Publié le 3 Oct 2019 - 19:23
BLANCHIMENT D’ARGENT ET FINANCEMENT DU TERRORISME

L’industrie minière, nouvelle aubaine des trafiquants 

 

Le Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (Giaba) a tenu, hier, sa conférence de presse annuelle en prélude de la publication de ses deux rapports sur la lutte contre le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme, prévue aujourd’hui à Dakar.

 

Le Groupe intergouvernemental d'action contre le blanchiment d'argent en Afrique de l'Ouest (Giaba) publie aujourd’hui son rapport annuel 2018 et son nouveau rapport de typologies sur le blanchiment de capitaux et le financement du terrorisme à travers le secteur des industries extractives et minières en Afrique de l’Ouest.

En conférence de presse, hier, avec les journalistes des 17 pays membres de l’organisation, en prélude à la publication de ces deux rapports, le directeur général de la structure panafricaine, Kimélabalou Aba, a dévoilé quelques points importants qui figurent dans les deux documents.

Il s’agit de la contribution de l’exploitation minière dans le financement du terrorisme et l’économie du cash, et le franc Cfa qui sont devenus les nouveaux refuges des blanchisseurs d’argent. 

En effet, selon le directeur général, les rapports ont montré les liens étroits entre le financement du terrorisme et les exploitations artisanales de l’or. ‘’Nous avons une étude qui montre clairement qu’il y a une conjonction entre les blanchisseurs d’argent, les financiers du terrorisme et les trafiquants d’or’’, a déclaré Kimélabalou Aba.

L’autre défi du Giaba pour protéger ses Etats membres, c’est l’économie du cash qui est encore dominante à cause du faible taux de bancarisation. Ce qui fait qu’il est devenu facile de transporter des fonds d’un Etat à un autre sans être inquiété. ‘’Il faut reconnaitre que les transferts physiques d’argent facilités par le principe de la libre circulation des personnes et des biens favorisent le blanchiment d’argent. Pour ce qui concerne l’espace de l’Uemoa, on peut transporter d’énormes sommes d’argent à partir du moment où on se déplace entre des Etats membres, car les déclarations douanières ne sont pas obligatoires. C’est pourquoi nous avons prévu des recommandations aux Etats pour favoriser la bancarisation qui est le seul moyen pour atténuer les risques liés à cette économie où le cash domine’’, estime le Dg du Giaba.

En outre, l’immobilier, l’industrie extractive, avec la corruption et le trafic de drogue ou d’êtres humains, considère-t-il, sont les secteurs les plus utilisés dans le blanchiment d’argent. Quant au financement du terrorisme, ce sont les organisations à but non lucratif et les systèmes de transfert d’argent en espèce qui servent de moyens pour faire passer le financement.  

Le franc Cfa, monnaie de refuge des blanchisseurs

La structure panafricaine s’est également rendu compte, à travers sa politique de lutte contre le blanchiment de capitaux et du financement du terrorisme, que le franc Cfa est devenu une monnaie refuge pour les blanchisseurs. ‘’Cette monnaie forte et arrimée à l’euro’’ est devenue un vrai refuge  pour les acteurs de blanchiment qui l’utilisent pour faire passer des capitaux de pays en pays, surtout dans l’espace Uemoa, sans être inquiétés, du fait de la suppression des barrières douanières dans la zone. Les blanchisseurs profitent de la monnaie et de la libre circulation des personnes et de leurs biens pour rendre licites des fonds issus d’activités illicites.

ABBA BA

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