Thiès renforce sa résilience

La région de Thiès a franchi une nouvelle étape dans la lutte contre les inondations et la planification urbaine durable, avec le lancement officiel d’études relatives à l’élaboration de Plans intercommunaux d’urbanisme (PCUI), de Plans de gestion des risques d’inondations (PGRI) et de Plans directeurs de drainage (PDD) à la gouvernance de Thiès.
Le Sénégal est confronté à une variabilité accrue des précipitations et à une montée du niveau de la mer, facteurs aggravant la vulnérabilité des populations. Les inondations récurrentes enregistrées ces dernières années ont d’ailleurs conduit au déclenchement du Plan ORSEC à plusieurs reprises entre 2020 et 2022, souligne Babacar Sadikh Niang, gouverneur adjoint chargé des affaires administratives.
Face à ces défis, l’État du Sénégal, dit-il, s’est engagé dans une dynamique de transformation structurelle à travers la Vision Sénégal 2050 et la Stratégie nationale de développement 2025-2029. Ces orientations stratégiques accordent une place centrale aux investissements structurants, notamment dans les domaines de l’assainissement, du drainage et de la planification urbaine.
Hier, il a salué la mobilisation des autorités administratives, des élus locaux, des services techniques de l’État, des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs territoriaux, lors du lancement officiel des études relatives à l’élaboration de Plans intercommunaux d’urbanisme (PCUI), de Plans de gestion des risques d’inondations (PGRI) et de Plans directeurs de drainage (PDD).
L’initiative s’inscrit dans le cadre de la deuxième phase du Projet de Gestion des Eaux Pluviales et d’Adaptation au Changement Climatique (PROGEP II). Le projet en cours, piloté par l’Agence de Développement Municipal (ADM), prévoit la réalisation d’études pour un coût global estimé à 800 millions de francs CFA. Il concerne douze collectivités territoriales réparties entre les départements de Thiès et de Mbour, notamment les communes de Diass, Popenguine-Ndayane, Malicounda, Ngaparou, Saly Portudal, Sindia, Somone, Fandène, Keur Moussa, Pout, Kayar et Diender Guedj.
L’objectif principal est de doter ces localités d’outils de planification modernes et intégrés, capables d’anticiper les risques d’inondation tout en encadrant l’expansion urbaine. Il s’agit également de promouvoir une gestion concertée de l’espace et de favoriser un développement socio-économique durable.
Pour la réalisation de ces études, un groupement de cabinets composé de URAM International, Resallience, IDEV IC et INSUCO a été mobilisé.
L'adjoint au gouverneur a également salué les efforts de l’Agence de Développement Municipal (ADM), ainsi que l’appui déterminant des partenaires techniques et financiers, notamment le Fonds nordique de développement et la Banque mondiale, dont l’accompagnement est jugé essentiel pour la réussite du projet. Il a réaffirmé l’engagement des autorités à bâtir des villes plus résilientes, mieux planifiées et adaptées aux enjeux climatiques.
L’État mise sur l’anticipation pour encadrer le développement
Dans un contexte marqué par une pression démographique soutenue et une expansion urbaine accélérée, l’État du Sénégal engage une nouvelle dynamique de planification territoriale dans les départements de Mbour et de Thiès. L’objectif est de structurer durablement l’occupation de l’espace et de prévenir les dérives liées à l’urbanisation anarchique.
Ce programme stratégique, piloté par l’Agence de Développement Municipal (ADM), a été présenté par Amadou Diouldé Diallo, expert urbain au sein de l’institution. Selon lui, l’initiative vise l’élaboration de documents de planification sur un horizon de vingt ans, couvrant entre 12 et 13 communes identifiées comme prioritaires dans ces territoires à forts enjeux.
« Il s’agit de doter ces collectivités d’outils efficaces pour anticiper et encadrer leur développement », a-t-il expliqué, insistant sur la nécessité d’éviter des situations urbaines difficiles à maîtriser à l’avenir. « Gouverner, c’est prévoir », a-t-il rappelé.
Une démarche inclusive au cœur du processus
Dans le respect des orientations des autorités administratives, notamment celles du gouverneur, le projet repose sur une approche participative. Les communes concernées ont été impliquées dès les premières étapes, en particulier dans l’élaboration des termes de référence (TDR), qui définissent le cadre de la mission.
Amadou Diouldé Diallo souligne que des sessions de concertation ont été organisées dans l’ensemble des communes afin de partager les enjeux du projet et de recueillir les contributions des acteurs locaux. Parallèlement, des actions de renforcement des capacités ont été menées au profit des conseillers municipaux et des acteurs territoriaux pour garantir leur pleine implication. « L’objectif est d’assurer une appropriation locale du processus », précise-t-il.
Un dispositif de suivi rigoureux a également été mis en place, permettant d’informer régulièrement les communes de l’évolution du projet, notamment lors des différentes étapes de sélection du cabinet chargé des études.
Selon lui, le programme bénéficie d’un financement global estimé à 800 millions de FCFA, mobilisé par l’État du Sénégal pour la réalisation de quatre études. Initialement prévu sur une durée de 22 mois, le calendrier a été ramené à 15 mois afin de répondre à l’urgence de la situation.
Ndeye Diallo (Thiès)







