Publié le 30 Mar 2012 - 11:21
GÉNÉRAL MOUHAMADOU MANSOUR SECK

''Il faut que les Sénégalais soient plus disciplinés''

 

Le général Mouhamadou Mansour Seck, l'un des acteurs des Assises nationales, se félicite de la victoire de Macky Sall. Mais, à son avis, pour que le pays change, le changement des mentalités s’impose chez les Sénégalais afin que le pays puisse connaître le développement.

 

 

Nouvelle conscience citoyenne

 

''C’est vrai que depuis 2008, des secteurs entiers de la population se sont rendu compte qu’il y avait des anomalies dans la gouvernance. Ceux de mon âge se sont dit qu’il faut se lever et dire ce qui ne va pas, éduquer le citoyen sur ses droits et ses devoirs, lui montrer que même un président de la République est un homme comme tout le monde et que la Constitution dit que nous sommes tous égaux dès la naissance sans tenir compte ni du sexe, ni de l’origine, ni de la race. Je crois que c’est une leçon d’humilité que le peuple sénégalais vient de démontrer, que sans être agrégés, ils connaissaient leurs droits. Ils l’ont fait dans la sérénité et montré justement, même à ceux qui croient être les rois du monde. Obama le dit toujours, lorsqu’on lui demande s'il peut faire passer une loi. Il dit : à condition que je puisse convaincre le congrès des Etats-Unis qui représente le peuple. Je crois que c’est cette humilité que j’ai vu personnellement auprès du président Macky Sall.''

 

 

Humilité de Macky Sall

 

''A plusieurs reprises, quand j’étais ambassadeur à Washington, quand il venait et que je voulais lui donner la place d’autorité qu’il représentait, il me disait : 'Non, vous êtes notre grand-frère, je me mets à gauche'. J’ai vu la même chose dans son discours où il dit toujours : 'Nous ne sommes pas là pour nous battre, nous ne sommes pas là pour insulter les gens'. C’est ce genre d’hommes dont on a besoin et qui ne parle pas de partage du gâteau, mais de se retrousser les manches comme l’avait dit Churchill en disant qu’il ne promet rien du tout mais de la sueur et du sang. C’est la même chose, c’est la mission pour nous tous, comme des soldats de la République. Ce n’est pas lui tout seul, mais son équipe et le peuple sénégalais qui doivent être conscients, et il faut à mon avis que l’on soit plus discipliné.''

 

 

Changement de mentalités

 

''Il faut aussi que l’on travaille par nous-mêmes. Qu’on ne pense pas toujours à recevoir ou à avoir une mentalité d’assisté. Ce pays peut, avec la richesse humaine qu’il a, faire comme la Suisse et le Japon qui n’ont pas de matières premières et quelqu’un l’a dit : il n’est de richesse que d’hommes parce que les hommes sont capables de tout faire, de transformer leurs produits. Nous devons savoir aussi que nous avons notre culture presque unique parce que chez nous, au lieu que les ethnies soient plus ou moins en conflit, au contraire, il y a des plaisanteries entre Toucouleurs, Sérères, Diolas. Il y a également les ''Kal'' (cousins à plaisanterie) : Les Guèye et les Seck se chahutent et c’est la bonne humeur. Je crois que c’est une expérience ; c’est presque un laboratoire humain parce que le monde de demain, c’est le monde d’entente. Je pense que les gens sont plus informés. Même ceux qui ne se sont jamais connus parce qu’ils n’ont pas de la même race, par l’internet, par les médias, se sont rendu compte qu’il y a des noirs qui peuvent piloter des avions, qui font des mathématiques, et qui sont professeurs dans des universités américaines. Et le fait que quelqu’un comme Obama, noir comme nous, soit le président de la plus grande nation du monde ; cela nous libère en quelque sorte. Ceux qui avaient le complexe par rapport aux autres races se sont rendu compte que l’on peut être aussi perspicace, aussi intelligent, aussi courageux que les autres. C’est un encouragement et c’est un encouragement que je donne au président Macky Sall.''

 

 

L’état de grâce pour le nouveau président

 

''Je pense qu’il faut terminer les discours. Tout ne peut pas se faire du tac au tac. Paris ne s’est pas fait en un jour. Il faut que les gens soient patients. On n’a pas à faire de promesses, il faut que les gens comprennent et voient ce qu’on leur promet. Tout ne peut pas se faire dans l’immédiateté ; et comme je dis, c’est tout le monde qui devrait participer au travail. Le président tout seul ne peut rien faire, ce sont tous les Sénégalais qui doivent s’y mettre. J’ai parlé de cette histoire d’indiscipline qui est une caractéristique bien sénégalaise. On a bien des qualités mais, ces défauts nous les avons. Commençons tout d’abord par travailler nous tous et à compter sur nous-mêmes pour éviter de tendre la main.''

 

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