Publié le 27 Jun 2026 - 16:14
À CAUSE DE LA MALNUTRITION

Le Sénégal perd 425 milliards F CFA par an

 

Le Conseil national de développement de la nutrition (CNDN) veut régler la question de la malnutrition au Sénégal, à travers plusieurs stratégies, notamment une gouvernance nutritionnelle solide.

 

La malnutrition est un défi mondial qui touche tous les pays. De nombreuses nations dont le Sénégal sont confrontées à plusieurs formes de malnutrition. Selon les dernières données, dans notre pays, plus de 500 000 enfants de moins de cinq ans souffrent de retard de croissance ou de malnutrition chronique, plus de 200 000 souffrent d'émaciation ou de malnutrition aiguë, et des milliers d'adultes sont en surpoids ou obèses.

Les carences en vitamines et minéraux essentiels, comme l'anémie, continuent d'affecter plus de la moitié des enfants de moins de 5 ans du Sénégal, avec des conséquences immédiates et à moyen et long termes.

Les chiffres montrent aussi que la malnutrition est l'une des principales causes de mortalité infantile, représentant près de la moitié des décès d'enfants, principalement dans les pays à revenu faible ou intermédiaire, dont le Sénégal, où un tiers des décès d'enfants de moins de 5 ans est dû à la malnutrition.

La journée d'orientation organisée par le Conseil national de développement de la nutrition (CNDN) à l'intention de l’Association des journalistes en santé, population et développement sur le Plan stratégique multisectoriel de la nutrition (PSMN) a permis de passer en revue toutes les questions qui entourent la nutrition.

"Chaque année, notre pays, le Sénégal, perd l'équivalent de 856 millions de dollars (425 milliards F CFA) à cause de la malnutrition. Mais derrière ces chiffres se cache une opportunité perdue, des talents non exploités, des capacités réduites et une partie de notre potentiel collectif qui s'évapore silencieusement. Face à cette réalité, allons-nous agir ? », s’est demandé le secrétaire exécutif du CNDN, Docteur Mbaye Sène.

En effet, selon le secrétaire exécutif du CNDN, on parle souvent des investissements qui revitalisent les villes, mais il existe un investissement fondamental qui commence avant même la naissance et dont les effets se prolongent toute une vie. Cet investissement, indique le Docteur Mbaye Sene, s'appelle la nutrition, car aucun pays ne peut durablement construire une économie forte avec un capital humain fragile.

« Le Sénégal, renseigne-t-il, a néanmoins accompli des progrès importants ces dernières années, avec le retard de croissance chez les enfants de moins de 5 ans qui est passé de 26,5 % en 2010 à 17,5 % en 2023". D'après ses explications, une gouvernance nutritionnelle solide a été mise en place autour du CNDN, sous l'autorité du Premier ministre, avec un plan stratégique multisectoriel de la nutrition qui mobilise plus de 20 secteurs, dont 14 ministères sectoriels, autour d'une vision commune.

Le Sénégal face à un double fardeau nutritionnel

Ses avancées, explique Dr Sène, méritent d'être reconnues, mais elles ne doivent pas masquer les défis qui subsistent. "La malnutrition, indique le médecin, demeure l'un des principaux défis du développement humain et la sous-nutrition persiste encore dans certaines zones en Afrique, en particulier au Sénégal. Les carences en micronutriments continuent d'affecter des millions d'enfants et de femmes, et dans le même temps, nous assistons à une progression du surpoids, des maladies comme l'obésité et d'autres maladies liées à notre alimentation. Autrement dit, nous faisons face à un double fardeau nutritionnel. Et cette réalité nous concerne tous : enfants, adolescents, adultes et personnes âgées".

C'est la raison, indique Dr Séne, de la tenue de la rencontre avec les médias. A ses yeux, les chiffres ne changent pas les comportements, les politiques non plus. Ce qui change les comportements, c'est la compréhension des enjeux de la nutrition. Et cette compréhension passe par une information fiable et accessible.

CHEIKH THIAM

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