Publié le 4 Apr 2014 - 21:04
AN 2 DE MACKY SALL

Yoonu Askan Wi dans l’attente d’une ‘’transition’’

 

‘’Peut mieux faire !’’ C’est à peu près la note que décerne Yoonu askan wi (YAW / Mouvement pour l'autonomie populaire) à la gouvernance Macky Sall, après deux ans d’exercice du pouvoir.
 
Dans une déclaration rendue publique, Madièye Mbodji et ses camarades pensent qu’il y a «nécessité d’ouvrir une transition vers une république sociale de rupture, avec la mise en œuvre de mesures d’urgence structurées autour des trois axes» que sont : ‘’la refondation des institutions républicaines’’, ‘’l’assainissement des finances publiques articulé à un programme économique et social prioritaire’’, et ‘’la mise en place des conditions favorables au retour définitif de la paix en Casamance’’. 
 
Malheureusement, les ‘’autonomistes’’ constatent que ‘’le déroulement de cette transition n’a pas fait (…) l’objet d’une délibération officielle (…), avec l’adoption d’un chronogramme partagé’’. Des ‘’dysfonctionnements’’ imputables à ‘’de sérieux problèmes de pilotage’’ et (qui) contribuent ‘’à installer une forme d’esquive et d’escamotage de cette transition’’.
 
A ces ‘’deux facteurs’’ s’ajoutent : ‘’l’absence d’une Assemblée législative élue au suffrage universel direct, et légalement dotée d’un pouvoir constituant pour être habilitée à s’ériger en dépositaire d’une nouvelle constitution à soumettre à la sanction du peuple souverain’’, et ‘’le défaut d’un cadre transversal de supervision et de mise en cohérence du travail de l’ensemble des structures préposées aux réformes institutionnelles (Nouvelle constitution, Acte III de la décentralisation et modification du Code des collectivités locales, réforme foncière, revue du code électoral, etc.)’’.
 
Pour Yoonu askan wi, ‘’la transition a certes été esquivée et escamotée’’, mais ‘’elle  n’en a pas moins connu un développement effectif qui a mis en évidence deux perspectives enchevêtrées et contradictoires’’.
 
La première est ‘’porteuse de régression au profit des forces de réaction, avérées ou camouflées, charriant à foison des contre-valeurs qui gangrènent dangereusement le tissu social’’. Quant à la seconde, elle exprime une «dynamique de renouveau au bénéfice du peuple» et conduit Yoonu askan wi à «réaffirmer avec force sa pleine adhésion» aux Assises nationales.
 
’’Le juridisme de mauvais aloi de certains constitutionnalistes proches de la sphère présidentielle’’
 
Sur un autre registre, Yoonu askan wi approuve la proposition d’un avant-projet de constitution par la CNRI en ce sens qu’il ‘’annonce la fin de la transition du point de vue de la refondation institutionnelle’’.
 
Il permet aussi ‘’de situer d’emblée la redéfinition des relations entre les différentes institutions de représentation et de décision que sont les pouvoirs législatif, exécutif et judiciaire, sur un terrain désormais propice au contrôle populaire autonome à travers l’exercice de la démocratie directe‘’.
 
Même si pour le YAW, ‘’certains constitutionnalistes proches de la sphère présidentielle (sont) probablement de bonne foi’’, ces derniers ‘’font montre toutefois d’un juridisme de mauvais aloi’’. Car, vouloir ‘’limiter la problématique posée et à résoudre à de simples retouches de quelques dispositions de la constitution en vigueur’’, serait réducteur. C'est pourquoi, la meilleure formule consisterait, pour le Président de la République, à soumettre le texte ‘’au peuple par voie référendaire’’. 
 
DAOUDA GBAYA
 
 

 

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