Les recteurs appellent à l'action et à la diplomatie scientifique

Réunis à Dakar durant ces deux derniers jours, les dirigeants d'universités membres de l'Agence Universitaire de la Francophonie ont tracé la nouvelle feuille de route de l'enseignement supérieur en Afrique de l'Ouest.
Passer du temps des discours à celui des actes : c'est le mot d'ordre martelé par les dirigeants universitaires de la sous-région réunis à Dakar. Dès lors, en clôture de l'événement, le Professeur Slim Khalbous, Recteur de l'Agence Universitaire de la Francophonie, a livré un plaidoyer en faveur de la diplomatie scientifique. Il a invité l'assistance à s'interroger sur l'autonomie et la souveraineté de la recherche africaine en posant la question : « Qui décide des priorités scientifiques dans le Nord comme dans le Sud, en Europe comme en Afrique, est-ce que ce sont les chercheurs, les universités, ou bien est-ce Bruxelles, Paris, Abidjan ou Dakar ? ». Rappelant que « celui qui finance, oriente ; celui qui paie, décide », le Recteur a toutefois nuancé son propos en ajoutant que « celui qui a une vision claire est capable de mieux négocier ».
Définissant ce concept d'avenir, le Professeur Slim Khalbous a affirmé que « la diplomatie scientifique, c'est l'art d'utiliser la science pour faire de la politique étrangère ». Selon le Recteur de l'AUF, cette démarche offre un levier concret pour bâtir « un partenariat plus équilibré et durable » entre l'Afrique et l'Europe afin que le slogan d'un « partenariat gagnant-gagnant » devienne enfin une réalité. C'est sur cet engagement commun que les dirigeants universitaires se sont quittés, déterminés à faire de leurs établissements des centres d'innovation capables d'apporter des réponses locales aux défis mondiaux.
De son côté, la Professeure Ouidad Tebbaa, Directrice régionale de l'Agence Universitaire de la Francophonie pour l'Afrique de l'Ouest, a salué la présence massive des dirigeants d'établissements en pleine période de rentrée. S'adressant aux participants, elle s'est réjouie de la solidité des relations bilatérales en affirmant que « les liens que nous avons sont uniques, nous nous sentons forts, pertinents, légitimes en Afrique de l'Ouest grâce à vous, parce que vous nous accordez cette valeur ».
Elle a également exprimé sa gratitude envers les partenaires internationaux pour leur soutien continu, citant notamment l'Union européenne dans le cadre du programme de recherche VARRIWA.
MAMADOU DIOP






