Publié le 24 Mar 2026 - 09:50
DETTE PUBLIQUE AU SÉNÉGAL

Les députés appelés à entériner la ligne de non-restructuration

 

L’Assemblée nationale s’apprête à examiner puis voter une résolution consacrant le refus de restructurer la dette publique, dans un contexte de tensions avec le FMI. Les députés sénégalais sont appelés à se prononcer, jeudi 26 mars, sur un projet de résolution portant sur la non-restructuration de la dette publique. Avant son adoption en plénière, le texte doit être examiné en commission ce mardi 24 mars.

Cette initiative parlementaire intervient dans un climat marqué par de vives préoccupations autour du niveau d’endettement du pays. Selon le Fonds monétaire international (FMI), la dette du Sénégal aurait atteint près de 132 % du produit intérieur brut (PIB) à fin 2024, une situation aggravée par la révélation d’une « dette cachée » évoquée par le Premier ministre Ousmane Sonko.

Face aux recommandations du FMI, qui préconise une restructuration de la dette, les autorités sénégalaises affichent une position ferme : exclure cette option. Le projet de résolution vise ainsi à formaliser et à entériner cette orientation stratégique défendue par l’exécutif.

Le gouvernement privilégie, en lieu et place, une approche alternative de gestion de la dette, dont les contours restent à préciser, mais qui traduisent une volonté de préserver la souveraineté financière du pays dans ses choix économiques.

Sauf surprise, le texte devrait être adopté sans difficulté. La majorité parlementaire, largement acquise au pouvoir en place, soutient en effet la position de non-restructuration.

Ce vote s’annonce comme une étape importante dans la définition de la politique économique du Sénégal, à un moment où les discussions avec les partenaires financiers internationaux, notamment le FMI, peinent à aboutir à un nouveau programme de coopération. Au-delà de l’enjeu strictement parlementaire, cette résolution pourrait avoir des implications significatives sur les relations entre le Sénégal et ses partenaires techniques et financiers.

En rejetant la restructuration, le Sénégal envoie un signal clair sur sa volonté de maîtriser sa trajectoire d’endettement selon ses propres termes, dans un contexte où les marges de manœuvre budgétaires sont de plus en plus scrutées.

Reste désormais à savoir comment cette position sera reçue par les bailleurs internationaux et quelles alternatives concrètes seront mises en œuvre pour assurer la soutenabilité de la dette publique.

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