Publié le 20 Jun 2019 - 22:20
ENJEUX DE LA GESTION DES ZONES CÔTIÈRES ET MARINES EN AFRIQUE

Des parlementaires sensibilisés 

 

Pendant trois jours, des députés membres du Réseau des parlementaires pour la protection de l'environnement au Sénégal (Repes) vont être sensibilisés et capacités sur les enjeux de la gestion des zones côtières et marines en Afrique de l'Ouest. La rencontre, organisée par Wetlands International, se tient dans la commune de Toubacouta.

 

Les zones côtières et marines sont à l'origine de 56 % du produit intérieur brut (Pib). Ces ressources procurent des moyens de subsistance à un grand nombre de la population. Cependant, ces zones sont menacées par le développement des infrastructures et par l'effet du changement climatique. 

Papa Mawade Wade, Directeur des programmes à Wetlands International, explique : ''La zone côtière, sur toute la côte ouest-africaine, est non seulement une zone où il y a plus de la moitié de la population, pratiquement toutes les capitales de ce pays se trouvent dans la zone côtière. C'est également des zones où toutes les activités productrices se mêlent, que ce soit l'agriculture, l'industrie. Mais c'est aussi une zone d'habitation et d'équipement. Avec la combinaison de plusieurs facteurs, nous voyons que la zone, de plus en plus, se dégrade. Il y a de plus en plus de conflits entre différents usagers.'' 

Ainsi, ces zones côtières et marines tiennent une place importante dans la croissance économique du pays. Récemment, avec la découverte des ressources gazières et pétrolières offshore, elles sont de plus en plus stratégiques. Mais leur gestion n'est pas suffisamment prise en compte dans les politiques publiques.

Raison pour laquelle Wetlands International veut renforcer les connaissances des parlementaires qui ont la prérogative de voter les lois sur les écosystèmes marins et côtiers. Car, selon le directeur de Wetlands International, si on n'y prend garde, ces zones-là seront rayées de la carte.

''Il y a déjà le problème des changements climatiques, avec ses manifestations que sont l'érosion côtière, l'élévation du niveau de la mer pour certaines villes comme Dakar, où on risque de perdre d'abord les routes. La corniche, on va la perdre, si on ne fait rien. On peut même, en cas d'événement extrême, voir, avec les inondations, une partie de la ville engloutie. Le changement climatique constitue actuellement l'élément déclencheur de plusieurs catastrophes'', prévient M. Wade. 

Le sous-préfet de l'arrondissement de Toubacouta, Amath Sakho Ly, invite à l'amélioration, à la conservation et à la protection de ces ressources naturelles. ''Nous savons leur degré de vulnérabilité, leur fragilité. Et si l'on y prend garde, naturellement, c'est des ressources qui risquent de disparaître. Et, ma foi, ce serait une catastrophe. Nous assistons à la déréglementation climatique. Nous connaissons les effets de ce phénomène. Donc, il est grand temps que l'on mette en place des actions résilientes pour nous permettre de résister aux phénomènes climatiques'', insiste le sous-préfet.

La protection de la mangrove, une nécessité 

Le choix de l'arrondissement de Toubacouta, pour la tenue de cette rencontre, est très significatif, du fait que, dans cette ville, il y a une importante présence de la mangrove. Pour M. Wade, la mangrove joue un rôle de barrière de protection contre la houle et offre beaucoup de services. ''C'est une barrière naturelle ; en la protégeant, on contribue à la résilience de ces écosystèmes et des populations qui bénéficient de ces écosystèmes. La mangrove abrite des ressources importantes comme les huîtres. C'est dans la mangrove qu'on récolte beaucoup de fruits de mer. Le bois de mangrove est très prisé ; il est utilisé pour le fumage du poisson. La mangrove, non seulement protège, mais contribue à générer des ressources additionnelles pour les populations'', soutient Papa Mawade Wade.

Mieux encore, ''c'est là où les poissons pondent leurs œufs et c'est là où ils grandissent. La mangrove est un écosystème extrêmement important'', insiste M. Wade. 

KHADY NDOYE (MBOUR)

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