Publié le 8 Feb 2019 - 07:11
3 QUESTIONS A… MOUSSA DIAW (PROFESSEUR DE SCIENCE POLITIQUE)

 ‘’Il y a un déphasage entre le discours du président Wade et la réalité’’

 

Le professeur Moussa Diaw, enseignant à l’université Gaston Berger et analyste politique, décrypte la sortie de Me Abdoulaye Wade appelant à perturber le déroulement de la Présidentielle et la mise en place d’un gouvernement de transition.

 

Quelle analyse faites-vous de la déclaration de l’ancien président Abdoulaye Wade ?

Sa déclaration apparaît comme un discours décalé par rapport à la réalité. Il aborde des questions qui sont relatives aux changements au niveau du Code électoral. Le fait que le mécanisme mis en place, dans le cadre du parrainage, ne soit pas du tout adapté. Il voudrait qu’on l’enlève du processus électoral. Mais les questions qu’il aborde, la plupart, ne sont plus d’actualité. On les a dépassées. On aurait dû les aborder au moment où il y avait un débat sur elles. Il y a un déphasage entre le discours du président Wade et la réalité. On a franchi cette étape. On est au 4e jour de la campagne électorale et il n’est plus question de dialoguer sur quoi que ce soit. Peut-être que ces questions-là pourraient être abordées, après l’élection, avec des réformes pour améliorer le système et voir aussi comment on peut apaiser le climat politique et social. Ce discours est un peu décevant, dans la mesure où on attendait un homme politique très averti prendre position ou donner des conseils pour une élection apaisée. Ce n’est pas le cas. Ce sont plutôt des manœuvres politiciennes qui ne sont pas du tout la bienvenue dans ce contexte de compétition électorale, notamment de campagne électorale.

En tant qu’ancien président de la République, est-ce qu’il doit tenir un tel discours ?

Non. Justement, comme ancien président, il devrait se positionner en tant que sage. D’autant plus qu’on connaît ses capacités politiques, ses expériences. C’est quand même une référence au Sénégal, en matière politique. Toute sa vie a été consacrée à des questions politiques. Il dit d’ailleurs qu’il va mener la politique jusqu’à la tombe. Mais, à son âge, les images l’ont montré, le discours ne va du tout avec sa position, sa stature d’ancien président, de patriarche politique et aussi de référence. C’est la raison pour laquelle, certains n’ont pas voulu commenter son discours pour la simple raison qu’on lui doit beaucoup de respect. Parce qu’il a joué un rôle important dans l’action politique au Sénégal, le renforcement de la démocratie. C’est d’ailleurs avec son combat qu’on a réussi la première alternance politique.

A-t-il, aujourd’hui, les moyens de perturber l’élection ?

On ne peut pas perturber l’élection, dans ces moments. La majorité ne se laissera pas faire. On ne peut pas troubler cette élection, me semble-t-il, que toutes les dispositions sont prises pour que cela se passe dans de bonnes conditions. Ce qu’il est en train d’agiter, c’est une tempête dans un verre d’eau. C’est pour semer le doute dans l’esprit de la majorité, mais aussi de l’opposition. Ce n’est pas la bienvenue. On ne s’attendait pas à ce type de discours. On connaît bien cette personnalité. Me Wade ne changera jamais. On le connaît de par ses stratégies politiques. Mais, quand même, ce n’est pas le moment.

On ne doit lui tenir rigueur. Toutefois, dans une démocratie, il ne faut pas surtout tenir certains discours qui vont réveiller quelques esprits, quitte à même comparer la situation avec la Côte d’Ivoire. Ce n’est pas le cas. Le Sénégal n’est pas la Côte d’Ivoire. Ce n’est pas les mêmes réalités politiques. Le Sénégal est habitué à des élections apaisées, même s’il y a parfois un peu de passion dans ce que l’on fait. Dans tous les cas, les hommes politiques sont responsables. Et il ne semble pas que les gens versent dans des positions ou stratégies de perturbation de l’élection. Je ne pense pas qu’il y aurait beaucoup d’échos par rapport à ce discours. Ça m’étonnerait qu’on le suive dans cet état d’esprit. Au Sénégal, les gens ont la paix dans l’esprit. C’est plutôt le lieu d’écouter certains discours politiques, de faire sa sélection par rapport aux projets que les hommes politiques proposent. C’est aux Sénégalais de se déterminer en fonction des projets qu’on leur propose. 

Section: 
MODIFICATION ARTICLE L29 ET ABROGATION ARTICLE L30 DU CODE ÉLECTORAL Le FDR dénonce une forfaiture et annonce des manifestations
CANDIDATURE SONKO - RÉVISION PROCÈS : Une partie de poker
CENTENAIRE D’ABDOULAYE WADE : L’État prépare une célébration nationale
LINGUÈRE - EL MALICK NDIAYE SUR LES LOCALES : “L’objectif n’est pas de satisfaire des intérêts mais de gagner”
El Malick Ndiaye
LOCALES 2027 : Nouvelle Responsabilité contre tout report
DÉSORDRE AU SOMMET DE L’EXÉCUTIF : Comme dans une armée mexicaine
MARCHE DU FSDT : Le FDR appelle à une mobilisation générale contre la vie chère
IDÉES CONTRE INVECTIVES : Les orientations de Diomaye président
TENSIONS POLITIQUES : Taxawu Sénégal dénonce des attaques et brandit la riposte judiciaire
426 MILLIARDS SOUS TENSION : Takku Wallu fustige l’opacité du TRS
JEUNESSE ET CITOYENNETÉ : À Thiès, Diomaye Faye appelle à un renouveau moral et civique
GOUVERNANCE PARLEMENTAIRE : El Malick Ndiaye prône un contrôle « contributif » de l’action gouvernementale
PASTEF-DIOMAYE PRÉSIDENT : Thiès, une bataille capitale pour 2027 et 2029
LOCALES 2027 : Assane Sow investi candidat à la mairie de Thiès-Nord
STRUCTURATION, MAILLAGE TERRITORIAL Diomaye-Président ratisse large
PASTEF VS COALITION DIOMAYE : Le chassé-croisé à Mbour !
AN 2 DIOMAYE : L’année de l’affirmation
Abdou Mbow dénonce une “dette cachée” de 650 millions d’euros
DETTE PUBLIQUE AU SÉNÉGAL : Les députés appelés à entériner la ligne de non-restructuration