Publié le 4 Sep 2019 - 18:44
CRIMINALITE GALOPANTE CHEZ LES JEUNES

Le chômage au banc des accusés

 

Les jeunes chômeurs et ceux des quartiers populaires sont les plus exposés à verser dans la violence et dans la criminalité.  C’est ce qu’a révélé l’étude du Centre de recherche, d’action pour le développement (Cerad) de l’Ugb portant sur la violence et la criminalité des jeunes en Afrique de l’Ouest.

 

L’oisiveté est la mère de tous les vices, dit-on. Les résultats de l’enquête réalisée par le Cerad de l’Ugb sur le thème ‘’Jeunesse et stratégie de résilience à la violence et à la criminalité des jeunes en Afrique de l’Ouest, avec l’exemple du Sénégal et du Burkina Faso’’, semble confirmer cet adage. En effet, les trois ans de réflexion des universitaires, en partenariat avec l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité (Asp) sur la question ont révélé que le chômage est l’un des facteurs déterminants qui poussent les jeunes à la violence. D’où l’urgence d’apporter une solution définitive à ce problème, pour empêcher la population jeune de verser dans la criminalité. ‘’L’enquête a montré que donner de l’emploi aux jeunes constitue une réponse pour endiguer la violence. À ce propos, l’Agence d’assistance à la sécurité de proximité joue un rôle important, non seulement pour régler ce problème économique, mais aussi pour endiguer la violence avec un certain nombre d’expériences’’, déclare le professeur Babaly Sall, Directeur du Cerad.

Outre les jeunes touchés par le chômage, ceux vivant dans les quartiers populaires restent aussi vulnérables et sombrent facilement dans la violence et dans la criminalité. D’ailleurs, pour ce qui concerne le Sénégal, il ressort de l’enquête que le taux de résilience reste plus faible dans les quartiers populaires, avec 40 % des jeunes vivant dans les banlieues contre 62 % pour ceux des quartiers résidentiels. Autrement dit, 62 % des jeunes habitant dans les quartiers résidentiels n’ont jamais commis un acte de violence, contre 40 % pour ceux des quartiers populaires.

Des chiffres qui ont permis aux chercheurs de conclure qu’il existe un lien étroit entre le type de ville où résident les jeunes et leur résilience primaire à la violence et à la criminalité.

Le volet genre a également été considéré dans l’étude, montrant ainsi que les jeunes filles sont plus résilientes à la violence par rapport à leurs camarades garçons, avec un taux de 59,2 % chez la couche féminine contre 30,4 % pour celle masculine.

Et puis, contrairement à ce que l’on a tendance à penser, le niveau d’éducation formelle ne protège pas nécessairement de la violence. L’étude a ainsi révèle que 62 % des jeunes n’ayant aucun niveau d’instruction n’ont jamais sombré dans la violence contre 48,6 % de ceux ayant atteint le niveau primaire et 40,6 % pour ceux ayant fait des études supérieures.

Solutions

En outre, les chercheurs ne sont pas limités à faire seulement le diagnostic du problème. Ils ont également proposé des solutions pour mettre fin à ces fléaux. ‘’Dans ces deux sphères géographiques (Burkina Faso et Sénégal) on a remarqué que pour pouvoir mieux résister à la violence, il faut bien s’adosser aux communautés. Il faut aussi cultiver chez les jeunes un certain désir de résistance à la violence, mais aussi essayer de les mettre dans des conditions qui puissent faire que, quand ils seront confrontés à certaines situations, qu’ils s’en sortent ou qu’ils puissent résister à y verser’’, recommande le Pr. Sall. 

Les chercheurs de l’université Gaston berger de Saint-Louis se sont intéressés à la violence et à la criminalité des jeunes pour comprendre les causes et les facteurs déterminants de ces fléaux qui sont en train de gagner du terrain en Afrique de l’Ouest. Une manière aussi pour les universitaires de mettre leurs connaissances au service du développement, en vue de répondre aux problèmes de la société.

Ainsi, l’objectif principal de ce projet de l’Ugb est de contribuer à rompre le cycle de production de violence et de criminalité chez les jeunes, à travers une meilleure compréhension des facteurs et stratégies de résilience grâce à la recherche scientifique. ‘’La violence préoccupe les populations et les décideurs, d’où le partenariat entre l’Asp et l’Ugb pour diagnostiquer de façon approfondie les causes et les intentions réelles qui sont à la base de la violence et des faits criminels émanant de la population jeune. L’objectif est d’essayer de proposer des solutions et recommandations scientifiques qui pourront influencer les décideurs quant à la prise en charge de ces questions dans le cadre de l’élaboration des politiques publiques’’, explique Birame Faye, le directeur de l’Agence de sécurité de proximité.

La réflexion de ces chercheurs a ainsi pour but, non seulement de comprendre les causes et les facteurs de la violence, mais aussi de pouvoir fournir aux décideurs politiques des recommandations et solutions efficaces pour endiguer ce fléau.

ABBA BA

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