Le Conseil national du Laïcat interpelle le Président Faye

Dans une lettre ouverte, le Conseil national du Laïcat du Sénégal exprime ses vives inquiétudes face au projet de révision constitutionnelle porté par la majorité parlementaire. L’organisation appelle solennellement le Chef de l’État à privilégier la concertation et la prudence, rappelant que la Constitution est le socle sacré du vivre-ensemble national.
Le Conseil national du Laïcat, après des consultations approfondies, a tenu à faire entendre sa voix sur le projet de révision constitutionnelle porté par Pastef. Un sujet qui engage l’avenir institutionnel du pays. Dans sa missive adressée au Président Bassirou Diomaye Diakhar Faye, l’organisation souligne que, depuis l’indépendance, les grandes réformes constitutionnelles ont toujours été le fruit d’un dialogue inclusif associant l’ensemble des forces vives de la Nation : classe politique, société civile, chefs religieux et médias.
Le Conseil déplore, de ce fait, que l’initiative actuelle, portée par les députés de la majorité, semble ignorer cette tradition républicaine. Pour les auteurs de la lettre, une réforme constitutionnelle ne saurait être conduite dans l’urgence ou sous l’effet de circonstances conjoncturelles. Une telle précipitation, avertissent-ils, risque non seulement de fragiliser la légitimité du texte, mais aussi d’introduire des ambiguïtés juridiques et des incertitudes institutionnelles dommageables à la stabilité du pays.
Le Conseil insiste sur le fait que la Constitution n’est pas un texte ordinaire ; elle est le garant de l’équilibre des pouvoirs et le socle de l’unité nationale, et ne doit, à ce titre, jamais être perçue comme un enjeu politique du moment.
Appel à la sagesse et à la priorité des préoccupations citoyennes
Au-delà de la méthode, le Conseil national du Laïcat interpelle le Président de la République sur sa responsabilité historique. Rappelant au Chef de l’État son serment de respecter scrupuleusement la Constitution et de servir le peuple avec intégrité, les signataires soulignent les risques d’instabilité institutionnelle inhérents à une démarche jugée trop partisane. Ils rappellent qu’une loi constitutionnelle doit être impersonnelle, intemporelle et conçue pour survivre à plusieurs générations.
Surtout, le Conseil exhorte le pouvoir en place à ne pas détourner l’agenda politique des attentes urgentes des citoyens. Dans un contexte national marqué par des défis multiples, les préoccupations immédiates — économiques, sociales et sécuritaires — doivent demeurer la priorité absolue. L’emploi des jeunes, la lutte contre la migration irrégulière et le développement du monde rural sont autant de chantiers qui exigent une attention concrète et rapide.
Ainsi, le Conseil national du Laïcat propose une démarche rigoureuse en quatre étapes pour toute réforme d’ampleur : un examen transparent à l’Assemblée nationale, des consultations ouvertes, une information pédagogique des citoyens et, en dernier ressort, une validation populaire par référendum, seule garantie d’une légitimité incontestable.
L’organisation encourage, de ce fait, le Président à privilégier la concertation, la prudence et le respect du peuple sénégalais dans toute sa diversité, rappelant que la démocratie ne se mesure pas à la rapidité des décisions, mais à leur capacité à rassembler durablement la Nation.
AMADOU FALL






