, tout en demandant à celles qui ne s’étaient pas encore mobilisées d’intervenir. Il a également lancé un appel aux entreprises de la région pour qu’elles contribuent, au titre de leur responsabilité sociétale, à la réhabilitation et à l’équipement des établissements.
Des contrôles dans les écoles et à leurs abords
La sécurité des élèves ne se limite pas à l’état des salles de classe. Le gouverneur a demandé que l’environnement immédiat des écoles soit intégré aux mesures de protection. Il a notamment évoqué un établissement de Tivaouane confronté aux nuisances sonores d’un garage de motos-taxis « Jakarta » installé à proximité. Les activités commerciales et professionnelles aux abords des écoles ne doivent pas perturber les enseignements, a-t-il rappelé. La police, la gendarmerie et le service d’hygiène ont été appelés à renforcer leurs contrôles.
Autre préoccupation soulevée lors du CRD : les produits vendus aux élèves. Saër Ndao a demandé au service d’hygiène de ne pas s’en tenir à la vérification des certificats de salubrité. Il souhaite des inspections inopinées pour contrôler les marchandises effectivement proposées aux enfants. Les responsables d’établissement, les enseignants et les parents sont également appelés à exercer une vigilance. Les inspections d’académie et les inspections de l’éducation et de la formation doivent prendre en compte les risques à l’intérieur des établissements comme à l’extérieur, qu’ils concernent l’hygiène, l’alimentation, la circulation ou les commerces environnants.
L’eau et les sanitaires, conditions du maintien des filles à l’école
Les conditions d’accueil des adolescentes ont également été abordées. Le gouverneur a insisté sur la nécessité de disposer de toilettes fonctionnelles et adaptées à leurs besoins. Selon lui, l’absence de sanitaires appropriés peut favoriser l’absentéisme et, à terme, le décrochage scolaire. « L’école ne doit plus être un supplice pour ces jeunes filles », a-t-il déclaré. Il a demandé aux inspecteurs de travailler avec les services sanitaires sur des mécanismes d’accompagnement. La réponse doit aller au-delà de la distribution de serviettes hygiéniques et intégrer l’aménagement des sanitaires ainsi que les conditions d’hygiène dans les établissements.
L’accès à l’eau constitue une autre difficulté. Saër Ndao a annoncé des démarches auprès des services compétents pour identifier les écoles dépourvues de points d’eau et rechercher des solutions durables. La question du paiement des factures doit également être traitée pour éviter que des établissements soient privés d’eau pour des raisons financières. Les dégâts provoqués par les vents violents ont, par ailleurs, conduit le gouverneur à attirer l’attention sur les grands arbres anciens. Tout en reconnaissant leur valeur patrimoniale, il a demandé aux communes d’identifier ceux qui présentent un risque pour les personnes ou les infrastructures et d’engager les procédures nécessaires.
Mbour installe sa nouvelle académie
Cette rentrée marque aussi la mise en place de l’Académie de Mbour, issue du nouveau découpage académique. Son inspecteur, Abdoulaye Niang, a indiqué que les premières dispositions avaient été prises pour son installation, avec l’appui du préfet dans la mise à disposition des locaux. L’équipement des bureaux, l’installation des services et la constitution des équipes figurent parmi les prochaines étapes. L’inspecteur a également évoqué la contribution possible de professionnels de l’éducation originaires de Mbour vivant dans la diaspora, notamment des inspecteurs et des enseignants spécialisés.
Sur le plan pédagogique, Abdoulaye Niang souhaite poursuivre les performances enregistrées aux examens et renforcer la gouvernance du système éducatif. Il a également mis l’accent sur l’usage du numérique dans les apprentissages, en évoquant la « crise de l’attention » et la nécessité de faire de ces outils un appui à l’enseignement. La promotion des filières scientifiques et techniques fait aussi partie de ses priorités.
Pour les établissements fragilisés par l’hivernage, les mesures annoncées doivent désormais se traduire par des locaux utilisables, des équipements disponibles et, lorsque les bâtiments sont dangereux, des lieux de repli. Le bilan présenté lors du CRD ne précise toutefois ni le nombre de classes à reloger ni le calendrier d’achèvement des travaux engagés.
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CFP DE THIÈS 500 millions de FCFA pour réhabiliter et équiper le centre Une enveloppe de 500 millions de FCFA a été annoncée pour la réhabilitation et l’équipement du Centre de formation professionnelle (CFP) de Thiès. Lors de la visite d’une mission du ministère chargé de la Formation professionnelle, le directeur général du Fonds de financement de la formation professionnelle et technique (3 FPT), Souleye Kane, a assuré que le financement était disponible. « L’enveloppe est disponible et sécurisée », a-t-il déclaré, précisant que le projet avait été redimensionné et serait financé par son institution. Le directeur général de la Formation professionnelle et technique, Mamadou Guèye, a annoncé la volonté du ministère d’accélérer cet investissement. Il a reconnu les difficultés liées à l’état des infrastructures et au manque d’équipements. « On ne peut pas former des jeunes dans certains cadres quand on n’a pas les équipements, quand on n’a pas les infrastructures », a-t-il souligné. Ces annonces répondent aux préoccupations exprimées par le personnel. Son représentant syndical, Sémou Diouf, a dénoncé la vétusté des locaux et les conditions dans lesquelles travaillent les formateurs et les apprenants. Il a notamment signalé la présence de serpents dans l’enceinte de l’établissement. « Tout ce que nous voulons, c’est travailler. Mais mettez-nous dans des conditions idoines pour travailler », a-t-il demandé. Le représentant du personnel a également alerté sur la capacité d’accueil du centre. Selon lui, plusieurs centaines de candidats se présentent aux tests d’entrée, mais seule une part limitée peut être admise. La réhabilitation et l’équipement doivent donc aussi permettre de répondre à la demande de formation. Le projet sera conduit selon un mécanisme de maîtrise d’ouvrage déléguée, avec une responsabilisation du centre sous l’encadrement des autorités administratives déconcentrées. Le 3 FPT prévoit parallèlement des actions de formation technique et pédagogique pour les formateurs au cours de l’année 2026. Si le financement a été annoncé, les éléments rapportés ne précisent pas les dates de démarrage et d’achèvement des travaux. |
Ndeye Diallo — Thiès






