Des chercheurs s’interrogent sur le cas des ‘’vulnérables’’
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Le projet de recherche sur les ‘’Impacts des politiques publiques liées à la Covid-19 sur le secteur informel, les femmes et les jeunes’’ a été lancé à l’institut Confucius sis l’Ucad II. Les résultats de ce projet devront servir à formuler des recommandations de politiques à l’endroit des décideurs.
Depuis décembre 2019, le monde est secoué par une crise sanitaire sans précédent, avec des répercussions économiques, financières et sociales. Les mesures de prévention qui ont été prises par les gouvernants pour contrer la propagation de la maladie, ont exacerbé l’ampleur de cette crise, du fait du ralentissement ou de l’arrêt de toute l’activité de production.
De la sorte, face à l’avancée de la pandémie en Afrique subsaharienne et à l’insuffisante compréhension de ses incidences, ainsi que de celles des mesures mises en œuvre pour réduire les effets néfastes, quatre laboratoires s’interrogent sur les impacts de la pandémie de la Covid-19 sur les populations ‘’vulnérables qui sont les plus exposées et les plus fragiles’’. Il s’agit de Capec (Côte d’Ivoire), du Larem (Sénégal), du Laqad-S (Burkina Faso) et du Cereg (Cameroun). Ils vont combiner analyse microéconomique et sociologique afin de fournir des données ‘’probantes contextuelles sur les enjeux de la Covid-19 dans les pays cibles’’.
‘’L’objectif général de ce projet de recherche est de contribuer à une meilleure compréhension des incidences socio-économiques de la pandémie de la Covid-19 sur les populations vulnérables en Afrique subsaharienne, en nous focalisant sur les cas du Burkina Faso, du Cameroun, de la Côte d’Ivoire et du Sénégal, qui sont parmi les pays les plus affectés dans la région’’, a expliqué le directeur du Larem, Seydi Babacar Dieng.
‘’Quels sont les changements observés dans les activités, les revenus, la consommation et le bien-être (violences conjugales, confiance dans l’avenir) des personnes vulnérables telles que celles du secteur informel, les jeunes et les femmes ? Quels sont les impacts des politiques publiques de transferts et d’appuis au secteur informel ? Quelles politiques publiques pour les jeunes urbains vulnérables face à la pandémie de la Covid-19, en vue de leur adhésion aux mesures sanitaires et de leur inclusion sociale ? Telles sont les trois questions que nous aborderons dans cette recherche’’.
Selon les chercheurs, les résultats tirés des analyses économiques et sociologiques aideront à formuler des recommandations de politiques à l’endroit des décideurs du secteur public, du secteur privé (faîtières, coopératives, etc.) et de la société civile, à travers différents supports de communication. Leur implication dans le projet, disent-ils, ‘’permettra une meilleure appropriation en vue de l’identification et de la mise en œuvre des politiques à fort impact’’. Ainsi, les résultats des travaux seront, en premier, communiqués aux décideurs (secteur public, secteur privé, société civile) dans chaque pays, puis à la population.
‘’La réalisation d’une équipe s’avère nécessaire afin de cerner avec précision les impacts réels de la pandémie sur les populations vulnérables qui sont les plus exposées, mais aussi les plus fragiles. Les réponses et conclusions issues de ce travail scientifique accompagneront sans nul doute les politiques de relance économique déjà en cours dans notre pays’’, a déclaré la ministre de la Microfinance et de l’Economie sociale et solidaire qui a présidé la cérémonie de lancement du projet. ‘’La crise sanitaire de la Covid-19 n’a pas encore fini de livrer tous ses secrets. Elle a également révélé, néanmoins, la vulnérabilité de nos économies, particulièrement celles de nos secteurs informels qui concentrent une bonne partie de l’activité économique. Aujourd’hui, avec les enjeux et défis qui interpellent le monde, la connaissance scientifique et technique doit être le soubassement de toutes nos actions. Le rôle de la communauté universitaire est alors cruciale’’, a-t-elle ajouté.
Avant d’indiquer que le projet a été financé par le Centre de recherches pour le développement international (CRDI). Un financement de plus de 100 millions de F CFA pour une durée de 30 mois.
BABACAR SY SEYE