Un réseau criminel démantelé à Dakar

Un réseau spécialisé dans les pratiques médicales illégales a été démantelé, à la suite d’une enquête ciblée menée dans le cadre de la lutte contre le trafic illicite de médicaments et la cybercriminalité. Les mis en cause opéraient notamment dans les avortements clandestins via l’injection de produits pharmaceutiques non contrôlés, la vente en ligne de pilules d’hymen artificiel et l’utilisation frauduleuse d’acide hyaluronique à des fins esthétiques (augmentation mammaire, fessière, traitements anti-âge non réglementés, etc.).
Un vaste réseau de cyberpharmacriminels a été démantelé dans les localités de Guédiawaye et Pikine à Dakar, grâce à une inspection conjointe menée par les pharmaciens-inspecteurs de l’Agence de réglementation pharmaceutique (ARP) et la Section cybercriminalité de la police nationale, dans le cadre de la lutte contre le commerce illicite de produits pharmaceutiques et la cybercriminalité.
‘’L’enquête a révélé que les malfaiteurs opéraient principalement via les réseaux sociaux (TikTok, Facebook, etc.) et sur WhatsApp, facilitant la publicité et la distribution de produits pharmaceutiques non homologués’’, a expliqué le chef de mission, le docteur Moussa Diallo, dans une note reçue à ‘’EnQuête’’.
Le pharmacien-inspecteur assermenté indique que l’inspection inopinée a mis en évidence plusieurs activités illicites, notamment : avortements clandestins par injection de produits pharmaceutiques non contrôlés, vente en ligne de pilules d’hymen artificiel, utilisation d’acide hyaluronique à des fins esthétiques non conformes (augmentation du volume des fesses, des seins, traitements anti-âge, etc.), et administration de capsules et d’injectables Capsules Blood pour simuler la perte de virginité lors des rapports sexuels.
Selon le directeur de l'Inspection pharmaceutique, de la surveillance du marché et des vigilances, M. Diallo, le prix de ces services illicites variait entre 40 000 et 140 000 F CFA par produit.
À l’issue de cette opération réalisée entre le 2 et le 28 mars dernier, deux individus ont été déférés devant le procureur de la République. D’autres suspects font actuellement l’objet d’une surveillance par les pharmaciens-inspecteurs de l’ARP et la police, d’après le directeur de l'Inspection pharmaceutique, de la surveillance du marché et des vigilances.
Concernant les infractions retenues, le docteur Moussa Diallo indique que les prévenus et leurs complices font l’objet de poursuites pour plusieurs infractions graves, notamment la publicité mensongère sur des produits de santé, la vente en ligne de médicaments et compléments alimentaires sans autorisation, l’exercice illégal de la pharmacie ainsi que l’importation et la détention de produits pharmaceutiques sans l’autorisation de l’ARP.
Mais ce n’est pas tout : ils sont également poursuivis pour commercialisation de produits de santé non homologués, détention et vente de faux médicaments et atteinte à la santé publique par l’utilisation de produits de qualité inférieure.
Il souligne que les faits reprochés aux prévenus constituent des violations des textes en vigueur. Il s’agit de la loi n°2023-06 du 13 juin 2023 relative aux médicaments, aux autres produits de santé et à la pharmacie, du décret n°2023-2421 du 27 décembre 2023 fixant les conditions de création, d’exploitation et de fonctionnement des officines pharmaceutiques, et des directives UEMOA 2011 sur les compléments alimentaires.
‘’Cette inspection conjointe illustre l’engagement des autorités sanitaires et judiciaires à lutter contre le commerce illicite de produits pharmaceutiques et à protéger la santé des citoyens. L’ARP et la Section cybercriminalité de la police poursuivent leurs efforts pour éradiquer ces pratiques dangereuses’’, a déclaré le pharmacien-inspecteur au sujet de l’engagement des autorités.
L’ARP appelle les populations à s’approvisionner exclusivement auprès des officines de pharmacie, seules structures autorisées à commercialiser des médicaments conformes aux normes en vigueur. ‘’L'agence encourage également les citoyens à signaler toute pratique suspecte afin de contribuer à la protection de la santé publique’’, a soutenu le Dr Diallo.
BABACAR SY SEYE