Le G7 suspend son mot d'ordre après un accord avec le gouvernement

À l’issue d’un véritable marathon de négociations tenu entre le 13 et le 16 avril 2026, les syndicats d’enseignants du G7 ont annoncé la suspension de leur plan d’action, ce samedi à travers un communiqué. Entre promesses de digitalisation, révisions budgétaires et garanties politiques au plus haut sommet de l’État, ce protocole d’accord marque un tournant majeur pour la stabilité de l’école sénégalaise.
Le soulagement est palpable dans le communiqué signé ce samedi par G7. Sous la présidence de Monsieur Olivier Boucal, Ministre du Travail et de la Fonction publique, et en présence de Moustapha Mamba Guirassy, Ministre de l'Éducation nationale, les discussions ont été qualifiées de « sérieuses et bien argumentées ». Pendant trois jours, les représentants des Finances, du Budget et de l’Emploi ont dû répondre point par point aux exigences des secrétaires généraux du G7.
Ainsi face aux avancées enregistrées, le collectif syndical a choisi la voie de l'apaisement, comme le souligne le communiqué : « Considérant les efforts consentis par les deux parties pour trouver un terrain d'entente pour la stabilité du système éducatif et constatant la prise en charge effective de plus de 80 % des points inscrits dans la plateforme minimale, le G7 décide en toute responsabilité de suspendre le mot d'ordre de grève. » Cette suspension inclut également la fin du boycott des activités pédagogiques et de la rétention d’informations administratives, une décision prise pour répondre aux attentes de la base tout en préservant l'intérêt des élèves.
La fin du calvaire des lenteurs administratives
L'un des acquis les plus concrets de ce protocole réside dans la modernisation de la gestion des carrières. Le gouvernement s'est engagé dans une course contre la montre pour assainir le fichier des enseignants. Le texte est formel sur les ambitions numériques de l'État : « L'éradication des lenteurs administratives d'ici décembre 2026 sera possible grâce à la digitalisation des procédures et l'interconnexion des plateformes E-carrière, E-Solde et MIRADOR. »
En complément, selon toujours le document, un comité ad hoc sera mis en place pour l'audit du paiement des rappels, avec un engagement ferme pour l'apurement des sommes dues à partir de la Loi de Finances Initiale (LFI) de 2028. Le G7 a également obtenu le paiement des indemnités des intervenants extérieurs des CRFPE au plus tard en fin juin 2026, ainsi qu'une révision globale des textes fixant les indemnités liées aux examens.
Le dossier sensible des « décisionnaires » et de la fiscalité
Le sort des enseignants non-fonctionnaires, ou « décisionnaires », a constitué un point de crispation majeur. Le protocole ouvre enfin la voie à un règlement définitif de leur situation, notamment concernant la retraite. Les deux parties ont convenu d'examiner prioritairement : « Le relèvement de l'âge de la retraite, l'amélioration de la pension, la couverture sanitaire et le reversement des décisionnaires au Fonds National de Retraite (FNR). »
Sur le plan fiscal, le gouvernement a opposé une approche réformiste à la demande de défiscalisation des rappels. Le communiqué précise que l’État entend traiter cette question « sous forme de baisse des impôts sur le rappel dans le cadre de la réforme fiscale en cours », une mesure qui devrait soulager le pouvoir d’achat des enseignants sans déséquilibrer les finances publiques.
La Primature comme garant du calme social
Pour éviter que ce protocole ne rejoigne la liste des accords oubliés, le G7 a exigé la création d'un Comité technique sectoriel. Ce dernier, qui sera formalisé par un arrêté du Ministre de la Fonction publique, aura pour mission de veiller à la mise en œuvre effective des engagements et de proposer des mesures correctives en cas de blocage.
L'intersyndicale place désormais le gouvernement devant ses responsabilités, en désignant un garant de poids : « Le G7 tient rigoureusement le Premier Ministre du Sénégal comme garant de la mise en œuvre du présent protocole et invite le Gouvernement au strict respect des accords souscrits afin de garantir un calme durable. »
In fine, les leaders du G7 ont tenu à saluer la résilience de leurs troupes. Ils ont rendu un « hommage appuyé à tous les enseignants du Sénégal dont l'engagement sans faille et la détermination ont été les facteurs décisifs » de ce qu'ils considèrent comme une victoire pour la revalorisation de la fonction enseignante.
La vigilance reste toutefois de mise jusqu'à l'application totale des points restants, prévue pour septembre 2026.
MAMADOU DIOP







