Publié le 16 Nov 2019 - 00:44
EXPOSITION FATALIKU – SOUVENIR

La peinture, de Papa Ibra Tall à Sidy Diallo

 

Trois expositions sont organisées, dans le cadre du 10e Salon national des arts visuels. Il y a celle officielle à la Galerie nationale, celle de la jeune garde au centre culturel Blaise Senghor et celle réservée aux artistes disparus qu’accueille le musée Théodore Monod. Le vernissage de ce dernier s’est tenu mercredi, en présence du ministre de la Culture et de la Communication Abdoulaye Diop.

 

Dans le cadre du 10e Salon national des arts visuels, est organisée une exposition dénommée ‘’Fataliku’’ (souvenir) que reçoit le musée d’art africain Théodore Monod. Le titre peut faire penser à des vieilleries. Le commissaire d’exposition vous surprendra. Il a procédé à un choix minutieux et varié. Sur les cimaises, trônent de magnifiques œuvres minutieusement sélectionnées par le Pinceau du Sahel qui en est le commissaire. De la peinture à la sculpture, en passant par la tapisserie, Kalidou Kassé en met plein les yeux aux visiteurs. ‘’Fataliku’’ est comme une balade entre différentes écoles. On y retrouve un tableau d’Ibou Diouf, une œuvre de Mbaye Diop ; des réalisations du maître de la tapisserie Pape Ibra Tall, de Séni Mbaye, d’Amadou Sow, d’Amadou Kré Mbaye ou de plus jeunes comme Sidy Diallo.

Ainsi, plus qu’une simple exposition, cette initiative est une véritable leçon d’histoires. Retrouver Pape Ibra Tall (1935-2015) rappelle qu’il a été l’un des fondateurs des Manufactures des arts décoratifs de Thiès (Msad). D’ailleurs, le président du Conseil d’administration des Msad, colonel Moumar Guèye, a pris part au vernissage de l’exposition ‘’Fataliku’’ avant-hier. Il est resté, sourire aux lèvres, l’air satisfait, devant la tapisserie de Pape Ibra Tall. Il interpelait même certains et disait : ‘’C’est la plus belle œuvre de cette exposition.’’ Il avait l’air nostalgique aussi. Il n’était pas le seul dans ce cas, d’ailleurs. Ceux qui étaient là et qui ont connu Ibou Diouf (1941-2017) et Papa Ibra Tall ont dû repenser à l’école de Dakar créée dans les années 1970 par le premier président du Sénégal, Léopold Sédar Senghor. Ibou Diouf est l’auteur de l’affiche du premier Festival mondial des arts nègres (Fesman). L’émotion était à son comble chez certains dont le curateur Idrissa Diallo.

‘’Il y a au moins une quinzaine d’artistes dont les œuvres sont exposées ici et avec qui j’avais des relations particulières. Je n’ai rien fait pour être encore là et eux n’ont rien fait pour mériter de partir’’, dit-il sur un ton empreint de tristesse.

Cette exposition est également importante parce qu’elle est une manière, pour les autorités, de célébrer ces artistes et de raviver leur mémoire. A cet effet, les familles des artistes dont les œuvres figurent dans cette exhibition ont été invitées. Ainsi, les héritiers de Mor Guèye qui sont particulièrement venus en nombre, de Diatta Seck, de Diop Samba Laye, de Mbaye Diop, du céramiste Alpha Sow, du sculpteur Ndary Lô, d’Alpha Waly, etc., étaient au vernissage.

Le ministre de la Culture et de la Communication, Abdoulaye Diop, qui a présidé cette ouverture officielle de cette exposition qui dure cinq jours, trouve que ‘’le Sénégal doit énormément à tous ces artistes qui lui ont tout donné’’. Pour Kalidou Kassé, ils sont de véritables ambassadeurs du pays, car leurs œuvres se trouvent aujourd’hui un peu partout dans le monde. 

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