Les mathématiques pour explorer l’adaptation des moustiques

Bassirou Diop a présenté une thèse consacrée à la dynamique adaptative en dimension infinie, avec une application aux comportements des moustiques vecteurs du paludisme. Organisée en cotutelle avec l’Université Le Havre Normandie, cette soutenance est la première accueillie par l’École polytechnique de Thiès.
L’École polytechnique de Thiès (EPT) a accueilli sa toute première soutenance de thèse de doctorat. Devant un public d’enseignants-chercheurs et d’étudiants, Bassirou Diop, doctorant en mathématiques, a présenté ses travaux intitulés « Dynamique adaptative en dimension infinie ». Menée en cotutelle avec l’Université Le Havre Normandie, en France, cette recherche étudie notamment l’évolution des comportements des moustiques face aux interventions de lutte antivectorielle. À l’aide de modèles mathématiques, le chercheur explore les mécanismes par lesquels des populations peuvent s’adapter aux pressions de leur environnement. Appliquée aux vecteurs du paludisme, cette démarche permet d’examiner différents scénarios et leurs conséquences potentielles sur les contacts entre moustiques et populations humaines.
Les travaux s’intéressent notamment aux variations des horaires et des lieux de piqûre. Les moustiquaires imprégnées et la pulvérisation d’insecticides à l’intérieur des habitations ciblent une partie de l’activité des moustiques. Lorsque ceux-ci piquent à des moments ou dans des espaces moins couverts par ces dispositifs, la protection peut être réduite. La modélisation offre un moyen d’étudier les conditions dans lesquelles ces comportements sont susceptibles d’évoluer. Elle permet de tester des hypothèses, qui doivent ensuite être confrontées aux observations de terrain.
« Connaître l’activité future des moustiques nous permet de mieux prendre en compte leur adaptation et d’intégrer certains facteurs susceptibles de réduire la transmission du paludisme », souligne Bassirou Diop. Ces travaux pourraient ainsi éclairer la réflexion sur le ciblage des interventions et la complémentarité des moyens de prévention. Leur prolongement appelle une collaboration entre mathématiciens, biologistes, entomologistes et spécialistes de la santé publique. Pour l’EPT, cette première soutenance constitue une étape dans le développement de la formation doctorale et de la coopération scientifique internationale.
Ndèye Diallo - Thiès






