Publié le 5 Oct 2021 - 15:50
CHANGEMENT CLIMATIQUE, AUTOSUFFISANCE ALIMENTAIRE ET NUTRITION 

Le CNRA présente de nouvelles variétés de céréales

 

Les journées portes ouvertes organisées par le centre national de recherches agronomiques (CNRA) ont constitué un prétexte pour la direction de ladite structure de présenter de nouvelles variétés de spéculations de mil et de sorgho. Des spéculations qui pourraient beaucoup aider à l’autosuffisance alimentaire des Sénégalais et à une bonne nutrition, surtout dans une période marquée par un changement climatique.

 

Quatre Cent Cinquante (450) potentielles nouvelles variétés de mil et Sept cent (700) potentielles nouvelles variétés de sorgho ont été présentées à des producteurs venus des quatre coins du Sénégal, lors des journées portes ouvertes axées sur ces spéculations. Elles ont été organisées par le centre national de recherches agronomiques (CNRA), un démembrement de l’institut sénégalais de recherches agricoles (ISRA). La particularité de ces nouvelles variétés, renseigne Docteur Ousmane Sy, chef du service de la sélection mil du CNRA, « ce sont des variétés tolérantes à la salinité. Elles sont aussi fortifiées, donc bénéfiques pour la nutrition ».

 A sa suite, Cyrille Diatta, sélectionneur Sorgho en service au CNRA, ajoute : « Ce qui fait la différence de ces variétés par rapport aux autres, pour le mil, c’est que la plupart,  ce sont des hydrides qui sont beaucoup plus productives que les anciennes variétés. Ce sont des graines à double usage, mais aussi, les feuilles restent toutes vertes jusqu’à la maturité, donc, on peut les exploiter pour l’alimentation du fourrage. Aujourd’hui, avec les changements climatiques, les animaux ont, de plus en plus, des problèmes pour trouver du fourrage ou bien la paille toute l’année. Ce sont des variétés qui vont venir aider les producteurs, surtout par rapport à l’alimentation du bétail ».

Ces variétés sont adaptées pour toutes les zones agro écologiques du Sénégal où on cultive le mil et le sorgho. Ce sont des variétés très précoces qui peuvent atteindre la maturité à 70 jours pour le mil. L’importance de ces journées, si on en croit Cyrille Diatta, « c’est de permettre aux producteurs de venir être en contact avec ces variétés et de nous donner leur appréciation. Cela rend facile le choix des variétés. Auparavant, on développait des variétés et après on se rend compte que les bénéficiaires ne les adoptent pas, parce que cela ne coïncide pas avec leur zone. Soit le cycle est trop long ou bien est beaucoup plus court et les oiseaux prennent les graines. Pour nous la philosophie est simple, il faut intégrer les producteurs pour que les semences coïncident avec leurs besoins ». 

Avec ces nouvelles variétés, le rendement peut atteindre 2,5 tonnes à 3 tonnes à l’hectare. Pour les hybrides, renseigne Cyrille Diatta, « que ce soit les hybrides de mil ou de sorgho, si le producteur a les moyens, il peut atteindre 4 à 5 tonnes à l’hectare. Pour ceux qui n’ont pas de moyens, ce sont de rendements d’une tonne, maximum 1,5 tonne à l’hectare et c’est important par rapport aux anciennes variétés où, le rendement variait entre 600 à 800kg à l’hectare ». 

Pour la mise en place de ces nouvelles spéculations, plusieurs spécialités ont concouru pour développer ces variétés. D’après Cyrille Diatta, ‘’il s’agit des sélectionneurs, des phytopathologistes qui regardent l’aspect maladie, des entomologistes qui regardent l’aspect insectes, mais aussi, les agronomes pour tester les techniques de fertilisation. Ce sont des variétés qui sont très adaptées aux zones de cultures, si les producteurs respectent la carte variétale. Ce sont des variétés qui peuvent se débrouiller avec le peu d’éléments nutritifs du sol. Pour contribuer à l’autosuffisance alimentaire, il faut déjà augmenter les rendements’’, dit-il.

Présent à ces journées, Adiou Sène, président l’Union interprofessionnelle des semenciers de la zone centre-nord qui regroupe les régions de Diourbel, Thiès et Louga n’a pas caché sa satisfaction. « En tant que producteur, toute nouvelle recherche tendant à améliorer une productivité, un rendement au niveau des champs est le bienvenu. Nous remercions l’ISRA et l’Etat du Sénégal d’avoir eu cette initiative de nous faire découvrir les différentes variétés qui s’adaptent au climat et qui permet d’avoir des rendements meilleurs. »

BOUCAR ALIOU DIALLO (DIOURBEL)

 

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