Le salut réside dans le budget

L’autonomisation des femmes et des filles et l’élimination des inégalités est un combat de longue haleine. La question est prise dans en charge dans la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de genre (SNEEG 2), à travers la Budgétisation Sensible au Genre.
Le taux d'emploi des femmes demeure nettement inférieur à celui des hommes, avec respectivement 30,5 % contre 60,3 %, informe la Directrice générale de l’Équité et de l’Égalité de Genre (DEEG), Astou Diouf Gueye qui cite la Stratégie Nationale de Développement (SND, 2025-2029). Pour réduire ce gap, elle convoque la Stratégie nationale pour l’équité et l’égalité de genre (SNEEG 2), le cadre de référence national en matière de politique genre qui vise à construire une société solidaire, sans discrimination, où les hommes et les femmes disposent des mêmes chances de participer au développement et de bénéficier équitablement des fruits de leur croissance.
Or, dans le domaine politique, malgré le vote de la loi sur la parité, des défis subsistent. Le taux de représentation des femmes dans la dernière législature, d'après Astou Diouf Gueye, est de 41,2 %, montrant qu'il reste encore du chemin à parcourir au sein des instances décisionnelles. "Vous voyez qu’on est relativement à 10 % dans le gouvernement et l’équilibre est loin d’être assuré en ce qui concerne les autres postes de responsabilité. Comment corriger ces déséquilibres ? C’est ici que réside toute l’importance de la Budgétisation Sensible au Genre (BSG). La BSG ne consiste pas à créer un budget distinct pour les femmes. C’est un puissant outil de gouvernance et de transparence qui vise à garantir que chaque franc investi par l'État contribue effectivement à réduire les inégalités et à répondre aux besoins spécifiques des hommes, des femmes, des filles et des garçons », a-t-elle lancé, lors de la session de renforcement de capacités organisée hier au profit des journalistes sur la budgétisation sensible au genre et les violences basées sur le genre. Une initiative de l'Association des professionnels de l'information sur le genre (APIG).
« En tant que journalistes, a-t-elle ajouté, vous avez la responsabilité de rendre accessibles ces questions techniques, de suivre les engagements publics et d’analyser les budgets de l'État sous le prisme du genre pour en informer les citoyens. Vous avez aussi le rôle de briser le silence autour des VBG. C’est par vos productions, vos investigations et vos reportages, menés dans le strict respect de l’éthique journalistique et de la protection des survivantes, que nous parviendrons à faire évoluer les mentalités et à transformer durablement notre société".
La Directrice générale de l’Équité et de l’Égalité de Genre de poursuivre qu’il reste du chemin à faire, parce que les domaines à tendance inégalitaire sont nombreux. C’est le cas dans le domaine social où la question des violences basées sur le genre demeure une préoccupation majeure. Les résultats de l’enquête nationale de référence sur les violences faites aux femmes, réalisée par l’ANSD, sont, dans ce sens, interpellants. Ils révèlent qu’au Sénégal, près de 3 femmes sur 10 (31,9 %) ont subi au moins une forme de violence (physique, psychologique, sexuelle ou économique) au cours des 12 derniers mois précédant l’enquête. Or, derrière ce pourcentage, souligne-t-elle, il y a des réalités humaines, des vies brisées et une cohésion sociale menacée.
En écho à ces révélations, la présidente de l'APIG, Adama Diouf Ly, a souligné que "le traitement journalistique de ces thématiques exige des compétences spécifiques, une bonne maîtrise des concepts, une compréhension des cadres juridiques et institutionnels, ainsi qu’un profond respect des principes d’éthique et de déontologie ».
Se réjouissant de la tenue de l’atelier qui a offert aux membres l’opportunité d’approfondir leurs connaissances et de renforcer leurs capacités dans le but d’améliorer la qualité des productions, elle a confié que l'association est convaincue que le journalisme sensible au genre constitue un levier puissant pour promouvoir l’égalité, lutter contre les discriminations et renforcer la participation de toutes et tous au développement de notre pays.
CHEIKH THIAM






